Adieu les cons


Depuis 9 MOIS FERMES, Dupontel ne nous avait pas sorti de nouveau film usant de cet humour noir très singulier. Il n’a pas peur de rire de la mort et des sujets sensibles pourtant si universels comme l’aberration de l’administration ou d’une société où l’élite sort d’école sans être compétents pour autant vont obtenir les honneurs sans avoir travailler sur un projet.

Qu’il soit réalisateur ou simple acteur comme dans l’excellent Deux jours à tuer (2008 réalisé par Jean Becker). Dupontel est un clown triste, un être qui saisit au vol l’irrationalité des choses et l’incohérence de l’existence. Il est surement l’un des derniers Révoltés, en référence à Desproges et tous ces humoristes du petit tribunal de la haine ordinaire.

Dans Adieu les cons il  signe un film simple, pleins de charmes et de tendresse. Un film sur la vie, l’amour et le devenir.

Peut-on rattraper l’une de nos plus grandes fautes malgré les années passées? Peut-on vivre dans ce monde de cons? Ces deux questions sont celles que se posent nos deux personnages, qui même si tout de la vie les sépares vont être réunis à jamais dans une mission suicide. Une mission au nom de l’Amour et de la vérité.

Je t’aime ce sont les mots les plus importants à dire dans une vie

Lorsque Suze Trappet apprend à 43 ans que ses jours sont comptés, décide de partir à la recherche de l’enfant qu’elle a été forcée d’abandonner quand elle avait 15 ans. Sa quête administrative va la mener à rencontrer JB, quinquagénaire en plein burn out, et M. Blin, archiviste aveugle d’un enthousiasme impressionnant. À eux trois, ils se lancent dans une quête aussi spectaculaire qu’improbable.

Virginie Efira n’a jamais été aussi belle à l’écran, elle a été sublimée par le génie du réalisateur qui pousse chacun de ses acteurs à bout. On ressent une vraie minutie dans la direction, où l’émotion vient vraiment de l’intérieur des acteurs. Les acteurs sont habités durant ces séquences par les personnages, ils deviennent les personnages. Le résultat est plus que réaliste, nous avons envie de suivre les péripéties de ce trio qui se dresse contre l’absurde. Ils ont encore beaucoup à vivre, mais ils ne le peuvent. Ils ont tous été trahi et abimés par la société capitaliste et le travail intensif. L’un a travaillé pour rien sur un programme d’intérêt général, l’autre a été mis au placard suite à une bavure policière et la dernière est condamnée à mourir à cause de produits toxiques qui ont provoqué une maladie auto-immune.

Le sujet de la mort a souvent rodé autour du comédien Dupontel, qui lui-même s’est confronté à Dieu dans un sketch légendaire, qui plus tard au cinéma va devoir vivre l’annonce d’une maladie incurable dans le film de Jean Becker. Quelque soit les personnages qu’il incarne, les films traitent souvent de la fatalité, de l’absurdité d’un système, où chacun accepte par résiliation, mais d’autres s’y refusent et ne peuvent accepter d’être complices d’un système malade. Ces révoltés, ces marginaux sont souvent les seuls à voir l’aberration du système où chacun accepte quelque chose qui n’a de sens, mais en se dressant contre la société ils deviennent des parias. Cette fois-ci l’auteur offre quelque chose de fort, l’amour permet de sauver les Hommes et nous avons la possibilité d’un rachat des pêchers et le droit à la réparation avant de mourir.

Depuis la projection au mois de Juillet, la rédaction n’a jamais été aussi touchée par un tel film. Nous avons du revoir 2 fois supplémentaires le film avant de pouvoir finaliser notre critique.

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