Djen Ka « Ils se mélangent » souvenir des années le Mouv’


Ils se mélangent est un titre efficace où le clip est au service de la Musique et la Musique au service de l’Image. Peut-être que les plus anciens d’entres vous se souviennent des années dorées du Mouv’ avec des groupes très rock comme Lunatic Age et leur album Peau Neuve. Un style fort présent entre 2000-2005, une période portée d’une vague rock avec des groupes aux paroles saignantes comme Luke et La Sentinelle Cox et Et Après, C’était l’époque de la Team Nowhere où plusieurs groupes comme AqME, Pleymo ou encore Enhancer ont remis au goût du jour les sonorités grunge et metal.

Visuellement on reconnait l’imagerie urbain-goth ou romantique-urbaine qui ont peuplé l’imaginaire d’artiste comme MC Solar, avec des vidéos sublimes comme Solar pleure. Dans Ils se mélangent, nous ne sommes pas dépaysés et la révolution du numérique a aidé pour beaucoup les exploits en post-production au niveau des effets spéciaux.

L’artiste lui-même nous raconte brièvement l’histoire et la symbolique de ce titre.

« Ils se mélangent » c’est un cri de résistance, une posture guerrière, en guise de barrière mentale et psychologique contre toutes les formes de manipulation et de soumission distillée par certains puissants, notamment à travers les média : « ils se mélangent imperceptibles au vide de nos existences. »
A mon sens, plus les gens passent du temps devant la télévision, les réseaux, plus ils sont à même d’être formatés (pub, émissions de divertissement, télé réalité, etc).
Nous avons donc souhaiter mettre ce titre en image en évoquant le positionnement de personnages qui vont plutôt dans le sens inverse.

Ainsi, dans le premier couplet, les danseurs principaux sont traversés par une force mystique, symbolisée par le faucon Pèlerin.
Animal totem pour les amérindiens, c’est aussi Horus dans la mythologie égyptienne (et quand on sait que Djen est une divinité égyptienne et que le Ka est l’ensemble des énergies qui traversent les êtres vivant pour l’Égypte antique, on comprend l’importance du choix de ce faucon en particulier).
On passe de personnages très propres sur eux, très « dans le moule », à des personnages qui, en une fraction de seconde, ont un déclic puissant. Ils laissent surgir leur part animale, sauvage et reprennent le contrôle de leur vie en lien avec leurs aspirations profondes …
L’aspect international de cette « révolte » est également mis en avant. En effet, chaque grande région du monde est représentée par la couleur de peau des danseurs : Amérique du sud, Europe et Amérique du nord, Afrique, Asie…

La danse de fin , devant le feu, fait encore référence aux amérindiens, aux chants et aux danses rituelles qu’ils exécutaient avant le départ à la guerre = « dessiner les corps et les haches qu’on déterre » (déterrer la hache de guerre), mais une guerre qui se veut plus spirituelle qu’une véritable prise d’armes : « en restant de marbre face à leur prison de verre, nous les vaincrons sans armures… »