Mon cousin


Pierre (Vincent Lindon) est le PDG accompli d’un grand groupe familial. Sur le point de signer l’affaire du siècle, il doit régler une dernière formalité : la signature de son cousin Adrien (François Damiens) qui détient 50 % de sa société. Ce doux rêveur idéaliste, qui enchaîne gaffes et maladresses, est tellement heureux de retrouver Pierre, qu’il veut passer du temps avec lui et retarder la signature. Pierre n’a donc pas le choix que d’embarquer son cousin avec lui dans un voyage d’affaires plus que mouvementé où sa patience sera mise à rude épreuve.

Ce feel good movie nous dévoile une vision réaliste de la société et du monde qui nous entourent. Il y a deux manières de réagir dans la vie, la manière forte ou la manière faible.
Ces deux manières ont leurs avantages et leurs inconvénients. La réussite et la course au profit sont souvent assimilées à l’usage de la manière forte. Le pouvoir et la réussite ne riment jamais avec pluralité, nous les vivons seuls, nous arrivons en haut de la pyramide seuls. La solitude est comme un acide, progressivement elle s’empare de tout ce qui nous entoure, nous finissons par être aveuglés par nos objectifs et notre plan de carrière. Mais sournoisement, nos proches deviennent des étrangers. Nous finissons par ne plus être que des colocataires et un jour, nous sommes dans une zone de non-retour. Chacun aura pris sa route et chacun aura une nouvelle vie. 

Pierre est seul, isolé dans son pouvoir

La manière forte, c’est celle de Pierre, on aurait tendance à croire que celle d’Adrien est la plus mauvaise, et qu’elle correspondrait à la manière des faibles, mais contrairement à ce que l’on pourrait le croire, ce cousin n’est pas fou ! Il est sensible, il est hypersensible, voir parfois ultra lucide. Il vit en adéquation avec la Nature, cherche à rétablir l’ordre des choses et n’a pas peur d’aller au bout de ce qu’il désire. Quand un désir s’offre à lui, il l’accepte, il ne cherche pas à mettre en place une stratégie pour obtenir les choses avec un gain à la clé, il veut vivre dans une adéquation entre lui, l’univers et le monde.

Si nous comprenons ces éléments, nous réalisons ainsi pourquoi il demande à être enfermé. La société de la réussite est tellement violente, qu’il a besoin d’être dans une maison de fous pour ne pas sombrer. 
Il aime, il rit, il pleure, quand tant d’autres jouent un jeu, essaient d’être des gagnants, mais perdent peu à peu l’or de leur vie : la famille et leurs amis.

Ce feel good movie ne peut que finir bien, c’est le principe, c’est le contrat invisible qu’un spectateur signe avec une œuvre estampillée du genre « comédie familiale ».
Même si la noirceur des abysses du passé de Pierre semble irréparable, les choses vont peu à peu le mener à une seconde chance, celle de pouvoir renouer avec ce cousin. Celle de changer sa manière d’agir avec les autres.

À son habitude, le réalisateur met en scène des scènes propices à l’onirisme, nous offre des images à la limite du surnaturel, lui qui avait arrêté de réaliser des films durant plusieurs années, lui qui voulait revenir avec un film de genre, une science fiction bien huilée et pleine de symboliques. 

Finalement, c’est sur une comédie à la fois classique et moderne que ce réalisateur qui aime dévoiler le monde sous un regard à part, comme l’adaptation de 99F qui nous fait voyager dans les méandres de la publicité. Jan Kounen est à la fois un réalisateur du vrai et un réalisateur du fantasme, il flirte toujours entre ces deux mondes, ces Réalités si proches et si ambiguës.

5 réflexions sur “Mon cousin

  1. Vu hier. Et un avis en deux teintes. De (très) belles scènes noyées dans du beaucoup moins épatant… Hésitation (?) du réalisateur (et scénariste) entre une pure comédie ( et alors : pas assez d’éclats de rire, ici ) et un sujet traité plus sobrement et plus en finesse (Raté aussi !) .Cela n’enlève rien aux jeux des acteurs (Vincent… Vincent… !) avec mention particulière pour Alix Poisson qui crève l’écran (scratch… !).

    J'aime

      1. Bien sûr. Perso, j’ai apprécié moyennement ces passages oniriques. Je parlais plutôt de certains plans (la tête de Vincent Lindon dans le trou de la maquette et autres choses un peu du même style). Globalement, c’est bien filmé. Le soucis (si soucis) ne vient pas vraiment de là mais plus de la cohérence du scénario qui oscille trop entre comédie et film « sérieux ». J’aurai préféré un choix plus franc.

        J'aime

Tu es libre de ne pas commenter!

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.