Le DAB+ bénéficie du 31 juillet au 16 août 2026 d’une campagne télévisée nationale diffusée sur les principaux groupes audiovisuels français.
Longtemps restée derrière la FM dans les usages et surtout dans les habitudes, la radio numérique terrestre entre dans une phase où sa présence ne suffit plus : encore faut-il que l’auditeur sache précisément ce qu’il écoute. Déployé dans l’Hexagone depuis 2014, le DAB+ s’est d’abord construit à l’échelle locale et régionale avant de prendre une dimension métropolitaine le 12 octobre 2021. Depuis septembre 2023, toutes les agglomérations de plus de 175 000 habitants disposent d’au moins un multiplex. Cette progression technique pose désormais un autre enjeu, celui de l’identification d’une norme appelée à cohabiter avec des modes d’écoute déjà solidement installés.
Une technologie hertzienne numérique qui ne se confond pas avec la radio sur Internet
Le sigle DAB+ désigne le Digital Audio Broadcasting Plus, une technologie de modulation et de transmission numériques de la radio. Malgré l’expression « radio numérique terrestre », son fonctionnement ne doit pas être confondu avec celui d’une radio diffusée par Internet. Le signal emprunte un réseau hertzien terrestre, selon une logique comparable à celle utilisée par la FM. L’écoute ne dépend donc ni d’un forfait de données mobiles ni d’une connexion au réseau. Le DAB+ constitue par ailleurs une évolution du DAB et correspond à la norme européenne de diffusion de la radio numérique terrestre, également employée sur d’autres continents.
Le choix même de l’appellation répond à un problème de compréhension. L’Arcom précise que le terme « RNT » pourrait suggérer un parallèle trop direct avec la TNT, alors que la situation radiophonique est différente : FM et DAB+ peuvent techniquement coexister, ce qui implique cependant des coûts de double diffusion. L’acronyme permet aussi de distinguer cette transmission hertzienne numérique de la radio sur Internet, laquelle repose sur des flux audio en ligne et donne également accès aux podcasts. Enfin, DAB+ possède l’avantage d’être une désignation reconnue internationalement, pensée pour faciliter son identification par le public.
Cette architecture modifie également la logique de diffusion du côté des éditeurs. Plusieurs radios peuvent être regroupées sur une même fréquence au sein d’un multiplex, ce qui permet de mutualiser les coûts. Dans un paysage où la bande FM est saturée, le dispositif ouvre aussi la possibilité d’étendre la surface couverte : les radios généralistes peuvent viser une couverture comparable, voire supérieure, à celle autrefois obtenue par les grandes ondes pour un coût inférieur, tandis que des réseaux thématiques ou locaux peuvent atteindre de nouvelles zones. L’Arcom inscrit enfin cette évolution dans un futur écosystème numérique fonctionnant en synergie avec les réseaux mobiles 5G. Côté équipement, la législation française impose déjà la compatibilité DAB+ aux autoradios des véhicules particuliers neufs ainsi qu’aux récepteurs radio dotés d’un écran d’affichage alphanumérique. La mutation est aussi structurelle.
Des autoroutes aux villes moyennes, le maillage change désormais d’échelle
La progression du DAB+ se lit désormais moins à travers quelques grandes agglomérations qu’à travers la densification du maillage. Entre l’été 2023 et l’été 2024, les 26 radios métropolitaines ont conduit une deuxième phase leur permettant de couvrir une large part de la population et plus de 6 000 kilomètres d’autoroute. La troisième phase des deux multiplex métropolitains a commencé durant l’été 2025. Elle concernait alors la N165 entre Vannes, Lorient, Quimper et Brest, l’A31 entre Nancy et Dijon pour le multiplex M1, ainsi que l’A71 sur le parcours Vierzon, Bourges et Montluçon.
En 2026, le chantier se déplace sur plusieurs corridors structurants. Le programme mentionne l’A20 de Vierzon à Limoges puis Toulouse, l’A26 entre Châlons-en-Champagne et Troyes, l’A51 et la N85 d’Aix-en-Provence à Gap, l’A64 reliant Toulouse, Tarbes, Pau et Bayonne, ainsi que l’A68 entre Toulouse et Albi. L’A71 et l’A75 doivent prolonger le maillage de Montluçon jusqu’à Clermont-Ferrand puis Lodève, tandis que l’A84 concerne la liaison Caen-Rennes. Cette logique routière donne au DAB+ une dimension nationale qui ne dépend plus uniquement de points de couverture urbains isolés.
Le travail reste pourtant inégal selon les territoires. Toutes les communes de France métropolitaine de plus de 50 000 habitants sont couvertes par au moins un multiplex, à trois exceptions près : Ajaccio, Bourges et Cherbourg-en-Cotentin. Parallèlement, la mise en service d’émetteurs accueillant des radios autres que métropolitaines doit s’échelonner durant l’année à Agen, Angoulême, Blois, Bourges, Châteauroux, Chaumont, Cherbourg-en-Cotentin, Cognac, Épinal, Forbach, Mont-de-Marsan, Nevers, Niort, Saintes, Vesoul et Vichy. L’objectif annoncé porte la couverture à 80 % de la population avant la fin de l’année, tandis qu’elle dépasse déjà 85 % en situation de mobilité sur les grands axes. Le document de l’Arcom rappelle qu’à la fin de 2025, près de 66 % de la population métropolitaine était couverte. Sa feuille de route prévoit le renforcement du maillage dans 50 nouvelles villes, notamment Laval, Valence, Bourges, Cherbourg, Nevers et Mont-de-Marsan.
Faire comprendre le DAB+ par l’usage plutôt que par la technologie
Cette extension du réseau s’accompagne d’un travail de pédagogie destiné à rendre la technologie immédiatement perceptible dans l’usage quotidien. Le choix de la période estivale n’est pas anodin : le début du mois d’août correspond à l’un des moments où la circulation routière est la plus importante. Le spot prend donc le déplacement automobile comme situation concrète et insiste sur une écoute gratuite, sans Internet et sans recherche manuelle de fréquence. L’utilisateur conserve ses radios habituelles tout en accédant à davantage de stations.
L’Arcom détaille d’autres bénéfices qui dépassent ce seul argument pratique. Pour l’auditeur, la norme promet une meilleure qualité sonore et une continuité d’écoute accrue en mobilité. Le flux audio peut également être enrichi de données numériques associées, permettant par exemple d’accompagner un morceau d’informations affichées sur un récepteur compatible. L’arrivée de nouvelles stations complète cette transformation de l’expérience radiophonique. Le changement est donc moins spectaculaire que celui provoqué autrefois par le passage d’un support à un autre : l’appareil reste une radio, le geste d’écoute demeure familier, tandis que l’infrastructure et la quantité d’informations transportées évoluent en arrière-plan.
La difficulté consiste précisément à rendre visible cette différence. Les radios françaises réunies au sein de l’association « Ensemble pour le DAB+ » avaient déjà organisé quatre vagues de communication en 2025 afin d’accroître la notoriété du dispositif. En 2026, la stratégie change d’échelle avec une présence renforcée sur les réseaux sociaux, à l’antenne et désormais sur les écrans de télévision. L’association rassemble les éditeurs de radios et les organisations représentatives du secteur autour de cette promotion commune. Le spot est réalisé par Maéva Pensivy, avec une musique signée 21 Juin Production. Cette campagne nationale fait ainsi du trajet en voiture un espace de démonstration : non pas expliquer abstraitement une norme de diffusion, mais associer son nom à une expérience que l’automobiliste peut directement éprouver derrière son volant.
La prochaine étape se jouera sur la capacité du DAB+ à transformer une couverture technique en usage installé. La fin de l’année 2026 donnera un premier indicateur avec l’avancée réelle des mises en service annoncées. Il faudra surtout observer si l’élargissement du parc de récepteurs et la communication menée par les radios suffisent à faire entrer le sigle « DAB+ » dans le vocabulaire courant des auditeurs.
En savoir plus sur Direct-Actu le média de la pop culture et alternative
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

