Un festival dédié au cinéma québécois à Biscarrosse du 10 au 14 novembre 2026

Un programme de qualité selon les annonces : 20 longs métrages, 12 courts métrages et 2 documentaires, entre découvertes, avant-premières et rencontres avec les cinéastes québécois.

Notre média défend depuis longtemps la francophonie, dont le Québec et la Belgique font pleinement partie. Cette proximité culturelle ne se limite pas à une langue commune, elle repose aussi sur des sensibilités, des imaginaires et des manières de raconter le monde qui méritent d’être découverts. Le Festival du cinéma québécois de Biscarrosse s’inscrit dans cette démarche, celle de faire circuler des œuvres et des regards parfois trop peu visibles en France. C’est donc un événement que nous suivons à distance, mais avec intérêt, tant le cinéma constitue un espace privilégié pour comprendre une société, ses contradictions et son rapport à sa propre identité.

Logo du Festival du Cinéma Québécois de Biscarrosse avec un motif de projet de film.

Une programmation entre cinéma contemporain, patrimoine et nouvelles écritures

La sélection, élaborée par Sylvain Garel, spécialiste du cinéma québécois en France et programmateur des longs métrages en compétition depuis la deuxième édition, associe différentes générations de cinéastes. Parmi les œuvres retenues, 10 longs métrages concourent pour le prix du jury. Le travail de programmation privilégie la qualité esthétique, l’audace et l’originalité des propositions, avec une attention particulière portée à la diversité des écritures cinématographiques. L’ambition est de donner accès à différentes formes de création, sans réduire le cinéma québécois à un genre ou à une seule représentation de son territoire.

La programmation fait notamment apparaître Gagne ton ciel de Mathieu Denis, Montréal, ma belle de Xiaodan He, Où vont les âmes de Brigitte Poupart, Chiennes de faïence de Marie-Hélène Panisset et Juste Xavier de Stéphane E. Roy. Des propositions qui traversent des questions d’identité, de rapports sociaux, d’émancipation féminine ou encore de relations familiales. Le cinéma devient ici un terrain d’observation des comportements humains, où l’intime peut rejoindre des problématiques collectives.

La compétition donnera lieu à quatre récompenses : le prix du jury du meilleur long métrage, le prix du public du meilleur long métrage, le prix du jury du meilleur court métrage et le Prix Jeunes du meilleur court métrage. Ce dernier, organisé avec l’Agence Livre, Cinéma et Audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine (ALCA), distingue une création portée par de jeunes cinéastes du Québec ou de Nouvelle-Aquitaine. Les films seront départagés par un jury de 15 à 25 ans, une manière d’associer une nouvelle génération de spectateurs à l’évaluation des écritures cinématographiques contemporaines.

Des cinéastes invités et plusieurs regards professionnels sur les œuvres

Le festival accueillera cinq réalisateurs de longs métrages et trois réalisateurs de courts métrages. Mathieu Denis, Xiaodan He, Brigitte Poupart, Marie-Hélène Panisset et Stéphane E. Roy viendront présenter leurs créations. Du côté du format court, Tim Bouvette, Paula Bourgie et Alexia Roc participeront également aux rencontres. Ces échanges permettent de confronter la réception d’un film aux intentions de mise en scène, à son écriture et aux choix esthétiques de son auteur. Une discussion qui peut parfois déplacer la perception initiale du spectateur.

Le jury des longs métrages réunira Guilaine Londez, actrice notamment vue dans Benedetta et Dix pour cent, Béatrice Fournera, scénariste de Workingirls et Parents mode d’emploi, Céline Groussard, présente dans Un p’tit truc en plus, ainsi que Cécile Bois, connue pour Candice Renoir et récompensée pour Signalements. Quatre parcours différents, entre cinéma, télévision, théâtre et écriture audiovisuelle, qui apporteront chacun une sensibilité particulière à l’appréciation des films.

Pour les courts métrages, le festival s’appuie sur des professionnels de Nouvelle-Aquitaine, avec le concours du Bureau d’Accueil des Tournages des Landes. Éric Duchene, régisseur général, et Cédric Clause, cascadeur, figurent parmi les membres annoncés, tandis qu’une troisième participation reste à confirmer. Plusieurs autres artistes accompagneront cette édition, notamment Charles Papasoff, compositeur et saxophoniste, Sonia Quirion et Megan Saunders. Leurs expériences rappellent combien la création audiovisuelle repose sur une diversité de métiers, bien au-delà de la seule réalisation.

L’éducation à l’image et la culture québécoise au cœur du festival

La transmission occupe une place importante dans l’organisation. Le festival développe des séances scolaires adaptées aux élèves du primaire jusqu’au lycée. Les plus jeunes découvrent notamment le cinéma d’animation, tandis que les collégiens et lycéens peuvent assister à des projections de documentaires ou de longs métrages en lien avec leurs programmes. Grâce au cinéma itinérant du Renoir, certaines séances sont également organisées directement dans les communes lorsque les établissements ne peuvent pas rejoindre Biscarrosse. Une démarche concrète d’éducation à l’image, qui permet de travailler sur les représentations culturelles et la lecture des récits audiovisuels.

La manifestation propose aussi des animations gratuites ouvertes à tous. Une table ronde animée par Sylvain Garel réunira plusieurs invités autour du cinéma, tandis qu’un « dépanneur », nom donné au Québec à une petite épicerie, permettra de découvrir des produits québécois et de partager un moment convivial. Une exposition photographique de François Daguisé, intitulée Tailler la route, un hiver au Québec, sera présentée du 10 au 14 novembre à la Galerie de l’Orme, à Biscarrosse, avec entrée libre.

Porté par l’association Amitié France-Québec, créée en 2016, le festival a accueilli environ 3 000 spectateurs en 2025. Son organisation repose sur une trentaine de bénévoles, autour de Séverine Crampette, désormais déléguée générale, d’Étienne Marche, président et trésorier, et de Nga Sibi, secrétaire. Le soutien des collectivités, des partenaires culturels et des acteurs économiques accompagne cette volonté de pérenniser l’événement tout en conservant sa dimension associative.

La cérémonie de clôture du 14 novembre permettra de découvrir le palmarès de cette édition. Pour les cinéastes récompensés, cette distinction pourrait constituer une nouvelle étape dans leur parcours, notamment auprès des professionnels et des programmateurs français. Encore faudra-t-il que ces films trouvent des occasions d’être projetés après le festival.

Affiche du 11e Festival du Cinéma Québécois de Biscarrosse, avec un ciel bleu et des arbres colorés.


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