Freaks out, une vraie héroïne sans faux-feminin.


L’un des points positifs de ce film est probablement la force de son casting et la qualité de créer et mettre en place une esthétique visuelle forte.
Chaque détail, chaque élément a une importance et permet de rentrer dans cette grande parade horrifique.

Le réalisateur Gabriele Mainetti qui avait déjà traité de la question des superpouvoirs dans ON L’APPELLE JEEG ROBOT (2016). Il nous revient aujourd’hui avec des personnages authentiques et vrais. Nous sommes dans un moment de l’Histoire Européenne durant la Seconde Guerre Mondiale avec la grande question « Et Si des Êtres Humains avaient des dons, comment cela se passerait-il ? »

Depuis le film Freaks de Tod Browning, nous mettons souvent au cinéma en avant la thèse que les vrais monstres sont ceux qui viennent regarder le spectacle, mais également ceux qui cachent derrière un visage d’ange cache une noirceur profonde.

Ici, il est tout autre. Nous sommes en temps de guerre et le Nazisme fait des ravages. Perdu dans ce combat qui n’est point le leur, un groupe de quatre laissés pour compte sont à la recherche de leur meneur de revue, Israël, capturé durant une rafle.

Voici comment le réalisateur met en place la cruauté humaine face à l’inexplicable de la Nature qui offre à certains êtres des capacités hors normes. Les monstres ne sont plus ceux qui sont en cage, mais les nazis et principalement l’un d’eux, Franz Rogowski. Ce dernier pour gagner sur sa difformité va se lancer à corps perdu dans l’idéal d’une armée d’être doté de dons surnaturels. Sa quête ressemble plus à un fantasme de réparation qu’à une volonté d’obtenir le pouvoir. Il en a déjà des miettes et veut être reconnu à sa juste valeur, comme un être hors norme, capable de grandes choses.

Le réalisateur aime les méchants avec une réelle profondeur, ici Franz mise à part sa folie des grandeurs, sa constante démesure. Il est capable d’aimer, du moins, il aime à sa façon. Il a vécu comme étant l’erreur de la famille, le rejeton que l’on va cacher au reste du monde.

Si on regarde de plus près la généalogie de ce mauvais garçon, la cruauté reste sa seule méthode pour survivre dans une famille où il a sans cesse été écrasé. C’est ici le côté pervers de la chose, on arrive à trouver une excuse à un méchant, ainsi répondant à l’éternelle question « Mais pourquoi est-il si méchant ?» lancée par une campagne de pub Orangina Rouge !

Une vraie héroïne

Le réalisateur arrive à faire émaner dans sa distribution artistique une force, une actrice qui porte le poids du récit. En effet, le sujet du film est de raconter le passage à l’âge adulte de Matilde (Aurora Giovinazzo, vue sur Amazon prime video dans Anni Da Cane). C’est une réussite et c’est même avec tendresse que l’on regarde cette héroïne apprendre à se dépasser de séquence en séquence.

Le réalisateur ne voulait pas créer un faux féminin, mais une vraie héroïne qui a du caractère, un peu comme ces femmes qui l’ont accompagné au cours de sa vie. « Nous n’étions pas intéressés par un « faux » féminin à la Wonder Woman, avec des femmes qui balancent des coups comme des forgerons. Nous voulions, au contraire, accompagner une enfant dans la découverte de sa propre force » explique-t-il en interview.

Matilde représente cette force unique que seules les femmes possèdent, cette force qu’on ne retrouve que dans des mères, des grandes sœurs et des compagnes.

Conclusion : Le film est une belle proposition artistique et scénaristique. Nous avons trouvé que l’idée tout comme l’univers proposé était prometteur. Cependant, il aurait été intéressant de fractionner le récit en 2-3 parties, ce qui aurait permis aux spectateurs de mieux apprécier chacun des personnages, leur passif… Car nous recevons beaucoup d’éléments à cause du rythme très soutenu. Après, cela fait partie du contexte historique de la Guerre dans lequel tout se fait dans une ambiance d’urgence.

Nous avons beaucoup pensé à X-Men pour, Freaks et Umbrella Academy ou encore Titans chez DC Comics. Et c’est probablement pour cela que nos attentes étaient un peu biaisées.

Le 30 Mars 2022 en salle.

Copyright Metropolitan FilmExport

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