The Chef, un film en temps réel


The Chef est un film qui nous plonge en temps réel dans le service d’un étoilé : une prouesse technique, un jeu d’acteur aux millimètres.

Ces dix dernières années ont démocratisé la Cuisine et la Gastronomie. Ce monde à part a longtemps été réservé à une élite et il n’était traité qu’à travers des médias de niche.
Par le hasard des choses ou par la force des réseaux sociaux, ces sujets ont peu à peu pris de l’ampleur et certains chefs sont devenus vraies célébrités. La cuisine est un sujet en vogue, un sujet qui passionne, comme on le constate à travers la hausse des programmes télévisés, des blogs, des sites-web qui lui sont dédiés. On peut citer la série phénomène Ici tout commence ou encore l’émission de tous les records Top Chef.

Dans The Chef, nous suivons en temps réel le service d’un gastronomique le soir du magic friday (le vendredi avant noël est considérée comme la soirée la plus fréquentée de l’année). Faire un film sur le quotidien d’une brigade n’a rien d’original, mais filmer cela entièrement en plan séquence relève d’une prouesse technique et demande un jeu d’acteur aux millimètres.

Un chef débordé

Le film démarre en trombes, avec un chef en retard, un chef débordé. Il arrive dans une salle sur le qui-vive terrifiée par un inspecteur de l’hygiène venant rappeler les normes HACCP*. À la suite de ce contrôle, l’établissement passe d’une note de 5 à 3.

On comprend assez rapidement qu’être Chef nécessite d’avoir des talents autres que la cuisine. Il faut de l’expertise en management d’équipe, gérer les relations publiques et aussi savoir jongler avec une vie de famille chaotique où il ne peut assister à la compétition de natation de son fils Nathan. À côté de cela, il y a la pression financière. Oui, Andy Jones est au bord du burn-out : il a la corde au cou à cause son emprunt réalisé auprès de son ancien patron. Un emprunt de 200K £, face à cela il est sous pression, car son équipe a de plus en plus de mal à composer avec une gérante non qualifiée. Il doit jouer l’équilibriste sans cesse et fait plus d’impaires que de réussite en cuisine.

The Chef permet de voir l’envers du décor, il souligne la pression quotidienne d’un Chef, qui doit être un entrepreneur et ne doit pas s’effondrer. Il y a cette question de Sara (Lourdes Faberes) critique gastronomique qui résonne tout au long du film « Comment faites-vous pour ne pas faire un burn-out ? ».
On se le demande, on souffre avec cet homme au bord du gouffre. Il va tenir bon ? Il va réussir à surmonter cette soirée noire ?

The Chef permet aussi de retrouver ces clients, ces différentes personnes que l’on peut rencontrer durant un service. Comme les clients de la table 7 qui sont insupportables, qui demandent une cuisson à point alors que certaines viandes se cuisinent légèrement saignantes.
Entre des serveuses envoyées en éclaireur, une gérante accros aux réseaux sociaux et une cuisine débordée, ce vendredi est plus que tendu.
Le fait de filmer entièrement en plan séquence permet de vivre en temps réel ce service. Il n’y a pas de coupure, il n’y a pas d’ellipse. On avance d’un poste à un autre, d’une pièce à une autre et on vit au rythme de la brigade.

The Chef montre aussi la pression de devoir sans cesse se plier à des exigences précises. Toujours donner raison aux clients, même lorsqu’il est dans une ineptie. Et pourtant, certaines exigences peuvent être vitales, comme celle de la table 13, de ce client qui souhaite demander la main de sa petite amie et a sans cesse souligné son allergie aux fruits à coques.
Dans le flux tendu, cette allergie n’a pas répertorié dans l’ordinateur. Malgré les demandes constantes de l’équipe de salle, certaines exigences ne peuvent être tenues. Nous sommes dans un vendredi à part, dans un restaurant gastronomique, nous sommes avec un Chef à bout de souffle.

*Hazard Analysis Critical Control Point : une méthode et méthodologie qui ont pour objectif de mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires pour prévenir les risques relatifs à la consommation de denrées alimentaires. Selon la définition en vigueur)

Sortie salles 19 janvier 2022
Drame | Durée : 1h34
De : Philip Barantini
Avec : Stephen Graham, Vinette Robinson, Jason Flemyng
Production : Ascendant Films – Burton Fox Films – White Hot Productions

Festivals : « Meilleur film » au Karlovy Vary International Film Festival / Dinard Festival du Film Britannique, section « To Be or Not to Be »

Chanson de fin Sam Fender – Poltergeists

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