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Pas si bio

Apparemment, tout va bien au pays du bio. L’alimentation issue de l’agriculture biologique, reconnaissable à son logo officiel AB, ne connaît pas la crise. Depuis dix ans, les ventes décollent en France et en 2008; elles ont encore bondi de 25% à 2,5 milliards d’euros. L’offre biologique s’étend maintenant à tous les produits, même les plus industrialisés, comme des soupes en brique ou du ketchup. Un «green business» dont ont profité les grandes surfaces qui s’adjugent maintenant 42% du chiffre d’affaires, loin devant les chaînes spécialisées (27%), selon les dernières données de l’Agence Bio. Désormais, cette forme d’alimentation n’est plus réservée à une élite écolo: un Français sur quatre consomme un ou plusieurs produits bio régulièrement.

Seulement voilà, ce puissant engouement n’a pas que des bons côtés. Pour répondre à une demande croissante, les importations de ces produits explosent. Certes, impossible de faire pousser en France des ananas ou du café. Mais les deux tiers de l’alimentation bio importée, parfois de très loin, pourrait être produite dans l’Hexagone. Vous avez trouvé des pommes bio? Il y a des chances pour qu’elles aient muri sous le soleil d’Argentine. Globalement, 60% des fruits et légumes bio viennent de l’étranger. Le lait coule à flot en France? Pourtant, un quart de la production bio est d’origine allemande, danoise ou autrichienne. De même que viennent de pays tiers la moitié de l’épicerie salée, 60% des surgelés et 75% des jus de fruit issus de l’agriculture biologique. Un tiers des céréales serait également importé d’Italie, de Pologne ou de Roumanie. Seule consolation, l’essentiel des viandes bio est issu d’élevages français. Sauf qu’une partie non négligeable de la nourriture pour le bétail, notamment le soja bio, a pour pays d’origine … la Chine.

Finalement, tous produits confondus, 30% du bio vendu en France est importé. C’est beaucoup trop. Car l’objectif principal de l’agriculture biologique est de contribuer à la protection de l’environnement (réduction de la pollution, amélioration de la qualité des sols). Et non d’envoyer sur les routes des semi-remorques ou faire voler des avions. Bien souvent, les fruits ou les surgelés bio qu’achètent les ménages ont parcouru des milliers de kilomètres en camion polluant. Bonjour les émissions de CO2! Les framboises bio de Bulgarie sont peut-être plus nuisibles à la nature que leurs équivalentes françaises cultivées à coup de pesticides. Pourquoi alors payer 30, voire 50% plus cher un produit dont le bénéfice environnemental est loin d’être évident? Autre souci, ces filières d’importation sont plus difficiles à contrôler, surtout en dehors de l’espace européen. L’an passé, une affaire d’alimentation pour animaux d’origine chinoise, censée être bio mais contaminée à la mélamine, avait jeté un froid.

legumespolluant

On voit mal comment ces importations faibliraient dans les prochains mois. Car la France accuse un retard abyssal en matière de production biologique. Actuellement, 2% de la surface agricole est consacrée à la culture bio. Ce qui nous place seulement au 21e rang européen, loin derrière des pays comme l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne ou même la Grèce et le Portugal. Un fiasco pour la première puissance européenne agricole. La faute à qui? Selon les producteurs spécialisés, les aides publiques sont bien plus modestes que dans la plupart des autres pays européens. Pour convertir des champs au bio, il faut au minimum deux ans. Sans grand soutien, difficile pour un agriculteur français de prendre le risque de se lancer.

L’an passé, à l’issu du Grenelle de l’Environnement, le gouvernement s’était pourtant engagé à tripler la surface agricole bio d’ici à 2012. Une promesse difficile à tenir tant que les aides financières pour encourager les conversions ne suivront pas.

Bruno Askenazi

Hollande dans le virage

72598_539168869468001_1868246990_nDepuis son élection le président normal semble plus que jamais perdre en popularité, aussi bien à gauche qu’à droite.

Hollande président? Personne n’y croyait il y a 8 ans, surtout que la gauche désignait cet administratif comme un simple homme. Le simple homme a réussi cependant son coup être au présidentiel face à un président qui est détesté par 51% de la population.