Les vendredis de l’horreur: I see You


Présenté dans le cadre Les vendredis de l’horreur à Gaumont Pathée,  I See You est un film d’horreur américain de 2019 réalisé par Adam Randall , écrit par Devon Graye, produit par Matt Waldeck. Dans le casting nous retrouvons Helen Hunt, Jon Tenney, Judah Lewis, Owen Teague et Libe Barer.

Le film débute par une scène qui donne un côté horreur fantastique au film, mais le côté rationnel du thriller va progressivement prendre le dessus et retirer progressivement tout aspect horreur fantastique au film. Le film s’ouvre sur une disparition inquiétante, qui est elle-même reliée à plusieurs autres disparitions d’enfants. Puis progressivement on se focalise sur le quotidien étrange d’une famille aisée de banlieue assaillie par des événements inexplicables qui peuvent être liés à la récente disparition de ce jeune garçon.

Le film a été présenté en première au Festival du film SXSW 2019 et a été publié le 6 décembre 2019, avec des critiques généralement positives.

L’histoire: 

Justin Whitter, 10 ans, est enlevé alors qu’il faisait du vélo dans un parc local. Greg Harper (Jon Tenney) est nommé détective principal sur l’affaire. Des preuves sous la forme d’un couteau de poche vert ont été trouvées reliant cette affaire à une série précédente d’enlèvements qui ont abouti à la condamnation d’un autre homme de nombreuses années auparavant. Il est démontré que la famille de Harper traverse ses propres problèmes en raison d’une affaire dans laquelle sa femme, Jackie ( Helen Hunt ), avait été fiancée. Leur fils, Connor (Judah Lewis), est très irrité envers sa mère à cause de cette affaire.

Arrive progressivement des évènements mystérieux dans la maison, comme par exemple des photos qui disparaissent de leurs cadres, des tasses qui tombent du toits et des accidents. On va d’abord penser à un être mystique malfaisant, un peu comme dans Ça, mais il n’en est rien, au fur et à mesure de l’intrigue les éléments vont expliquer les choses.

spoiler alert

Des éléments étranges qui ne semblent géner personne

Le plus étrange commence réellement dans la maison quand le réparateur évoque qu’une fille l’a laissé entrer. Une chose qui est assez bouleversante, car le spectateur peut alors se demander s’il y a un fantôme dans la maison ou si le réparateur a confondu le fils avec une fille, ou encore dernière supposition plausible, le fils aurait invité une copine-amie à la maison. Cet évènement est renforcé par toutes ces disparitions de photos et d’objets, qui créent un doute chez le spectateur entre paranormal et normalité avec explications logiques.

Le plus étrange dans cette histoire c’est que le spectateur partage en tout point la vision de la mère, nous n’avons pas la vision du père qui elle sera dévoilée plus tard lorsque le film va faire un turn over et nous donner le point de vue des intrus.

L’une des choses étranges, c’est lorsque Jackie entre dans la chambre de Connor pour ramasser quelque chose et remarque un étrange masque sous son lit. Elle ne pose pas de question à ce sujet. L’anormalité qui est présente dans la maison semble faire aucune réaction vive et peut-être seule la mère et le fils semblent se poser des questions, mais jamais assez efficaces pour qu’on puisse aller vers la vérité.

Le but de ce film est de mener le spectateur dans un positionnement de rejet des intrus, mais le turn over qui va permettre de voir les choses du regard des deux intrus va offrir un changement radical dans la perception des évènements. Nous avons par exemple, l’accident de l’ancien amant de Jackie, Todd (Sam Trammell). Il arrive à la maison, mais Jackie lui dit qu’elle ne veut plus le voir, la tasse à café de Jackie vient de quelque part et lui frappe la tête. Jackie le cache au sous-sol pour qu’elle puisse emmener Connor à l’école. Puis Todd est frappé au-dessus de la tête par un agresseur inconnu et Jackie rentre à la maison pour le trouver mort. Elle panique et suppose que Connor a tué Todd. Elle et Greg emmènent le corps dans une zone boisée et enterrent son corps, dans l’espoir de donner à Connor un alibi.

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Nous allons tout d’abord rejeter ce meurtre sur le dos des intrus, mais le retournement de situation est que progressivement le vrai démon se dévoile et semble se cacher sous les traits du père aimant, enquêteur à la criminelle.

Ce thriller psychologique cherche à nous montrer que les choses ne sont jamais comme on le pense. Durant la plus grande partie du film nous nous attachons au père et nous le prenons en empathie, la mère semble être quelqu’un de désastreuse et un peu malade. Globalement le retournement de situation le plus fort est le moment où nous découvrons que le père a tué l’ex de sa femme. Cette scène est un élément déclencheur, car ce personnage qu’on va prendre en sympathie : père dévoué et trompé par sa femme, policier très investi dans les enquêtes autour d’une série de disparitions. Tout le film dans sa première partie cherche à nous le rendre sympathique, puis quand la scène du meurtre arrive on va essayer de se rassurer en se disant « Il a pensé que c’était un intru? Il a fait ça pour se défendre?», on va chercher à l’excuser jusqu’au bout, car la seconde partie du film va mener une danse malsaine en offrant au spectateur une vision maléfique de l’adolescent  Alec, qui accompagne  Mindy.

En effet, quand le film remonte dans le temps et révèle comment les événements mystérieux se sont déroulés dans  la maison, nous allons découvrir peu à peu les deux intrus : Mindy (Libe Barer) et Alec (Owen Teague). Ces deux adolescents pratiquent ce qu’on appelle le phrague », en se cachant dans une maison à l’insu des propriétaires.

Ces deux phroggers sont différents, l’une Mindy est expérimentée, essaie de garder un profil très bas afin qu’elle ne se fasse jamais attraper, tandis que le phrogger novice Alec décide qu’il veut faire croire à la famille qu’ils deviennent fous. Il est démontré que chaque événement mystérieux du film a été causé par Alec, y compris l’argenterie manquante.

La réhabilitation d’Alec

La fin du film permet de confirmer les doutes sur la vie secret du père, qui va créer une mise en scène pour faire croire qu’Alec est le tueur en série. Greg assomme Alec, puis se poignarde pour faire croire qu’il a été attaqué. Alec réapparaît tenant le pistolet de Greg et lui dit qu’il sait qu’il est le kidnappeur. Greg reconnaît Alec et tente de s’expliquer, mais Alec indique clairement qu’il ne s’en soucie pas et tire et tue Greg. Le partenaire de Greg, Spitzky, arrive et voit Alec tenir le pistolet et tire sur Alec. Mais quand Alec dit: « Officier Spitzky? » il le reconnaît.

Des flashbacks sont montrés d’un jeune Alec et d’un ami rencontrant Greg, qui tend à Alec un couteau de poche vert, alors qu’Alec actuel – évidemment une ancienne victime de Greg – est transporté dans une ambulance. Ce flash back permet de créer une connexion logique entre le passé et le présent, mais donne à Alec une raison légitime à son agissement et sa haine envers Greg.

Notre avis

Ce film joue sur les présomptions des spectateurs, en cherchant sans cesse à jouer sur leurs émotions. C’est un exercice de style très réussit, qui déplaira à ceux voulant voir un film d’horreur pur et dur.

Il n’y aucune part d’étrange ni de paranormal dans ce film, tout s’explique et tout nous est expliqué progressivement. Nous sommes un thriller qui n’a rien d’audacieux et qui est classé stupidement dans la catégorie film d’horreur et joue sur les codes dans sa communication.

L’atmosphère est inconfortable ici pour d’autres raisons que le paranormal! Il y a un drame collectif et au sein du foyer des Harper, la femme Jackie Harper ( Helen Hunt ) sombre peu à peu dans la dépression et son mari reste froid. Face à cela, nous avons un adolescent du nom de Connor (Judah Lewis) qui vit  dans la transgression et se referme peu à peu sur lui-même.

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Il y a un premier élément qui vient surprendre le spectateur, c’est l’enquête, tout semble montrer que le présumé coupable qui est en prison n’est pas le réel coupable! En effet, Greg et ses collègues (Gregory Alan Williams et Erika Alexander) enquêtent sur de nouveaux enlèvements de jeunes.

Si toutes ces histoires et chaînes narratives  semblent ne pas être liées, nous découvrons progressivement que tous les éléments mis à bout le sont finalement. Ce film nous démontre clé en mains que rien n’est jamais dû au hasard et que tout à un sens logique.

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