La Nuée : un film étrange et déroutant


Le film nous plonge dans le quotidien d’une mère célibataire de deux enfants. Sa vie est celle d’une mère dévouée, qui se bat pour la survie de sa ferme et aussi apporter le maximum à sa famille.

Dans les pas d’Hitchcock

Il y a quelques presque soixante ans, Hitchcock traumatisait le public avec son film Les oiseaux, le dernier film de Just Philippot retrace la même mythologie, mais cette fois en utilisant les sauterelles.

Nous sommes dans une représentation très froide et très classique. Il est bien rare de voir des films de genre sur nos écrans, mais le résultat est excellent et le langage cinématographique est plus que parfait.

Habituellement le réalisateur était dans l’univers des zombies, mais cette fois-ci il sort de ce sujet pour s’attaquer à la peur liée à un animal ou un insecte. Là où dans ACIDE le réalisateur évoque le thème de la fin du monde, ici, il est dans une forme d’anticipation où il prévient que le marché des sauterelles n’est pas aussi simple, il est difficile et on risquerait d’aller vers une forme d’eugénisme malsain et pervers.

Un film social, mais pas que.

Même si Virginie voulait apporter le meilleur à son foyer, il ne faut pas oublier que l’Enfer est pavé de bonnes intentions. Peu à peu il y a ce glissement vers la noirceur et le Mal. Ce moment de non-retour où l’on ne peut plus faire marche arrière : dans Dracula, il correspond à la scène où l’on annonce qu’il ne faut pas aller au château la nuit venue, ici, c’est quand Virginie se blesse, et même bien avant quand son fils annonce que les sauterelles avaient mangé sa verrue.

Le réalisateur Just Philippot filme de manière précise l’évolution du mal, l’évolution de cette folie qui peu à peu va hanter Virginie. Il n’y a pas de vraie folie si ce n’est qu’une mère qui veut donner le confort à ses deux enfants.

Pourtant, il y a un prix à payer. Quand elle avait l’idée de tout vendre et repartir à zéro, cela aurait pu être la vraie solution, mais il y a toujours un mal invisible dans les films qui poussent les éléments à se produire. Il faut absolument que le mal se passe, un peu comme dans la tragédie grecque où tant que la catharsis n’a pas eu lieu, rien ne va.

Ce film explore la noirceur du désir de bien faire, le désir de toujours avoir plus, mais surtout le désir de survie. Vous seriez prêts à aller jusqu’où pour gagner suffisamment d’argent ? Et arriveriez-vous à décrocher ? Non, car cela fonctionne comme le casino, la dépendance, l’addiction au gain est toujours plus fort et nous sommes toujours les perdants.

Virginie (SULIANE BRAHIM) ne va pas franchir les limites sans avoir été contrainte. À ses côtés, il y a Karim (SOFIAN KHAMMES), un trentenaire d’origine magrébine qui se bat pour prouver que lui aussi il peut faire du vin.

Ce film permet également de découvrir l’actrice MARIE NARBONNE, qui crève l’écran et possède une belle complicité avec Suliane Brahim.

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