Du Joker à The Batman


Depuis le standalone initié par le Joker de Todd Phillips, l’annonce d’un Batman réalisé par Matt Reeves a provoqué un flot de questions.

Si l’univers étendu de DC s’est passé à merveille sur le petit écran via l’arrowerse, la DCU au cinéma a souffert d’un conflit entre les créatifs et les directives des producteurs.
On veut faire du Marvel en copiant la méthode et l’appliqué aux héros de DC, cela n’a pas fonctionné et le finalcut de Snyder a permis de crever l’abcès. Cependant, ce cas d’école a souligné la particularité de l’univers DC et l’importance de savoir manier l’histoire et le récit dans une adaptation cinématographique.

Le Joker, un véritable carton !

Certes le Batman de Nolan avait lancé une nouvelle ère pour les justiciers de l’éditeur jaune, mais ça s’est gâté ensuite. Avec Man of steel et la volonté de sans cesse écourter le récit pensé à l’origine avec un vrai arc narratif sur plusieurs opus a mis à mal le projet d’un DCU solide.
Tenons à rappeler une chose, l’univers Nolan est tout comme celui du Joker ou de The Batman, coupé de la DCU. Même si à l’heure où l’on évoque cela, les producteurs utilisent le multivers pour contrer cela et introduire des héros venant de plusieurs univers.

Pourtant, il n’y a pas que des échecs, Wonder Woman, Man of steel, Aquaman ont réalisé des bons scores, c’est sur les films avec trop de super héros côte à côte que cela commence à coincer. Peut-être que les univers respectifs n’arrivaient pas à coller ensemble, mais comment faire de Superman le symbole de l’espoir, un guerrier sombre ? L’idée de montrer comment le monde aurait peur de Superman n’est pas si mauvaise en soi, car très réaliste. Malgré toutes les bonnes pistes, les standalones restent toutefois très intéressant, car les réalisateurs et auteurs peuvent se permettre plus de libertés sans pour autant craindre de casser un rythme. On explore de nouvelles facettes d’un personnage et on peut aller au bout d’une idée.

Un héros sombre et réaliste :
Le nouveau Batman prend le parti de revenir à sa dimension d’enquêteur. Terminés les gadgets sophistiqués, le justicier est plus humain, plus vrai. Certains critiqueront la carrure du Britannique, mais il est à l’image d’un jeune homme meurtri qui n’a pas encore trouvé sa voie. Il démarre comme un vengeur masqué assoiffé par le besoin de perdurer l’héritage familial en usant de la violence et de la peur qu’il suscite. On retrouve énormément cette crainte visible dans le générique de la série d’animation des années 90, les malfrats ont peur du symbole qu’évoque le Batman.

bat

Un héros éteint :
Au revoir le golden boy dans la vie de tous les jours. Le Bruce Wayne de Robert Pattinson se sent aussi éteint que sa famille et pense que cette noirceur et ce comportement d’évitement pourrait lui offrir la possibilité d’échapper à la peur de perdre un être cher. Il n’a pas peur de mourir puisqu’il se sent déjà mort, mais progressivement le besoin de quitter l’ombre pour sauver la veuve et l’orphelin devient son mantra.

Une longue nuit sans fin :
Sur un fond incessant de pluie et des bruitages de la grosse pomme qui rappellent les films noirs. Le réalisateur plonge le spectateur dans une longue nuit sans fin démarrant un 31 octobre et se terminant un 6 novembre.

La photographie est sombre et écrasante. L’architecture de la ville Gotham rappelle énormément celle d’Anton Furst imaginée pour les deux films de Tim Burton. On ne sait pas pourquoi, il y a également ce petit côté noir et romantique du film The Crow d’Alex Proyas, même si celui-ci était plus Punk et Rock que Grunge.

Last Days, spleen à la Gus Van Sant

Certes la longueur du film peut dérouter. Le réalisateur tente d’instaurer une forme de spleen cinématographique. Vous savez ce sentiment d’étouffement où vous essayez de vous accrocher à chaque détail pour trouver la résolution. Ce ressentiment étrange nous donne l’impression de voir un film d’auteur tel que l’avait fait Gus Van Sant dans Las Days. Étrangement cette référence peut faire sourire puisque ce film s’inspire des derniers jours de la vie de Kurt Cobain, qui fut l’une des grandes sources d’inspiration pour la construction du personnage incarné par Robert Pattinson.

Quelle est la chanson de ce film ? Le thème original composé par Michael Giacchino reprend le gimmick de Something in the way de Nirvana.

The Batman est sombre, violent et réaliste. Un film d’auteur qui se veut venir bousculer les codes des films de héros souvent hyper codés pour répondre aux critères de blockbuster.

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