Egō un essai fantastique grandiose


HANNA BERGHOLM nous livre un film de genre pour un public universel en alliant plusieurs lieux communs du fantastique et de la mythologie celte et nordique. Un film à la fois sublime par sa photographie et ingénieux pour sa construction.

La réalisatrice joue malicieusement avec les codes des genres du film d’horreur et du fantastique. Dès l’ouverture, le ton est donné par cette ombre qui plane. Ce qui est initié dès le début se confirme par ce corbeau qui se heurte contre la vitre, symbole d’un mauvais présage.

La figure de la mère

La mère vit dans une construction de la jolie famille et bonne épouse, mais va faire tomber son masque plusieurs fois. Elle a tendance à vouloir tout contrôler et quand quelque chose ne colle pas à sa volonté, elle va chercher à la détruire.

La scène la plus terrifiante est celle où elle va tuer sous le regard de sa fille l’oiseau. Pour elle cet intrus mérite la mort et ce passage permet de faire basculer dans l’étrange et l’horreur le spectateur. Nous ne sommes pas dans une jolie comédie familiale, mais bel et bien dans un film d’horreur.

Les références à l’imaginaire sont multiples comme le monstre dans le placard de Tinja ou encore sous le lit. Dans cette étrange maison, on commence peu à peu à se demander qui est le vrai monstre : est-ce la mère tyrannique ou cette créature mystérieuse ?

Le thème de la construction-création

Dans ce monde en vase clos où tout est réglé, se dégage la thématique omniprésente de la construction :
– le père construit des maquettes et compose des titres à la guitare.
– Le fils se fabrique des masques.
– la mère après avoir réglé son monde, publie des vidéos sur son blog de plus elle cherche également à construire une parfaite petite gymnaste.
– Tinja a son corps en pleine mutation, mais elle va construire plus ou moins la créature à son image.
– La créature elle-même va chercher à ressembler à sa mère de substitution. Elle va se métamorphoser au fur et à mesure.

Le thème de la descendance

Tinja doit manger et régurgite pour nourrir Alli (la créature). Par cet acte, elle va faire une transmission de son énergie pour peu à peu s’amaigrir. Cet acte de transmission démarre dès le début dans les larmes qui ont été absorbée par l’œuf que Tinja a recueilli.

Ce thème de la descendance va flirter avec le mythe du Vampire. Plus précisément dans cette célèbre citation « Le sang, c’est la vie », où la créature va avaler et boire le sang de Tinja, pour prendre en quelque sorte sa vie.

Le passage à l’âge adulte
Quand la mère tue l’oiseau, il y a un peu comme un déchirement du monde de l’héroïne. Même si elle vit avec une mère tyrannique, elle n’avait pas forcément conscience de sa noirceur. Avec cette perte de l’innocence s’additionne un sacrifice, celui du corbeau. Un peu comme un rituel en magie noir, une transaction avec les forces de la Nature. Le champ des interprétations est vaste, chacun peut y voir sa propre explication et y donner une analyse personnelle.

Le thème de l’alter ego est très présent dans ce film. Un peu comme dans certains grands classiques tels La Feline, sauf qu’ici, il y a un dédoublement. Les deux filles sont certes reliées, mais l’une comme l’autre désire quelque chose, la liberté et le droit d’exister aux yeux de leur mère. La jeune ado vit avec une mère malsaine, elle lui annonce des choses qu’une mère n’est pas censée dire à sa fille.

Le sujet du double maléfique rappelle la légende celte, plus irlandaise des Changeling. Dans le folklore irlandais, on disait que certaines fées prenaient l’apparence de quelqu’un et convoitait sa place. Les proches ne s’en rendaient pas forcément compte immédiatement et quand cela arrivait il était trop tard ! On peut vraiment faire un lien avec cette légende en analysant la réaction des différents protagonistes qui ne voient pas la différence entre les deux filles. Peut-être que la créature projette une réalité alternée ?

La créature devient progressivement humaine. Elle va d’abord vivre connectée aux émotions de sa mère adoptive et cherche l’amour et la reconnaissance.

LE 27 AVRIL EN BLU-RAY, DVD ET VOD

Photo Copyright The Jokers

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