Michael CIMINOUN Mirage Américain de Jean-Baptiste THORET, un film pour les amoureux d’Hollywood


« Faire du cinéma, c’est inventer une nostalgie pour un passé qui n’a jamais existé » déclara Michael Cimino. Ce cinéaste qui s’emparait des blessures d’une Amérique a tenté durant des années de filmer le vrai, mais les gens n’aiment pas le vrai, ils ne veulent pas entendre la vérité, car ils préfèrent un joli mensonge.

Ces quelques mots montrent la force du cinéma de ce réalisateur à contre-courant de son époque.

Il se heurtait à la conception du cinéma de ses contemporains. Pour lui, le cinéma se devait de raconter la vérité au plus proche. Il voulait prendre un instant, un moment de l’Histoire et montrer au mieux la douleur d’un peuple dans une Amérique sur plusieurs niveaux. Suite à cela, on l’a accusé de créer de l’irréel, pourtant les habitants des villes où il s’installa pour tourner étaient authentiques. Et c’est d’ailleurs ici que réside la puissance de ce cinéma. Les gens pouvaient s’identifier à ces films, ils retrouvaient un quotidien qui a existé. Ce paradoxe entre l’Art et la vérité souligne à quel point il n’existe pas une seule vérité, mais plusieurs point de vue du réel.

Dans cette version étendue destinée à la distribution en salle, nous retrouvons un peuple américain, des habitants de la communauté de Mingo Junction, Ohio, le lieu où fut tourné « Voyage au bout de l’enfer ».

Dans la version diffusée en salle, nous rencontrons réellement les habitants de cette petite ville sidérurgique. Cette version possède un aspect moins anthologique, mais plus analyste ; on décortique le rêve américain, la nostalgie d’une époque. Une ville prise entre deux mondes : celui des années 70 et celui des villes qui se vident peu à peu.

Le rêve américain a eu lieu, mais seule la nostalgie d’une époque subsiste.
Les habitants se souviennent du tournage du film culte du réalisateur. Le temps d’un moment cette ville s’est métamorphosée et elle est entrée à jamais dans la mémoire collective du cinéma.

Les gens en parlent encore, quand ils voient ce film, c’est pour les scènes de rue qui leur donnent l’impression de revivre cette époque.

Les habitants qui ont connu cette période restent accrochés à ce lieu en essayant d’être les témoins d’une époque, pour montrer qu’à une époque la vie était ici. C’est un devoir de militantisme, c’est essayer de garder en vie un viel ancêtre et essayer d’éviter qu’elle ne soit raser ou ne deviennent une ville fantôme, une attraction à touristes.

Dans cette ville, on y retrouve le reflet d’une Amérique idéale où l’on défendait des valeurs comme le travail, la famille et l’économie sidérurgie. C’est en quelque sorte un miroir sur le monde. La vie n’était pas simple et elle était au contraire très rude, mais les valeurs de l’époque étaient si forte qu’on pouvait rêver d’un idéal et on pouvait trouver un lieu pour y laisser pousser de vraies racines.

La seconde partie du film est consacrée à la vie du réalisateur. Ses débuts avec la Warner, ses envies de faire du cinéma. Cette seconde partie essaie de situer sa vision et son style au milieu de ses confrères du nouvel Hollywood. Pourtant, MICHAEL n’a jamais admiré ces réalisateurs-là, il ne se sentait pas en adéquation à leur vision. Sa manière de filmer et de construire ressemblaient beaucoup plus à celle de Visconti, où l’on traine avec les personnages et où l’on découvre le film, leur passé à travers leur action et des conflits.

MICHAEL CIMINO construit ses films à la façon d’une opérette sur l’Amérique des cowboys, des mineurs, des amérindiens qu’il respectait et admirait pour leur philosophie et valeurs : la vie est dans toutes choses, dans les animaux, dans la ville, dans la Nature. Et si finalement Los Angeles n’était que la transposition de la vision de la vie des amérindiens, pour qui la vie ne démarrait qu’après avoir fait l’expérience d’une vision. Pour eux, nos rêves ont autant d’importance que l’Éveil, c’est étrange, car Hollywood, Los Angeles sont des lieux où l’on construit des films, des rêveries sur la vie.

En salle 19 janvier 2022 • Durée 2h 11
Un film de Jean-Baptiste Thoret
Avec John SavageTommy FitzgeraldJames Toback
Distribution : Lost Films

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