Le Joker, l’homme qui dérange


A l’occasion de la sortie de la série Batman Damned, l’éditeur nous explique l’optique de cette nouvelle histoire, elle cherche à laisser une marque après sa lecture, c’est pour cela que Batman damned est si violent, on a retiré les gadgets du personnage pour le mener dans un retranchement plus sombre.
Le personnage de Batman est l’opposition du joker et tous les deux sont aussi complexes l’un comme l’autre.

C’est dans une master class très conviviale et sur un ton détendu, dans une salle pleine de la Comic Con Paris 2019, que l’éditeur français Urban Comics nous livrait des anecdotes sur le personnage du Joker. En présence Brian Azzarello et Lee Bermejo tout deux venus présenter leur travail sur le personnage.

Joker

«Le joker est bipolaire! Il est sans cesse dans l’excès de joie et de violence.» nous explique l’éditrice qui s’est occupée de produire l’un des livres le plus fournis sur le personnage déjanté de Gotham.
Il est issu d’un noyau culturel très riche, sa folie est profonde. Ce personnage s’inspire de beaucoup de choses que ce soit l’Homme qui rit ou encore de personnages de la pop culture de l’époque des créateurs. Honnêtement il y a encore un débat et un mystère sur l’origine du processus de création du personnage.

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L’Homme qui rit (1928), adaptation du roman philosophique de Victor Hugo

Pour créer le joker, il y a un besoin d’être un peu fou, il faut déjà apprendre à se lâcher et ne plus se prendre au sérieux. Le public aime ce personnage car il reflète les pulsions noires de la société mais aussi nos désirs les plus profonds. Il est comme beaucoup de personnages emblématiques comme Dracula, ou les vampires au sens large. Il permet de révéler les pulsions les plus sombres de l’être humain. Et bien souvent cette dimension peut-être ambivalente à la fois séduisante et révulsante. Le Joker est le résultat d’une société malade, il ne fait que produire l’impensable en étant dans l’excès absolu.

Plusieurs visages pour une même noirceur.

Les différentes interprétations du Joker sont quasi toutes identiques lorsque l’on retire l’emballage, nous nous rendons rapidement compte que si  la forme change, le fond reste identique. Il y a un homme mystérieux qui va s’imposer comme leader d’une cause révolutionnaire, tandis que Batman ne veut pas être pris en leader. Au contraire il veut seulement être vu en tant que symbol de Justice et imposer la peur aux oppresseurs. Le Joker lui est coloré et diffuse la violence et le chaos de manière déstructurée et sans but. Batman lui agit comme quelqu’un soumis à des pulsions névrotiques, ce qui fait que son chaos est  beaucoup plus structuré, il est souvent dans une posture de réflexion.

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Peut-on offrir la réalité au cinéma?

Si le Joker actuellement au cinéma pose problème pour beaucoup de spectateurs, c’est qu’ils n’arrivent pas à comprendre l’intérêt d’un film qui se veut le reflet de la société.

Peut-on parler de cinéma  sans parler de la société ?La société produit l’homme, l’homme produit la société, la société influence l’homme, l’homme influence la société le cinéma est le produit de l’esprit, un produit de l’homme qui va à travers le cinéma parler de la société, de ses désirs et de ses libertés…
Penser créer un cinéma indépendant de toute forme d’influence de la société reviendrait à dire que le cinéma n’est pas le reflet de la pensée de l’homme.
Beaucoup de personnes ont dit que le Joker était un fiasco cinématographiquement parlant. Le film est une réussite économique mais un fiasco scénaristiquement dans l’écriture, l’argument principal qu’avancent ces personnes est l’absence de nouveauté et que ce film n’apporte aucune réponse ou solution à nos préoccupations sur la crise sociale.

Si ce film avait réellement donné des réponses, comment pourrait-il déboucher sur la naissance d’un Batman? Puisque l’histoire est censée se dérouler avant la naissance du héros de Gotham. Si nous voulons garder un semblant de cohérence nous ne pouvons pas offrir une solution, car Batman vit dans un monde apocalyptique et il devient le Batman en réaction à ce monde pourri. En conséquence penser ou songer adoucir les angles de ce film ne peut pas être envisageable dans l’optique d’un univers qui donnerait naissance à ce héros noir.
En conclusion le Joker est simplement le reflet de notre société, et le côté gênant de ce film c’est qu’il ne peux pas nous apporter de solution tout simplement parce qu’il n’y a pas de solution. La seule solution qui existe c’est la naissance du super-héros qui va venir contrer le mal et le vice mais cette réponse n’est pas une solution en soi car Bruce Wayne est quelqu’un de névrosé, il n’agit qu’en réaction à un monde malade et un besoin de vengeance. Comme le disait si bien Damien Saez dans les années 2000, en référence à Dostoïevski «Je voulais ne vous offrir que le crime, mais on ne le sépare jamais de son châtiment». Batman ne peut être séparé du Joker.

Une réflexion sur “Le Joker, l’homme qui dérange

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.

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