Le choix – il n’y a jamais de bonnes décisions

Le film explore les thèmes de la paternité, de la responsabilité et de la quête d’identité à travers une performance d’acteur remarquable et une mise en scène intimiste. Un film qui révèle la puissance du jeu et de la voix. On pense beaucoup à The Guilty de Gustav Möller, qui reprend le même dispositif filmique du téléphone.

Une performance d’acteur saisissante

Au cœur de ce film se trouve une interprétation puissante et nuancée du protagoniste principal. L’acteur parvient à captiver le spectateur en incarnant un personnage en pleine crise existentielle, tiraillé entre ses désirs personnels et ses responsabilités naissantes.

Sa performance est d’autant plus impressionnante qu’elle se déroule presque entièrement dans l’espace confiné d’une voiture, au cours d’une seule nuit.

Le casting voix du film est vertigineux : Emmanuelle Devos, Pascale Arbillot, Micha Lescot, Grégory Gardebois. En écoutant le film, on a pensé que c’était Ophélia Kolb qui campait le rôle de l’épouse… Tant le jeu était très similaire.

Le choix © 2024 CURIOSA FILMS – UGC IMAGES

Un huis clos nocturne et introspectif

Le réalisateur fait le choix audacieux de situer l’essentiel de l’action dans l’habitacle d’une voiture, transformant ce véhicule en véritable théâtre des émotions. Cette unité de lieu et de temps crée une atmosphère claustrophobique qui reflète parfaitement le tumulte intérieur du personnage principal. La nuit qui enveloppe la scène ajoute une dimension symbolique, évoquant l’obscurité des doutes qui assaillent le protagoniste. Une traversée sans fin, une nuit en enfer. On voit cet homme à bout, se battant contre-la-montre pour arriver le plus vite possible à l’hôpital.

Le choix : devenir l’homme qu’on veut être

Au cœur du film se trouve la notion de choix, celui de prendre ses responsabilités et de devenir l’homme que l’on souhaite être, plutôt que celui que la société ou l’entourage attend. Le protagoniste se trouve confronté à la perspective de devenir père, un événement qui le pousse à réévaluer sa vie et ses priorités.

Cette situation le place face à un dilemme : fuir ses responsabilités ou les embrasser pleinement, quitte à bouleverser son existence. Il est déjà père et mari, mais il y a cet écart d’un soir qui a des conséquences. La répercussion est d’être au pied du mur : fuir ou prendre à bras-le-corps les choses.

Le choix © 2024 CURIOSA FILMS – UGC IMAGES

Un parcours de réparation et de construction

Le Choix explore également la notion du fantasme de réparation à travers la paternité. Le personnage principal voit dans cette nouvelle responsabilité une opportunité de se prouver qu’il vaut mieux que son père et perdurer cette réparation des blessures de son passé.

Ce souhait de ne pas reproduire ce qu’il a subi illustre comment les choix que nous faisons peuvent non seulement façonner notre avenir, mais aussi nous aider à surmonter les traumatismes du passé. Du moins en surface, car ici le spectateur reste perplexe en voyant cette déconstruction de son quotidien. Qu’est-ce qui est juste ? Où se situe la morale ? Prendre le risque de détruire sa famille ou bien être présent pour cet enfant qui va naitre ?

Un film puissant, qui à travers une performance d’acteur remarquable et une mise en scène intimiste, explore les thèmes universels de la responsabilité, de l’identité et de la paternité. Il nous rappelle que nos choix, aussi difficiles soient-ils, sont ce qui nous définit en tant qu’êtres humains.

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Note : 4 sur 5.

20 novembre 2024 en salle | 1h 16min | Drame
De Gilles Bourdos | 
Par Michel Spinosa
Avec Vincent Lindon, Emmanuelle Devos, Micha Lescot


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