Enragé, Russel Crowe change de registre.


Mauvaise journée pour Rachel (Caren Pistorius) : en retard pour conduire son fils Kyle (Gabriel Bateman) à l’école, elle se retrouve coincée au feu derrière un pick-up qui ne redémarre pas. Perdant patience, elle klaxonne et passe devant. Quelques mètres plus loin, le même pick up s’arrête à son niveau. Tom Cooper (Russel Crowe) la somme de s’excuser, mais elle refuse. Furieux, il commence à la poursuivre… La journée de Rachel se transforme en véritable cauchemar.

Comment une simple altercation peut finir en chasse à l’Homme?

Il nous arrive souvent de nous demander comment quelqu’un peut-il sombrer dans la violence? Comment une personne atypique peut-elle sombrer dans la folie? Ce film ne cherche pas forcément à donner toutes les réponses, mais l’élément déclencheur est assez banal. Chaque année de nombreuses personnes ont des altercations avec des inconnues pour une histoire aussi simple qu’une place de parking.
C’est ainsi que le nouveau film du réalisateur Derrick Borte nous plonge dans un thriller haletant, où une jeune femme trop pressée va provoquer la rage d’un inconnu. Derrick Borte explore ainsi comment quelqu’un de bien peut paradoxalement devenir un chien enragé en à peine quelques secondes.

Le scénariste Carl Ellsworth est un amoureux inconditionnel des thrillers psychologiques ancrés dans l’actualité et le vrai. Ce film traite d’une réalité de tous les jours, en restant coincés dans notre vision étriquée du monde nous arrivons à provoquer des crises. Comme l’explique en interview Carl «L’intrigue repose sur le genre de rencontre fortuite que n’importe qui peut faire à n’importe quel moment».
En effet, aux quatre coins du globes les actes de violence se multiplie, notre société vit en perpétuelle tension, les gens sont agressifs et la moindre contrariété les font exploser. « J’avais envie, avec ENRAGÉ, d’écrire une histoire qui se déroule en temps réel et dont le rythme et la tension ne se relâchent qu’à la toute dernière image».

Le réalisateur avoue avoir été scotché par le scénario très intense que Carl lui a proposé, «C’est le genre de scénario qu’on ne peut pas lâcher avant d’arriver au bout». Ce genre de film se regarde d’une traite, et on ne peut pas le terminer sans se poser des questions. On s’attache plus ou moins aux différents personnages et on se demande comment l’Humanité a-t-elle pu sombrer dans une telle démence? Malgré tout, le film trouve le moyen d’explorer avec sensibilité les liens fragiles qui permettent aux sociétés de rester unies.

On a tous passé au moins une fois dans notre vie une sale journée et lorsque cela arrive nous avons tendance à rejeter la faute sur les autres. Ce qui provoque réaction en chaine et ainsi se produit l’irréparable.
La productrice Lisa Ellzey a été sensible à ces personnages complexes et fascinants, qui finalement sont à l’image du genre humain. «Si l’homme campé par Russell est, de toute évidence, l’antagoniste dont le comportement est violent, le spectateur peut malgré tout se reconnaître dans certains aspects de la personnalité de chacun des personnages quand ils se croisent pour la première fois – et c’est ce qui fait qu’il est aussitôt happé par l’histoire» explique-elle en interview.

Ce thriller a tout de même une porté sociologique forte, on voit des individus agir dans une société contemporaine. Si ce personnage est aussi terrifiant c’est qu’il a déjà tout perdu: sa femme, son boulot et bientôt sa maison, il n’a plus rien à perdre. Il pensait avoir encore le respect des autres et quand une inconnue refuse de s’excuser, c’est la goutte qui fait déborder le vase.

En réalité, ce film permet de faire le point sur son prochain! On ne sait jamais ce qui se passe dans la tête des gens, «Ce serait trop facile de juger l’Homme et Rachel, mais ils ont chacun vu leur monde s’effondrer à des degrés divers». Et c’est cela qui pose problème, dans notre quotidien il arrive que notre vision des choses ne soit pas la même et quand cela arrive nous avons du mal à rester calme et à se parler poliment.
Ce qui ressort de la prestation du Bad Boy, c’est que le rôle a été travaillé en profondeur. Russel a réussi à faire de son personnage quelqu’un de vrai, avec une vraie analyse clinique et profonde. Il est un peu comme le père de famille incarné par Jack Nicholson dans Shining qui perd progressivement pied avec la réalité.

Shining, Stanley Kubrick Warner Bros

Le choix de l’acteur principal:
Ce ne fut pas aussi immédiat! Le rôle a d’abord été proposé à Nicolas Cage mais ce dernier a refusé. On pourrait penser que Russell Crowe accepter d’office, mais non. En effet avec ce film, la carrière de Russell change, car c’est la première fois qu’il tient le rôle d’un méchant. Un grand changement par rapport à ses précédents rôles, où il est le héros triomphant contre les éléments de la nature, contre des gladiateurs.
D’ailleurs il fut d’abord réticent à l’idée de jouer un homme aussi barge! Après la première lecture du scénario il a d’abord refusé «C’est hors de question ! Je ne tournerai jamais un film qui me fout autant la trouille ! Et ce personnage est abominable!»
Mais après réflexion, l’acteur est revenu sur sa position et a tenté de rentrer dans le projet. Pour lui ce personnage était à l’opposé de ce qu’il a joué jusqu’à présent. C’était un réel défis à la fois dangereux et audacieux.


La violence au volant

Ce thriller de Derrick Borte nous propose un thème la violence au volant. Un sujet qui a déjà été traité par plusieurs réalisateur comme
Joel Schumacher avec Chute libre (1993), Lodewijk Crijns (Le Tueur de l’autoroute, 2020), ou encore Steven Spielberg avec son mythique Duel sorti en 1971.

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