Elvis has left the building / Amanda


MIKHAËL HERS prend le risque de nommer sobrement son dernier film « Amanda » en général lorsqu’on choisit d’intituler une oeuvre simplement par un prénom, on fait le pari sur l’avenir que cette oeuvre deviendra une référence, une icône pour un moment, un lieu, une sensation, une émotion. Chose réussite car ce film permet au cinéma français d’avoir un nouveau frisson. Depuis « Je vais bien ne t’en fais pas » il n’avait pas flirté autant avec le genre du drame en employant intelligemment des acteurs venus de la comédie.  Cette fois ce n’est pas Kad Merad qui prend l’air sérieux mais Vincent Lacoste qu’on a pu voir récemment dans Première année, un autre film sérieux. En espérant que ce jeune acteur montant touche à tout va bientôt être décoré d’un prix, après l’étudiant triplant obstiné, il nous fait découvrir une autre facette de son jeu d’acteur dans Amanda où il joue David un jeune garçon de 25 ans, frère Sandrine (Ophelia Kolb) et oncle de Amanda (Isaure Multrier) qui va peu à peu devoir prendre le rôle difficile de figure paternelle, quand sa soeur décède dans un attentat. Très inspiré des faits réels de l’attentat du Bataclan, ce film nous fait découvrir la chose la plus horrible le deuil, la perte d’un être cher et la difficulté de grandir quand nous ne sommes pas encore prêt à le faire.

 
Attention à partir de cette section il y a plusieurs spoilers
 
Ce film développe beaucoup de symboles, beaucoup de choses. On retient son souffle du début à la fin, on savoure les regards bleus d’Amanda, inquiète et en quête d’espoir. Elle comprend aisément du haut de ses 7 années que quelqu’un qui part est une chose difficile. Elle ne veut plus perdre personne, elle a peur. Elle s’accroche à son Oncle, à sa grande tante. Puis venu du passé une grand mère britannique. Il est intéressant de voir cette façon de jouer sur l’absence, durant 3/4 du film il y a un fantôme qui plane celui de la grand mère d’Amanda qui pourrait revenir si elle le désirerait, mais qui reste dans le silence, en parallèle il y a la mère d’Amanda qui est subitement partie. Si David est perdu, c’est qu’il comprend les besoins d’un enfant d’avoir une mère, il comprend beaucoup plus de choses qu’on n’ose le montrer à l’écran. Il refuse de laisser sa nièce dans un foyer car il sait ce qu’est l’absence d’un être existant et l’absence d’un être mort. Il a perdu son père et sa mère, l’une pourrait revenir, l’autre ne le pourra pas.  Etrangement David ne demande jamais rien, il accepte tout, il fait des petits boulots, il court à droite et à gauche. Il décide seulement deux choses « Amanda » et « Sa pianiste ». 
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Au-delà de l’absence il y a des codes, que seule une mère et une fille partagent. L’absence fait mal, c’est un poison que seul le temps peut guérir. 
Elvis has left the building se posant en tant que code secret entre la mère et sa fille, une phrase que seul un anglophone éclairé peut comprendre ou un initié. Ce jeune garçon ne comprend pas tout, car c’est comme le deuil, on chacun son Histoire, ses mots et ses instances solitaires. L’anglais c’est le monde de sa mère, de sa soeur, lui n’a jamais connu sa mère, il a un rejet de cette partie sombre de sa vie. L’accepter serait devenir grand, faire un choix non pas pour lui, mais pour quelqu’un d’autre. Il le fera, il ira en Angleterre pour que Amanda ne vive pas avec le poids d’une absence étrange. Il va mener Amanda là où il ne serait jamais aller par lui-même. Il va grandir, il va devenir meilleur.  
Le plus beau moment est quand l’envie de rire revient et que l’on reprend confiance en demain, en nos proches qui nous entourent. L’analogie a la partie de tennis où rien n’est joué avance est forte. N’ayez pas peur de vivre chaque instant jusqu’à ce que la vie reprenne tranquillement son cour. Vous n’êtes pas seuls, juste avec votre langage et vos maux. Il faut juste patienter et faire confiance à nouveau.

Mention particulière aux actrices et acteur de ce film

Si on remarque le jeu de Vincent Lacoste, on ne peut qu’être en admiration à celui d’Isaure Multrier qui transcende l’écran. Ses partenaires Ophelia Kolb et Stacy Martin crèvent l’écran durant le peu où elles apparaissent.5891226

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2 réflexions sur « Elvis has left the building / Amanda »

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