La Daronne, Isabelle Huppert crève l’écran


Même si l’adaptation du roman d’Hannelore Cayre a fait quelques impasses sur le passé de l’héroïne, elle ne perd pas pour autant la profondeur du propos. À mi-chemin entre la comédie et le polar, ce film s’ancre dans un Paris moderne, le Paris d’aujourd’hui.


L’adaptation de ce roman n’a pas été une chose simple, car plusieurs réalisateurs étaient dans la course et seul JEAN-PAUL SALOMÉ a su conserver ces deux tons, une chose que son autrice Hannelore Cayre a beaucoup apprécié. En effet, tous les cinéastes dans la course avaient tendance à surtout conserver la dimension polar-enquête, ce qui faisait perdre une grande partie du charme de cette histoire.

Ce mélange de tons offre à Isabelle Huppert un rôle à la hauteur de son talent. Elle sait jouer sur plusieurs registres et elle crève l’écran. Depuis Sauve-qui-peut (la vie), Isabelle n’avait jamais bousculé autant nos attentes. Ici, elle a une carrure frêle, mais ne recule pas face à des costauds qui n’ont peur de rien. Elle arrive à maîtriser l’espace, la psychologie et devient imposante. Quand elle apparaît à l’écran, on ne voit plus qu’elle, on ne peut regarder qu’elle. On saluera également sa performance pour son apprentissage phonétique de ses répliques en arabes.

Un récit clair, des personnages proches du réel

Ce qui nous touche dans ce film, ce sont ces différents personnages, comme Madame Fo, qui est une belle représentation des Chinois en France. Elle représente le choc des générations entre les parents arrivés il y a plusieurs années et leurs enfants qui ont grandi en France.
Il y a aussi le Paris cosmopolitain, le vrai Paris qui n’est pas toujours mis en scène ou en avant, celui des petites banlieues, celui de Barbès et celui des restaurants kebabs.

On y montre une jeunesse qui cherche des petits boulots, une jeunesse qui dit parler arabe, mais ne le parle que très peu, car face à une personne lettrée, elle peine à tenir une conversation. Les enfants des cités sont ici dépeints comme des survivants d’un système où la légalité ne permet pas de s’en sortir dignement, où le travail au black permet de survivre. L’héroïne représente très bien ce schisme entre le petit crime et le grand banditisme. L’héroïne ne peut s’en sortir avec ses petites missions pour la Police, elle se retrouve face à une occasion en or et ne peut pas faire marche arrière, sans quoi toute sa vie s’écroulerait à travers sa mère.

En salle le 9 septembre 2020, un film réalisé par  Jean-Paul Salomé Avec Isabelle HuppertHippolyte GirardotFarida Ouchani

Une réflexion sur “La Daronne, Isabelle Huppert crève l’écran

Tu es libre de ne pas commenter!

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.