Sorti au Japon en juillet, Une Aube Nouvelle arrive dans les salles françaises le 12 août 2026. Cette coproduction franco-japonaise marque le premier long métrage réalisé par Yoshitoshi Shinomiya.
Depuis quatre ans, Keitaro vit reclus dans l’ancienne usine de feux d’artifice de sa famille, désormais condamnée à disparaître. Avant sa confiscation, il veut recréer le « shuhari », un feu d’artifice imaginé par son père avant sa disparition et censé représenter l’univers. Son frère Chicchi et leur amie d’enfance Kaoru le rejoignent alors pour une dernière tentative.

Une animation d’une grande finesse
Une Aube Nouvelle est une véritable réussite visuelle. Yoshitoshi Shinomiya livre une animation d’une grande finesse, portée par des décors somptueux et une direction artistique moderne aux palettes de couleurs audacieuses. La bande originale, mêlant habilement sonorités lo-fi et électroniques, renforce cette volonté de modernité. Derrière son récit intimiste, le film interroge l’industrialisation qui efface peu à peu les espaces naturels, tout en explorant les liens d’amitié confrontés au temps qui passe et aux choix de la vie adulte. Son rythme contemplatif pourra toutefois dérouter certains spectateurs en quête d’un récit plus dynamique. Touchant, lumineux et délicat, le film séduit davantage par son atmosphère et sa sensibilité que par un scénario finalement assez classique. Une belle proposition pour les amateurs de slice of life.
Touchant, lumineux et délicat, le film séduit davantage par son atmosphère et sa sensibilité que par un scénario finalement assez classique.
Au cœur du récit se trouve une ancienne fabrique de feux d’artifice vouée à disparaître, dernier vestige d’un monde en train de s’effacer. À travers la quête du légendaire « shuhari », création mystérieuse laissée en héritage par un père disparu, Keitaro tente autant de préserver une mémoire familiale que de retenir un passé qui lui échappe. Le film s’intéresse ainsi à la transmission, aux racines et à la transformation des territoires, lorsque routes et nouveaux aménagements menacent l’équilibre d’habitants attachés à leur environnement. Malgré des enjeux importants, le ton demeure constamment léger et accessible, soutenu par un humour tendre et souvent mignon.
Certains spectateurs pourront regretter le manque de drame ou de rebondissements plus marqués, mais ce choix semble pleinement assumé par la mise en scène. Une Aube Nouvelle cultive avant tout une atmosphère good vibe, douce et réconfortante. Si son scénario reste agréable à suivre, il n’apporte toutefois rien de particulièrement novateur au genre.

Une dernière nuit avant la disparition de l’usine
Derrière la douceur du récit se cache pourtant une véritable urgence. L’usine de feux d’artifice est également la maison familiale des Obinata. Menacée de fermeture administrative, elle doit ensuite être rasée pour permettre la construction d’une nouvelle route départementale. Keitaro, le plus jeune fils de la famille, y poursuit malgré tout, seul, la fabrication de feux d’artifice. Pour recréer le shuhari imaginé par son père, il ne possède plus que de mystérieux plans dont il tente encore de percer les secrets.
Chicchi et Kaoru ne reviennent d’ailleurs pas initialement pour l’aider dans cette quête. Son grand frère et leur meilleure amie d’enfance le rejoignent la veille de la démolition officielle afin de le convaincre d’abandonner son obsession. Cette échéance resserre le récit sur un temps très court, sans pour autant éloigner Une Aube Nouvelle du slice of life, littéralement « tranche de vie ». Le genre se concentre avant tout sur le quotidien des personnages, à l’opposé des mécaniques propres aux récits d’action ou d’aventure. Ici, l’enjeu repose moins sur l’accumulation de péripéties que sur ce dernier moment passé ensemble avant la disparition définitive d’un lieu familier.
Un premier long métrage porté par un parcours artistique singulier
Une Aube Nouvelle permet surtout de découvrir Yoshitoshi Shinomiya dans un exercice qu’il n’avait encore jamais mené à cette échelle. Avant ce premier long métrage, il avait dirigé et réalisé les scènes spéciales pour des œuvres en prises de vues réelles comme en animation, notamment Your Name de Makoto Shinkai et Dans un recoin de ce monde de Sunao Katabuchi. Son parcours dépasse pourtant largement le cinéma : conception de livres, publicité, spots télévisés, peinture, sculpture et image en mouvement composent une pratique particulièrement transversale, nourrie également par son exploration des techniques traditionnelles de l’art japonais.
Cette diversité se retrouve dans la fabrication même du film, où Yoshitoshi Shinomiya cumule plusieurs fonctions créatives, de la réalisation au scénario en passant par le production design avec Akiko Majima. La photographie est confiée à Anna Tomizaki, tandis que Shuta Hasunuma compose la musique. Produit par Miyu Productions et Asmik Ace, le long métrage associe ainsi des équipes françaises et japonaises autour d’une œuvre particulièrement compacte, avec seulement 76 minutes pour installer son univers. Riku Hagiwara, Kotone Furukawa et Miyu Irino assurent les principales voix de cette aventure dont la forme témoigne finalement autant du cinéma d’animation que du parcours pluridisciplinaire de son réalisateur.
Une équipe créative au croisement de la France et du Japon
Présenté sous son titre original A New Dawn, Une Aube Nouvelle bénéficie en France d’une sortie annoncée par ADN. Cette coproduction franco-japonaise réunit les studios Asmik Ace, Miyu Productions et Outrigger, avec Yoshitoshi Shinomiya au cœur du projet. Créateur original, scénariste et réalisateur, le cinéaste participe également au design des personnages, à la direction de l’animation, à la direction artistique et au design des couleurs. Une implication particulièrement large qui se ressent dans la cohérence visuelle du film, notamment à travers ses palettes très marquées.
Yoshitoshi Shinomiya s’entoure également d’une équipe particulièrement solide. Utsushita, qui a travaillé sur Tengoku Daimakyo, participe au design des personnages, tandis que Shōhei Hamaguchi, passé notamment par Cardfight!! Vanguard, assure la direction de l’animation. Akiko Majima, associée à Your Name, intervient à la direction artistique et Shūta Hasunuma, notamment connu pour Sekiro – No Defeat, signe les musiques. Une équipe « 5 étoiles » dont les différents savoir-faire se complètent et participent pleinement à l’identité visuelle et sonore du film.
Une Aube Nouvelle laisse surtout le souvenir d’une parenthèse sensible, portée par une identité visuelle suffisamment forte pour dépasser les limites de son récit. Sans chercher le spectaculaire à tout prix, le film préfère installer une sensation, un rythme et une douceur persistante. Une œuvre modeste dans ses ambitions narratives, beaucoup moins dans sa maîtrise formelle.
Article co-écrit avec Théadule
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12 août 2026 en salle | 1h 16min | Animation, Drame
De Yoshitoshi Shinomiya |
Par Yoshitoshi Shinomiya
Avec Riku Hagiwara, Kotone Furukawa, Miyu Irino
Titre original A New Dawn
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