Tad l’explorateur et la lampe magique, un film sympathique et des personnages attachants.

Tad l’explorateur et la lampe magique d’Enrique Gato fait de la famille, de la jalousie et du temps les moteurs d’une aventure pleine d’humour.

Tad et Sara sont désormais parents d’Oli, une petite fille de 2 ans aussi adorable qu’intrépide. Cette nouvelle famille ne fait pourtant pas que des heureux, Momie supporte mal de ne plus être au centre de l’attention. À Londres, la découverte de la lampe magique des Mille et Une Nuits lui offre une solution aussi séduisante que dangereuse : retourner à l’époque où tout le monde l’adorait. Tad, Sara et leurs amis doivent alors le poursuivre dans le passé, de Païtiti à la Grèce antique, jusqu’à la grotte d’Ali Baba, avant que l’Histoire ne soit définitivement bouleversée.

La famille avant tout et les voyages dans le temps

Un film pour les grands et les petits. Le rythme est bon et on rit de voir des clins d’oeil à Retour vers le futur quand les dessins commencent à disparaître, comme Marty et sa famille disparaissaient en photo.
Les gags sont au rendez-vous, les personnages attachants. Un bon second film, qui donne beaucoup sur le pouvoir de la famille !

Car derrière le voyage dans le temps, Tad l’explorateur et la lampe magique repose surtout sur un mécanisme psychologique assez simple, mais terriblement humain : Momie vit l’arrivée d’Oli comme une perte de statut. Tad et Sara sont devenus parents, leur attention s’est déplacée et celui qui occupait auparavant une place importante dans le groupe se sent relégué au second plan. Sa jalousie n’est ainsi jamais uniquement un prétexte pour lancer l’aventure, elle traduit ce besoin presque infantile de retrouver un passé idéalisé, celui où l’on était regardé, aimé, où notre place semblait acquise.

Le voyage temporel matérialise cette régression. Revenir à sa jeunesse pour retrouver l’affection perdue paraît être une solution, jusqu’au moment où modifier le passé commence à effacer le présent. Le film rend alors très concret, notamment pour les enfants, quelque chose de plus complexe : notre famille et nos liens actuels sont aussi le produit d’une histoire qu’on ne peut pas réécrire uniquement parce qu’une époque nous semblait plus confortable. Tad, devenu père, change lui aussi de position. L’aventurier maladroit doit désormais protéger Oli, accepter l’imprévisible et penser pour quelqu’un d’autre. La famille n’empêche donc pas l’aventure, elle déplace simplement ce qu’il y a désormais à perdre.

Une suite avec des petits clins d’œil et un casting français de choix !

Ce quatrième volet sait aussi qu’il appartient à une saga et joue avec une mémoire cinématographique beaucoup plus large. Indiana Jones reste évidemment dans son ADN, pourtant les références vont chercher ailleurs, de Mad Max à Titanic, en passant par Certains l’aiment chaud ou Monte là-dessus !. Ces clins d’oeil fonctionnent à 2 niveaux : les enfants restent dans l’action, tandis que les adultes reconnaissent des images, des situations ou des codes venus d’autres films. C’est précisément ce double niveau de lecture qui évite à l’ensemble de devenir un divertissement exclusivement infantile.

La version française ajoute 2 voix particulièrement identifiables. Mosimann incarne l’Archéorobot, compagnon technologique capable d’analyser des artefacts, traduire des langues anciennes ou rechercher des passages secrets, avec une confiance beaucoup plus grande dans ses capacités d’humoriste que dans la qualité réelle de ses blagues. Chantal Ladesou prête sa voix au Génie, ici transformé en sorte de fonctionnaire de la magie, avec règlement, procédures et conditions d’utilisation. 2 personnages qui introduisent une forme d’humour plus contemporain sans écraser Tad, Sara, Momie, Jeff ou Belzoni. D’ailleurs ces 2 derniers parlent désormais, petit changement qui renouvelle efficacement leur fonction comique dans le groupe.

Reste maintenant à voir comment ce quatrième épisode trouvera sa place auprès du public français, alors que le précédent avait dépassé 500 000 entrées, soit 2 fois le score de son prédécesseur. La sortie du 26 août devra surtout confirmer si Tad peut continuer à grandir avec son jeune public, sans perdre cette simplicité qui fait justement fonctionner la saga.

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Note : 4 sur 5.

26 août 2026 en salle | 1h 35min | Animation, Aventure, Comédie, Famille
De Enrique Gato | 
Par Manuel Burque, Josep Gatell
Avec Oscar Barberán, Michelle Jenner, Luis Posada
Titre original Tadeo Jones y la lámpara maravillosa


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