Archives du mot-clé godard

Une femme est une femme – Quand la musique sonne.

Le réalisateur Jean-Luc Godard rend hommage à la comédie musicale avec Anna Karina comme une danseuse exotique qui décide qu’il est temps pour elle d’avoir un enfant. Lorsque son amant refuse de prendre sa décision, elle se tourne vers son meilleur ami. Étant donné qu’il s’agit d’un film de Godard, l’histoire simple sert de cadre à l’improvisation et à l’expérimentation stylistique, permettant des interludes étranges et des images inattendues. Plutôt que l’intellectualisme parfois aliénant et dense des œuvres de Godard postérieures, Une femme est une femme offre un plaisir esthétique à travers des visuels luxueux et une partition musicale charmante de Michel Legrand. Dans ce contexte très brillant, Karina se montre particulièrement séduisante, capturant sans vergogne l’atmosphère enjouée du film. Bien qu’elle ne soit pas l’un des films les plus révolutionnaires et influents de Godard, Une femme est une femme est l’un de ses efforts les plus attrayants et les plus agréables. ~ Lire la suite Une femme est une femme – Quand la musique sonne.

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Des héroïnes tragiques

Et si les héroïnes de la Nouvelle Vague étaient les héritières de la tragédie? Les héroïnes de la Nouvelle Vague sont certes modernes, mais elles réactivent les différentes caractéristiques héritées de la Tragédie et du drame romantique. On a une transposition d’éléments qui autrefois étaient courants, comme par exemple la volonté de s’élever contre la société pour défendre ses valeurs. Cela permet d’apporter une dimension héroïque aux femmes et aux personnages masculins de la Nouvelle Vague.

Les oeuvres citées :

Antigone / La Rupture / Le mépris / Pierrot le fou / Violette Nozière

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Jean Luc Godard et l’anti empathie

Roger Vadim va mettre un coup de pied dans le cinéma avec un film qui va modifier l’histoire du cinéma et de la société française. « Et Dieu…créa la femme« .  Voyons le regard d’un géant de la Nouvelle Vague Jean Luc Godard.

     Sauve qui peut (la vie) va mettre en scène la vie de Denise et de celles de plusieurs autres femmes. Le réalisateur va reproduire un schéma déjà utilisé dans Vivre sa vie sorti en 1962, en dressant le portrait d’une femme voulant devenir comédienne, qui va peu à peu se livrer à la prostitution, afin de subvenir à ses besoins. Laurent de Sutter étudie ce thème particulier chez Jean-Luc Godard. Pourquoi dans ses films, la femme est toujours traitée de manière particulière, surtout dans le film de notre corpus, où nous oscillons entre compassion et incompréhension? L’auteur dans son livre veut renverser le côté négatif de la prostitution et voit la prostituée comme une femme libre. Toute personne qui se tient en dehors de la société est quelqu’un en quête de vérité.

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Le mépris de Jean Luc Godard

Le scénariste parisien Paul Javal et son épouse Camille rejoignent le réalisateur Fritz Lang en tournage pour le compte du producteur de cinéma américain Jeremy Prokosch, sur le plateau du film Ulysse (une adaptation de l’Odyssée) en chantier à la villa Malaparte à Capri en Italie.

Il est proposé à Paul Javal de reprendre et de terminer le scénario du film. Camille n’est pas très heureuse de ce long voyage de travail impromptu, loin de chez elle, parmi des inconnus. Durant le séjour, Paul Javal laisse le riche et séduisant producteur seul avec Camille, alors qu’elle, intimidée, insiste pour demeurer auprès de Paul. À tort, Camille s’imagine que son mari la pousse dans le lit du producteur pour obtenir le travail de réécriture du scénario. De là naissent des malentendus, le mépris, et leur couple vole en éclats.

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Analyse :

Le film s’ouvre avec une scène où la femme demande à son compagnon comment et ce qu’il aime chez elle. Une ouverture sur la liste, la liste de ce qu’on aime. Cette même liste sera redite mais de façon négative et inquisitrice au milieu du film.

Alain Bergala explique, que Camille agit par instinct alors que son mari agit par succession de raisonnement. Elle vit comme une plante qui a besoin d’eau pour survivre, c’est-à-dire qu’elle ne fait que subir la vie. La mise en avant du raisonnement et d’un perpétuel questionnement menant sans cesse à « Pourquoi ne m’aimes-tu plus ? » mène le couple à son péril. L’instinct de Camille la pousse à fuir.

Dans ce film le visage de Brigitte Bardot est filmé comme une surface opaque. On ne cherche pas à sublimer ce visage déjà tant photographié. On veut montrer une femme qui réfléchi et qui est soumis à une instance émotionnelle. Elle peut dire oui ou non avec la même opacité, c’est cette absence émotionnelle qui provoque le questionnement de l’homme. Est-ce de la tromperie ? De la lassitude ?

On a deux mondes qui s’affrontent : le monde antique avec très peu de couleur, rappelant l’art grec qui est sans cesse évoqué dans ce film, au travers du scénario que le mari écrit. Le moderne s’affronte au cinéma qui est dans le mouvement de la modernité.

 

Un film en avance sur son temps

Le mépris est un film en avance sur son temps, il parle d’un cinéma crépusculaire mettant en scène un producteur américain qui ne comprend rien, il ne parle pas la même langue que le réalisateur et le scénariste. Serge Damy parle « d’un film crépusculaire »

Cette avance est négative, Godard justifie cela par « c’est le dernier film classique » on a un film en retrait qui parle de ce qu’a été le cinéma. On a une image funeste du cinéma qui mêle des images de la vie et la mélancolie de la vie. On cherche à revenir au cinéma de Chaplin et Griffith, mais on veut que le film se place dans l’air du temps.

Un ami à Godard Charles Bitsch disait que Godard voyait le cinéma comme l’on regard dans un rétroviseur. Pour Godard il y a une notion de hier c’était mieux, c’est le coté mélodramatique de Godard.

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Dans Voyage en Italie ou « L’amour est le plus fort » est un cinéma moderne, qui une brèche entre de l’ancien dans le moderne et du moderne dans l’ancien. Godard n’est pas un cinéphile inné, il va connaitre le cinéma que lorsqu’il commencera à écrire. Il aura comme modèle les films comme « Voyage en Italie », cela se retrouve dans son film le Mépris.

Qu’est ce que le mépris un 25e de seconde qui dure sur 2h de film. Le film de Godard dit le contraire de ce que dit le cinéma des scénaristes, les scénaristes font des films sur pourquoi une femme cesse d’aimer un homme, ici Godard montre qu’il n’y a rien qui puisse expliquer pourquoi une femme cesse d’aimer un homme.

Créant cet intérieur riche, Godard offre à Brigitte Bardot une profondeur et une richesse de son personnage.

Le film