Le Brady associe films contemporains et classiques, avec des projections 2K et 4K et un cycle Jacques Tati en six films restaurés en 4K.
À l’heure où une partie du cinéma de patrimoine se découvre sur les plateformes, la salle conserve une fonction particulière : remettre les œuvres dans un dispositif collectif pensé pour leur projection. Le Brady s’inscrit actuellement dans cette articulation entre circulation des films, conservation du répertoire et expérience en salle. Sa programmation permet ainsi de confronter des productions récentes à des œuvres dont la présence sur grand écran dépend aussi du travail de restauration et de leur remise en circulation. Une logique particulièrement visible avec Jacques Tati, dont le cinéma repose précisément sur l’espace, le cadre, le mouvement et une construction sonore qui gagnent à retrouver les dimensions d’une salle.
Dans cette logique, Le Brady conserve aussi l’esprit d’un cinéma d’art et essai où la séance peut devenir un rendez-vous, presque dans la tradition du ciné-club. La location de ses salles prolonge cette vocation : associations, professionnels ou groupes peuvent y organiser projections, rencontres et événements, en retrouvant un lieu conçu d’abord autour du film et de son public.

Jacques Tati retrouve le grand écran avec six restaurations 4K
Cette infrastructure accompagne une programmation où les œuvres contemporaines côtoient le cinéma classique. Le cycle « TATI au cinéma ! » rassemble un cycle de six films restaurés en 4K. Jour de fête, sorti le 4 mai 1949, suit des forains installés dans un village tranquille et un facteur qui, après avoir découvert dans un cinéma ambulant un documentaire consacré à ses homologues américains, entreprend une tournée « à l’américaine ». Avec Les Vacances de Monsieur Hulot, sorti le 25 février 1953, Jacques Tati déplace son observation vers une station balnéaire dont Monsieur Hulot vient perturber les habitudes estivales.
Mon oncle confronte ensuite deux espaces sociaux. Gérard apprécie les escapades avec Monsieur Hulot et son quartier populaire, tandis que ses parents, Monsieur et Madame Arpel, vivent dans une villa moderne où son père cherche précisément à éloigner l’enfant de cet oncle bohème, notamment en tentant de lui trouver un emploi dans son usine de plastique. Playtime, sorti le 16 décembre 1967, change encore d’échelle : des touristes américaines arrivant à Orly découvrent une architecture standardisée qui rend Paris étrangement semblable aux autres capitales parcourues durant leur voyage.
Dans Trafic, Monsieur Hulot devient le dessinateur d’un camping-car expérimental qu’il doit accompagner jusqu’au salon automobile d’Amsterdam. Pannes, problèmes mécaniques, douane et accident transforment le déplacement à travers la France et la Belgique en parcours d’obstacles. Enfin, Parade, sorti le 18 décembre 1974, construit une fête collective mêlant spectateurs, artistes, clowns et enfants. Jacques Tati y occupe la fonction de Monsieur Loyal, tandis que la frontière entre le public et la représentation devient progressivement plus poreuse.
Trois salles, avec la 4K laser dans la plus grande
Le Brady s’organise autour de trois salles aux dimensions assez différentes. La première, avec ses 99 places, accueille les projections dans le plus grand espace du cinéma et bénéficie d’une installation 4K laser. Les deux autres privilégient une jauge beaucoup plus intime, avec 39 places chacune, auxquelles s’ajoute une place PMR dans la salle 3. Cette dernière fonctionne également avec une source laser, mais en 2K, tandis que la salle 2 conserve une projection 2K au xénon.
Cette diversité permet surtout au cinéma d’adapter ses séances aux copies dont il dispose. Un film proposé en 4K pourra profiter de l’équipement de la salle 1 lorsque la programmation s’y prête, sans faire de cette définition une règle artificiellement appliquée à l’ensemble du catalogue. Les salles 2 et 3 conservent de leur côté une projection 2K, avec des écrans et des technologies différentes. Une organisation assez cohérente pour un établissement qui fait circuler aussi bien des films contemporains que des classiques restaurés.
Le son reste en revanche homogène : les trois salles proposent une diffusion 7.1 et disposent du même processeur Dolby. Le Brady intègre également des solutions d’accessibilité HI, VI et OCAP utilisables depuis une application sur smartphone. À l’image, les équipements changent donc d’une salle à l’autre ; à l’écoute, le cinéma conserve une base commune.
Le Brady peut aussi accueillir présentations et événements
Les trois salles peuvent sortir du cadre d’une séance traditionnelle. Une connexion HDMI installée au niveau de la scène ou de l’écran permet d’envoyer directement une présentation ou le signal d’une console de jeux vers le projecteur numérique. Le dispositif peut notamment trouver son intérêt lors d’une rencontre, d’une présentation professionnelle, d’une avant-première ou d’un événement privé. En revanche, aucune connexion par câble réseau n’est prévue.
Le Brady propose également une billetterie dans le cadre de ses locations simples. Pour 30 € HT supplémentaires, quelle que soit la salle retenue, les billets peuvent être vendus sur place et en ligne. La salle 1 dispose d’une possibilité supplémentaire pour les rencontres avec le public : quatre micros HF peuvent être loués pour 20 € HT. Cette option n’est pas proposée dans les salles 2 et 3.
Le choix de la salle peut ainsi se faire moins sur une accumulation de critères techniques que sur la nature de l’événement. La salle 1 convient davantage à une rencontre réunissant plusieurs intervenants et un public plus nombreux. Les deux espaces de 39 places répondent à des formats plus resserrés, tout en conservant le 7.1 et la possibilité d’utiliser une source HDMI. Le cinéma peut ainsi passer de la projection classique à des usages ponctuels sans modifier profondément la fonction première de ses salles.
La 4K laser n’a évidemment pas vocation à devenir la norme de chaque séance, son utilisation dépendant des copies disponibles et des formats proposés par les distributeurs. Le catalogue du Brady permet surtout de faire revenir sur grand écran des œuvres aussi différentes que In the Mood for Love, Coco, Le Seigneur des anneaux, Les Tontons flingueurs, Interstellar, 2001 : L’Odyssée de l’espace ou Le Tombeau des lucioles. Une programmation où patrimoine et cinéma plus récent peuvent ainsi bénéficier des conditions de projection correspondant réellement à leurs copies.
Fiche technique des trois salles
Salle 1
Capacité : 99 places
Écran : 5,10 m × 2,10 m
Projection : 4K laser
Projecteur : Christie CP4415
Serveur : Dolby IMS3000
Son : Dolby 7.1, processeur Dolby CP950
Accessibilité : HI, VI et OCAP via application sur smartphone
HDMI scène/écran : oui
Câble réseau : non
Billetterie en location simple : 30 € HT
4 micros HF : 20 € HT
Salle 2
Capacité : 39 places
Écran : 3,3 m × 1,5 m
Projection : 2K xénon
Projecteur : Christie CP2210
Serveur : Doremi DCP2000
Son : Dolby 7.1, processeur Dolby CP950
Accessibilité : HI, VI et OCAP via application sur smartphone
HDMI scène/écran : oui
Câble réseau : non
Billetterie en location simple : 30 € HT
4 micros HF : non disponibles
Salle 3
Capacité : 39 places + 1 place PMR
Écran : 4,3 m × 1,8 m
Projection : 2K laser
Projecteur : Christie CP2406
Serveur : Christie IMB
Son : Dolby 7.1, processeur Dolby CP950
Accessibilité : HI, VI et OCAP via application sur smartphone
HDMI scène/écran : oui
Câble réseau : non
Billetterie en location simple : 30 € HT
4 micros HF : non disponibles
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