Nomadland, qui sont ces nomades ?


Si vous n’avez jamais fait l’expérience de tout perdre, vous ne pourrez jamais comprendre le quotidien de ces nomades.

Ce film traite de l’Homme et de son rapport à la vie, mais également du fragile équilibre entre la société, le bonheur et le droit au respect. Oui, car ces marginaux en quête de reconstruction ne le font pas par choix, mais par nécessité. Ils cherchent à survivre : survivre au deuil, au crash économique ou à l’exclusion.

Un contraste entre société de consommation et l’immensité de la Nature

Le film souligne avec perfection le paradoxe de notre société consumériste, qui repose sur la doctrine où celui qui ne consomme plus au rythme des besoins imposés se retrouve exclus du groupe. Ce système permet à la société de fonctionner, pas uniquement sur un plan local, mais également sur un plan mondial. Les banques et les autorités politiques y participent et en parallèle à cela, il y a des gens qui essaient de vivre de manière plus simple, vivre dans l’essentialisme.

L’héroïne du film se bat pour sa survie, investit du temps et de l’argent dans son van. Ses proches ne comprennent pas ce choix : errer sans fin et ne pas chercher à s’attacher à un lieu. Personne n’arrive à comprendre son attitude : elle semble fuir sa vie passée et ne cherche pas pour autant à s’en créer une nouvelle. Les gens qui ont tout perdu expliquent souvent ne pas vouloir s’investir émotionnellement dans de nouveaux objets qui n’ont pas d’utilité réelle pour le quotidien. Tout d’abord cela prend de la place dans les cartons, dans les sacs, et cela coûte également de l’argent.

Ces nomades sont en réalité ces travailleurs saisonniers qui font tourner la petite économie américaine. Si ce film traite de l’économie, il montre également le quotidien de ces gens qui vont subir sans cesse une pression sociale de la part des autorités qui refusent de les voir s’installer dans les centres-villes ou en dehors d’espaces payants. Leur vie se résume à des choses simples, mais essentielles comme trouver des lieux où se garer, trouver des lieux gratuits, car les espaces publiques sont payants, que le stationnement sur les parkings sont interdits la nuit, peu à peu ces nomades doivent quitter la ville pour sortir en périphérique. Ce sont dans ces instants-là que le danger est omniscient : seul dans des déserts en autosuffisance.

Le chemin du deuil

En réalité, les proches Fern ne comprennent pas l’importance de roadtrip : elle a perdu son mari, elle a perdu sa maison, elle a perdu sa vie. Elle est en quête de reconstruction, elle a besoin de retrouver un équilibre lui permettant peu à peu de retrouver ce qu’elle a perdu : le sentiment d’être attachée à un lieu.

Ce qui est intéressant dans ce film, c’est l’analyse du deuil, le choix également de prendre des vrais nomades pour incarner les compagnons de routes de Fern (Frances McDormand) :Linda May, Swankie et Bob Wells incarnent les camarades et mentors de Fern et l’accompagnent dans sa découverte des vastes étendues de l’Ouest américain.

Ces compagnons vont peu à peu se livrer et expliquer leur histoire. Ils ont quitté leur vie bien rangée après un drame. La cause la plus commune est celle d’un décès d’un proche. Le papa noël des nomades a perdu son fils, il décide d’aider les autres pour donner un sens à sa vie.

Ne jamais oublier d’être humain

Très rapidement, on se rend compte de l’importance de ne jamais être seul, de se construire un réseau de confiance avec d’autres nomades. On saisit l’importance du partage. Garder en tête ces éléments permet de démarquer ces nomades des SDF, d’ailleurs l’héroïne s’offusque quand on la compare à une sans domicile fixe.

Ne pas oublier de rester humain, afin de conserver un lien avec le monde, le monde dans sa dimension vraie. Le film souligne cette importance avec des scènes de vie où l’on voit des employés d’Amazon manger ensemble. Ces scènes de vie permettent de donner des respirations au film, bien que les grands espaces naturels le permettent amplement, mais le social a cette force de rebooster le moral. La société du métro boulot dodo peut détruire l’Homme si on lui ôte sa capacité à échanger avec ses paires.

Ce film dépeint une longue errance, où le retour à la maison est possible. Pour cela, il faut apprendre à choisir quand et comment, mais aussi accepter de faire confiance en la vie. Être nomade est une lutte existentielle, une lutte perpétuelle pour survivre dans un espace hostile.

Photo Courtesy of Searchlight Pictures. © 2020 20th Century Studios All Rights Reserved

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