Un parcours atypique?

Les parcours atypiques semblent hors normes lorsqu’on les raconte. Pourtant, derrière les CV bien ordonnés, beaucoup de trajectoires professionnelles sont faites de détours et de ruptures.

Il existe une étrange norme sociale autour du parcours professionnel : il devrait pouvoir se raconter simplement, presque d’une seule traite. Une formation, un domaine, puis une carrière qui en découle logiquement. Dès qu’un itinéraire mêle plusieurs disciplines, des changements d’orientation ou des retours vers d’anciennes passions, il devient « atypique ». Pourtant, cette singularité est probablement moins rare qu’elle n’en a l’air. Beaucoup de personnes ont connu des bifurcations, repris des études, exercé un métier sans rapport direct avec leur diplôme ou développé parallèlement des compétences dans des univers très différents. Elles n’en parlent simplement pas toujours. Le CV, parce qu’il ordonne rétrospectivement une existence en quelques lignes, donne alors l’illusion d’une cohérence linéaire que les trajectoires réelles possèdent rarement.

«Souvent on me demande : « Tu as fait quoi comme cursus?» , puis je raconte mon parcours et les gens ont peur… Enfin je ne vois pas en quoi cela peut être effrayant, si ce n’est qu’un cheminement vers soi.» Témoignage de Julien Vachon, fondateur du média Direct-Actu.

«J’ai passé un bac L Art Audiovisuel avec comme option arts-plastiques, ensuite j’ai fait assistant caméra sur quelques tournages dont les films ont été diffusés sur France télévision et Arte. Au début, je faisais ça pour me faire de l’argent et surtout par ce que le cinéma est un univers qui me plaisait. C’est une expérience particulière de découvrir  le processus de création et de construction d’un film.

Puis j’ai arrêté, pour m’orienter vers la musique, essentiellement la promotion et la diffusion. J’ai travaillé à droite et à gauche, puis j’ai signé chez un label comme partenaire associé. Ce qui est assez enrichissant, et apprendre au contact de professionnels est la meilleure des formations qu’il puisse être. Le temps a passé, j’ai fait des études éloignées de la musique et du cinéma : Une licence de neurosciences… et un cursus d’Anthropologie de la parenté, puis une double licence Art du spectacle, puis la maitrise Histoire Art et société parcours Cinéma Audio-visuel..


Mon CV c’est assez étrange, un bac littéraire, un cursus scientifique comme pas permis, puis des expériences professionnelles uniquement accès sur l’art et la pub. À savoir que j’ai d’ailleurs travaillé énormément en tant qu’assistant plateau et cadreur…. Malgré tout, j’ai rempilé vers une licence Art du spectacle et une maîtrise dans le domaine.

Poussé par un manque indescriptible, je me suis remis à l’art via la photo de concert et de spectacle. J’ai alors commencé sur Roméo & Juliette, puis pour la presse et des médias spécialisés… tout en passant par Hair et différents spectacles. Et c’est là, que je me suis inscrit en UFR ART DU SPECTACLE où j’ai passé une double licence puis une maitrise avec un mémoire portant sur « Les représentations de la femme dans la société française de 1969 à 1985 ».


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5 réflexions sur “Un parcours atypique?

  1. Vive les parcours atypiques ;-) hyper délicat à expliquer en entretien d’embauche (j’ai un parcours atypique moi-même), mais j’espère pour toi que tu n’as plus besoin d’en passer par là pour trouver du travail …

    1. A vrai dire j’ai postulé des milliards de fois ailleurs que dans le milieu de la musique et du cinéma…. Jamais eu de réponse positive… Le seul job que j’ai fait c’est magasinier à bricomarcher pendant 2 mois (Juillet-Aout), puis la société a vendu le commerce… Du coup oui, quand je postule ailleurs pour un boulot, ils me demandent en entretien d’embauche pourquoi j’ai besoin d’un boulot alors que je suis sous contrat annuel avec deux productions… Je leur réponds « j’ai des besoins important en ce moment…  » (ce que je voudrai leur dire aussi, c’est pas par plaisir que je viens en plus ici). Puis ce n’est pas facile de trouver un job en partiel…

  2. Vive les parcours atypiques (c’est mon cas aussi) et tant pis pour tous les recruteurs aux esprits trop étroits, ils ne savent pas ce qu’ils perdent en terme d’expérience et d’ouverture d’esprit…

  3. Un témoignage touchant et qui à le mérite d’être déposé là sur la toile avec beaucoup de simplicité. Je crois qu’il y a peut-être plus de personnes aux parcours originaux, mais très peu l’assument par peur du regard des autres et de la société. Etre un omnivore de la pensée, c’est être un martien aux yeux des autres et parfois aux yeux des siens…

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