Portrait Inde Navarrette, la révélation du film Obsession.

Révélée par Superman & Lois, Inde Navarrette change totalement de dimension avec Obsession. Entre cinéma d’horreur, préparation émotionnelle intense et humour décalé, l’actrice américaine impose déjà une identité rare à Hollywood.

Inde Navarrette, la nouvelle obsession du cinéma de genre

À 25 ans, Inde Navarrette est en train de quitter définitivement le statut de jeune révélation télévisuelle pour entrer dans une autre catégorie, celle des actrices capables de porter un film entier sur leurs épaules. Native de Tucson en Arizona, passée par la Californie puis révélée dans 13 Reasons Why et Superman & Lois, la comédienne franchit un cap avec Obsession, le long-métrage horrifique de Curry Barker. Son interprétation de Nikki, jeune femme progressivement privée de son libre arbitre après un souhait surnaturel, impressionne par sa brutalité émotionnelle et sa dimension presque physique. Pourtant, derrière cette intensité à l’écran, Inde Navarrette affiche une personnalité beaucoup plus relâchée, nourrie d’humour absurde, de jeux vidéo, de voyages improvisés et de musique écoutée beaucoup trop fort en voiture. Là où Hollywood fabrique souvent des figures très contrôlées, elle conserve quelque chose de plus brut, parfois maladroit volontairement, presque anti-star dans sa manière de parler d’elle-même.

Inde Navarette Smallville © The CW – Warner TV

Six éléments qui définissent réellement Inde Navarrette

Le premier élément frappant reste son rapport très instinctif au jeu. Elle explique avoir immédiatement compris Nikki dès la lecture du scénario d’Obsession. Là où certains personnages nécessitent des semaines d’analyse, celui-ci lui semblait déjà vivant intérieurement. Ensuite, il y a son humour très particulier, constamment basé sur l’autodérision et l’absurde. Lorsqu’on lui demande à qui elle confie ses secrets, elle répond à son chien Lola « sous NDA ». Elle affirme également dormir « suspendue au plafond » ou encore avoir « l’âme pourrie » derrière ses yeux. Cette manière de détourner les questions participe clairement à son identité publique.

Troisième point essentiel, son rapport paradoxal au cinéma d’horreur. Longtemps terrorisée par le genre, elle découvre finalement dans Obsession une forme de liberté émotionnelle inattendue. Elle décrit même le tournage comme cathartique. Quatrième élément, son attachement aux environnements simples malgré la visibilité grandissante autour d’elle. Elle parle volontiers de bars sans prétention, de sessions gaming ou de trajets nocturnes en voiture comme de véritables moments d’équilibre mental.

Cinquième aspect important, son besoin de construire des personnages émotionnellement complexes. Sarah Cushing dans Superman & Lois n’existait pas dans les comics, ce qui lui a permis de créer le personnage presque entièrement avec le showrunner Todd Helbing. Enfin, il y a cette volonté très claire de sortir progressivement des rôles secondaires ou périphériques. Avec Nikki, Inde Navarrette dit avoir ressenti pour la première fois qu’elle n’était plus un simple rouage dans l’histoire d’un autre personnage, mais le cœur même du récit.

Une méthode de préparation très différente selon les rôles

Pour Sarah Cushing dans Superman & Lois, la préparation passait avant tout par un travail de construction psychologique progressif. Comme le personnage était totalement original dans l’univers DC, elle pouvait expérimenter énormément avec Todd Helbing. Ensemble, ils discutaient de son passé, de ses motivations, de son environnement familial et même de l’influence indirecte de Lana Lang sur sa personnalité. Inde Navarrette décrit ce travail comme un immense puzzle émotionnel où chaque détail devait trouver sa place. Elle s’est aussi nourrie de l’ambiance très particulière des petites villes agricoles, en repensant notamment à Visalia, où elle a grandi une partie de sa jeunesse.

Pour Nikki dans Obsession, l’approche était totalement différente. Cette fois, il ne s’agissait plus de construire lentement un personnage, mais d’accepter une perte totale de contrôle émotionnel. Elle explique avoir dû abandonner toute volonté de rendre Nikki sympathique ou rassurante. Le rôle exigeait au contraire de montrer une femme progressivement dépossédée d’elle-même. C’est précisément cette violence psychologique qui l’a attirée. Le tournage, essentiellement nocturne, renforçait encore cette sensation de déréalisation.

Après les prises, l’actrice avait besoin de retrouver une forme de normalité très simple. La musique jouait un rôle important dans cette transition mentale. Les trajets en voiture, souvent seuls la nuit, devenaient une manière de sortir progressivement du personnage. Les jeux vidéo, les voyages ou simplement les moments passés loin des plateaux lui permettaient également de retrouver un équilibre plus calme après des journées émotionnellement lourdes. Elle insiste d’ailleurs sur le fait qu’un environnement de tournage bienveillant reste essentiel lorsqu’il faut aborder des sujets liés aux traumatismes, à la dépression ou à la vulnérabilité psychologique.

Entre cinéma d’action et obsession horrifique

Même si Obsession représente un tournant majeur, Inde Navarrette ne semble pas vouloir se limiter au cinéma d’horreur pur. Elle évoque très clairement son envie de se diriger aussi vers le film d’action, notamment parce qu’elle aime les séquences physiques et les scènes de combat. Pourtant, l’horreur garde aujourd’hui une place particulière dans son imaginaire artistique. Elle parle du genre comme d’une véritable addiction créative. Le cinéma horrifique lui permet selon elle d’explorer des émotions beaucoup plus extrêmes et viscérales que d’autres registres plus classiques.

Cette envie de rôles physiques rejoint également son intérêt pour des personnages féminins moins passifs ou décoratifs. Nikki, justement, l’intéressait parce qu’elle refuse constamment sa propre disparition intérieure. Même piégée, le personnage continue de lutter pour préserver une part d’autonomie. Ce type de tension dramatique semble aujourd’hui guider les choix artistiques de l’actrice. Elle recherche des rôles qui débordent émotionnellement, où le corps, les cris, les larmes ou la colère deviennent presque impossibles à contenir.

Inde Navarette 13 reasons why © Netflix

Une personnalité encore volontairement imprévisible

Au-delà du cinéma, Inde Navarrette conserve une image très imprévisible et volontairement décalée. Elle peut parler avec sérieux de perte d’autonomie psychologique dans Obsession, puis enchaîner immédiatement sur une passion pour les glaces à la mangue sticky rice, les lentilles éthiopiennes ou les French tips parfaits. Cette capacité à alterner gravité émotionnelle et humour absurde participe énormément à son identité actuelle.

Même dans ses réponses les plus légères apparaissent souvent des fragments de vérité plus profonds. Son besoin de liberté, son rejet des images trop parfaites ou son rapport très instinctif au métier reviennent constamment. Là où beaucoup de jeunes actrices hollywoodiennes cherchent encore une identité publique stable, Inde Navarrette semble au contraire accepter pleinement le désordre, les contradictions et les débordements émotionnels qui nourrissent aujourd’hui son jeu d’actrice.

Portrait réalisé à partir de l’interview et d’une compilation d’informations.

Interview

Inde Navarrette appartient à cette génération d’actrices capables de passer d’un univers adolescent très codifié à un cinéma de genre beaucoup plus brutal sans perdre leur identité. Révélée auprès du grand public dans 13 Reasons Why puis dans Superman & Lois, la comédienne américaine change aujourd’hui totalement de registre avec Obsession, le film horrifique de Curry Barker. Native de Tucson en Arizona, élevée entre Californie et petites villes plus rurales, elle cultive une personnalité mêlant humour absurde, autodérision et besoin presque physique de liberté émotionnelle. Là où beaucoup d’actrices cherchent à lisser leur image, Inde Navarrette préfère parler de posture ratée, de glaces à la mangue, de trajets nocturnes en voiture ou de son chien Lola à qui elle confie ses secrets « sous NDA ». Derrière cette énergie très spontanée se dessine pourtant une artiste qui voit dans Obsession un véritable point de bascule professionnel. À seulement 25 ans, elle s’impose déjà comme l’un des nouveaux visages du cinéma d’horreur contemporain.

Après des séries comme 13 Reasons Why et _Superman & Lois, pourquoi avoir choisi un film comme Obsession ?

Obsession est arrivé à un moment très particulier de ma vie. J’avais envie de passer davantage vers le cinéma, mais surtout de montrer quelque chose de différent dans mon jeu. Pendant longtemps, j’avais l’impression d’être comme une casserole qu’on retire du feu juste avant l’ébullition. Avec ce scénario, tout pouvait enfin sortir. Nikki était le premier personnage que je comprenais totalement dès la lecture. Je savais immédiatement qui elle était, ce qu’elle ressentait, ce qu’elle perdait. C’était aussi la première fois que je sentais que je n’étais pas juste dans l’histoire de quelqu’un d’autre. Ce film appartient à Nikki, à sa douleur, à son absence totale de contrôle.

Nikki est très loin du cliché classique de la “love interest”. Comment avez-vous construit ce personnage ?

Ce qui m’intéressait énormément, c’est que Nikki se bat constamment pour rester elle-même. Elle n’est pas juste « la fille dont quelqu’un tombe amoureux ». Elle a ses rêves, son humour, sa personnalité, son envie d’écrire. Puis tout cela lui est retiré progressivement parce qu’elle devient prisonnière du désir de quelqu’un d’autre. Pour moi, Nikki est un kaléidoscope. Selon l’endroit où la lumière tombe, on découvre une autre facette d’elle. Elle peut sembler tendre, drôle, normale, puis devenir profondément inquiétante. Le vrai horreur du film vient de là, perdre totalement son autonomie pour satisfaire quelqu’un d’autre.

Le film joue énormément sur la frontière entre amour, obsession et contrôle. Pourquoi ces thèmes parlent autant au public selon vous ?

Parce que tout le monde veut être aimé. Tout le monde veut se sentir spécial pour quelqu’un. C’est quelque chose de profondément humain. Le problème, c’est quand ce besoin vient d’un endroit malsain ou devient une possession. Là, ça devient terrifiant. Dans le film, Bear pense faire quelque chose de simple en souhaitant que la fille qu’il aime l’aime en retour. Mais dès qu’il refuse de voir les conséquences sur elle, ça devient monstrueux. Ce qui me touche dans cette histoire, c’est justement cette idée qu’une intention apparemment innocente peut finir par détruire totalement quelqu’un.

Vous dites avoir toujours eu peur des films d’horreur. Comment avez-vous vécu cette immersion dans le genre ?

C’est vrai, j’ai toujours été terrifiée par l’horreur. Honnêtement, je n’imaginais même pas jouer un jour dans ce type de film. Et finalement, ça a eu l’effet inverse sur moi. Tourner Obsession m’a rendue beaucoup plus libre émotionnellement. Aujourd’hui, je pourrais faire de l’horreur toute ma vie. Je suis obsédée par ça maintenant. Pendant le tournage, je pouvais crier, pleurer, exploser émotionnellement sans retenue. Pour beaucoup de gens, ça paraît intense ou violent, mais moi j’ai trouvé ça extrêmement libérateur. C’était presque thérapeutique à certains moments.

Le film a créé beaucoup de réactions lors de sa projection au TIFF. Comment avez-vous vécu ça ?

C’était probablement l’expérience la plus folle de ma carrière jusqu’ici. Ce qui était magnifique, c’est que toute l’équipe était dans la salle, pas seulement les acteurs ou le réalisateur. Les maquilleurs, les techniciens lumière, les équipes déco, tout le monde vivait les réactions du public ensemble. On ressentait chaque rire, chaque malaise, chaque moment de tension. Voir les spectateurs réagir de cette manière à quelque chose qu’on avait construit tous ensemble, c’était incroyable. Encore aujourd’hui, ça paraît un peu irréel de voir tout ce buzz autour du film avant même sa sortie officielle.

Qu’avez-vous gardé de vos expériences sur 13 Reasons Why et _Superman & Lois ?

Ces séries m’ont énormément appris. Sans elles, je n’aurais probablement pas été capable d’assumer un rôle comme Nikki. Sur Superman & Lois notamment, Todd Helbing m’a laissé énormément de liberté pour construire Sarah Cushing. Comme c’était un personnage original, on devait littéralement assembler sa personnalité pièce par pièce. On discutait de son passé, de ses motivations, de son environnement. C’était un vrai puzzle créatif. Et puis travailler avec des réalisateurs comme Tom Cavanagh ou David Ramsey a aussi été très formateur. Ils comprennent les acteurs différemment parce qu’ils viennent eux-mêmes du jeu.

La série abordait aussi des thèmes très lourds autour de la santé mentale. Était-ce difficile à jouer ?

Ça dépend énormément de l’environnement créé sur le plateau. Heureusement, les réalisateurs avec qui j’ai travaillé sur ces épisodes étaient très attentifs à la vulnérabilité émotionnelle des acteurs. Du coup, explorer la dépression ou les traumatismes de Sarah n’était pas difficile au sens négatif. Au contraire, c’était libérateur. Ce qui devient compliqué, c’est quand on demande à un acteur d’aller dans des zones émotionnelles fragiles sans créer un espace humain sécurisé autour. Là, oui, ça peut devenir très dur. Mais sur Superman & Lois, l’équipe était très bienveillante avec ça.

Hors tournage, comment décompressez-vous après des rôles aussi intenses ?

Je prends ma voiture, je mets de la musique des années 2010 à fond et je roule la nuit. Pendant le tournage d’Obsession, on filmait souvent très tard, donc je rentrais avec des routes totalement vides. Je pouvais chanter aussi fort que je voulais sans personne autour. C’était parfait. Et puis honnêtement, le tournage lui-même était déjà une forme de décompression. J’avais enfin le droit d’être totalement excessive émotionnellement. Hurler, pleurer, craquer nerveusement, tout cela devenait autorisé dans le cadre du personnage. Ça faisait énormément de bien.

Vous avez aussi une réputation d’avoir beaucoup d’humour et d’autodérision. C’est important pour vous ?

Oui, totalement. Je crois que je prends beaucoup de choses avec humour parce que sinon Hollywood peut vite devenir étouffant. Je préfère parler de ma mauvaise posture, de mon obsession pour les glaces ou raconter que je dors suspendue au plafond. C’est plus drôle. Même mes secrets, je dis qu’ils appartiennent à mon chien Lola sous contrat de confidentialité. Je pense que garder cette absurdité et cette légèreté permet aussi de rester soi-même dans un milieu où tout peut devenir très contrôlé ou artificiel.

Qu’avez-vous envie d’explorer maintenant dans votre carrière ?

J’ai vraiment envie d’aller vers l’action. J’adore les scènes de combat et tout ce qui est physique. Mais en même temps, j’ai encore besoin de retourner dans l’horreur parce que maintenant j’y suis complètement accro. Ce genre permet d’aller chercher des émotions très extrêmes et très viscérales. C’est ce qui me plaît aujourd’hui. J’ai envie de personnages qui débordent, qui explosent émotionnellement, qui vivent des choses très intenses. Ce sont les rôles les plus intéressants à jouer pour moi actuellement.

Comment avez-vous préparé deux personnages aussi différents que Nikki dans Obsession et Sarah dans Superman & Lois ?

La préparation était totalement différente pour les deux rôles. Pour Sarah Cushing, il fallait construire presque tout depuis le début parce que c’était un personnage original. Avec Todd Helbing, on discutait énormément de son environnement, de ses blessures, de ses motivations et même de l’influence de sa mère Lana Lang sur sa personnalité. C’était un vrai travail d’assemblage progressif, comme un puzzle émotionnel. Pour Nikki, c’était beaucoup plus instinctif et viscéral. Dès la lecture du scénario, j’ai compris immédiatement qui elle était. La préparation passait surtout par le lâcher-prise émotionnel et physique. Je devais accepter de perdre totalement le contrôle avec elle. Nikki vit quelque chose de profondément violent intérieurement, donc il fallait arrêter de vouloir protéger le personnage ou le rendre « aimable ». C’est ce qui rendait le rôle aussi éprouvant, mais aussi très libérateur à jouer.

Qu’est-ce qui vous rend heureuse au quotidien et comment décompressez-vous loin des plateaux ?

Je crois que ce sont surtout les moments où je peux complètement décrocher du travail. Voyager me fait énormément de bien, tout comme les longues sessions de jeux vidéo ou simplement le fait de passer du temps avec des amis dans des endroits sans prétention. J’aime aussi retrouver une forme de liberté très simple après des journées de tournage intenses. Il y a quelque chose d’apaisant dans le fait de revenir à des habitudes ordinaires, loin des plateaux et des personnages. La musique garde aussi une place importante dans mon quotidien, surtout quand j’ai besoin de vider mon esprit ou de retrouver de l’énergie. Et puis il y a mon humour un peu absurde qui m’aide beaucoup à ne pas prendre certaines choses trop sérieusement. En réalité, j’aime les choses simples, elles me rendent heureuse.

Des exemples de choses simples ?

Une bonne glace déjà, surtout la glace mangue sticky rice de Van Leeuwen. J’adore aussi conduire la nuit avec de la musique des années 2010 très fort dans la voiture. Pendant le tournage d’Obsession, c’était presque devenu un rituel. Comme on tournait souvent tard, les routes étaient vides et je pouvais chanter aussi fort que je voulais sans déranger personne. J’aime aussi voyager, jouer aux jeux vidéo, traîner dans des endroits simples, des bars un peu perdus ou juste passer du temps à ne rien faire de spectaculaire. Je crois que j’ai besoin d’un équilibre très normal à côté de l’intensité des tournages. Et puis il y a mon chien Lola évidemment. C’est probablement la seule créature vivante qui connaît tous mes secrets.


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