Licorice Pizza, –un je t’aime moi non plus – qui fait du bien


Dans son nouveau film Paul Thomas Anderson reprend les tons et la colorimétrie des classiques du cinéma, un peu comme pour rendre hommage aux années 70. Une époque de transitions où les crises du pétrole de 1973 et 1979 ont secoué l’Amérique et le commerce.

Un peu comme dans chacun des films du réalisateur, il y a un rapport de l’Homme à l’Existence et son besoin d’atteindre un idéal ou une échappatoire. Dans BOOGIE NIGHTS, on avait le cinéma et le sexe à une époque d’insouciance ou tout semblait être permis, une libération des mœurs, une ivresse ou la course au plaisir ? Quelque soit l’excuse, nous retrouvons toujours cette course contre la montre, ce besoin de dépasser et de changer notre vie monotone.

Dans Licorice Pizza, l’humour essaie d’être intemporel et prendre son point de départ dans une autre époque. Ça marche ? Oui et non ! Nous sommes dans une esthétique classique, une bulle de savon où tout paraît rétro, old school. L’amour reste cependant le seul fil conducteur du film. Un amour impossible à cause d’une différence d’âge et des ambitions différentes qui séparent les deux protagonistes.

La musique est parfaite en nous plongeant dans du Rock 70′. Les acteurs jouent le jeu et c’est plaisant de voir une héroïne qui colle à l’image d’une adulescente non imparfaite. Elle vit encore chez ses parents, son métier d’assistante d’un photographe scolaire est précaire et sans avenir. Elle rêve de faire carrière ou de trouver une porte de sortie qui lui permettrait de gravir l’échelon social. Elle s’accroche à cette idée et se sert en quelque sorte de Gary cet enfant star sur le déclin. Gary a des ambitions, des rêves plein la tête, il veut faire fortune, mais brûle de désir pour Alana qui a dix ans de plus.

Alana est plus terre à terre dans ses rêves, elle veut bénéficier de l’ascenseur social, mais pour cela il faut que sa famille accepte ses petits amis, ils ont quasi l’obligation d’être juif pour perpétuer la tradition familiale. Elle est même prête à se satisfaire de Lance ( Skyler Gisondo) d’un acteur athée d’origine juive.

Si Gary avait dix ans de plus, ce jeu de « suis-moi fuis-moi » n’aurait pas lieu d’être. On se poserait cependant la question sur les vraies motivations d’Alana. Est-elle juste en quête d’un bon parti ou est-elle amoureuse ? Le fait qu’elle surréagisse à la moindre tentative de consolation de Gary prouve qu’elle a des sentiments qu’elle n’ose s’avouer.

Un je t’aime moi non plus où tout est bon, où tout est difficile. C’est ce que l’on pourrait appeler un malin-plaisir, où les deux protagonistes se cherchent et se repoussent. L’acmé est cette course à travers la ville, un lieu commun des comédies romantiques où les deux personnages comprennent leur sentiment et cessent de fuir. Une scène quasi obligatoire, mais le réalisateur arrive à la sublimer en faisant un montage alterné incrustant les différentes séquences du film où l’on a vu cette succession de « peut-être ». Même si cette séquence semble surfaite, elle fait du bien et nous rassure sur cette histoire de deux idiots qui se cherchent encore et encore.

Licorice Pizza, de Paul Thomas Anderson (Etats-Unis, 2021)
Avec Alana Haim, Cooper Hoffman, Sean Penn, Tom Waits, Sasha Spielberg…
Durée 2h13

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