Les Gardiennes


Attention cet article dévoile des éléments du film.

Soudain le silence, puis la voix brise le silence « c’est qui?/c’est constant » musique et scènes de pathos. La mort d’un soldat au front de 14-18.

1915. A la ferme du Paridier, les femmes ont pris la relève des hommes partis au front. Travaillant sans relâche, leur vie est rythmée entre le dur labeur et le retour des hommes en permission. Hortense, la doyenne, engage une jeune fille de l’assistance publique pour les seconder. Francine croit avoir enfin trouvé une famille…

 

Iris Bry n’a que 22 ans et Les Gardiennes est son tout premier film. Il y a un peu plus d’un an, elle prépare un diplôme de libraire quand une directrice de casting débarque à Folies d’encre, la librairie de Montreuil (sa ville) où Iris travaille, à la recherche d’une inconnue. Iris accepte de faire des essais.

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Si Nathalie Baye et Laura Smet sont les têtes d’affiche des Gardiennes, le dernier film de Xavier Beauvois (Des Hommes et des Dieux), c’est Iris Bry qui s’impose comme le personnage principal. Cette dernière, totalement inconnue, n’avait jamais mis les pieds sur un plateau de cinéma avant de décrocher le rôle de Francine d’une manière… insolite.

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Xavier Beauvois a commencé par faire des castings avec des inconnues et des débutantes, cherchant quelqu’un pour jouer une paysanne dans les années 10. « Je ne voulais pas d’une petite actrice maniérée avec un tatouage sur l’avant-bras », indique le cinéaste. C’est par le plus grand des hasards que la directrice du casting, Karen Hottois, rencontre Iris Bry à la sortie d’une librairie. Elle l’arrête et lui demande si elle serait d’accord pour passer des essais. « Cela s’est joué à quelques secondes : un peu plus tôt, un peu plus tard, la rencontre n’aurait jamais eu lieu, et Iris, ce miracle, n’aurait jamais fait de cinéma ! », confie Beauvois.

LA NOUVELLE ISABELLE HUPPERT ?

Le réalisateur Xavier Beauvois et la productrice Sylvie Pialat voient en Iris Bry la nouvelle Isabelle Huppert. « Ce qui est drôle, c’est que quand on a pris les cours de labour, herse, chevaux, etc., avec Nathalie Baye et Laura Smet, Nathalie nous dit : « Je ne peux pas déjeuner avec vous, j’ai un rendez-vous. Vous n’avez qu’à aller là, c’est très bon ». On l’écoute et là, boum, on tombe sur Huppert ! Iris a pu parler un moment avec elle. Dans la même journée, elle a rencontré Baye et Huppert ! « Je vis un rêve moi ! » (rires) », relate le cinéaste.

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Un film de Xavier Beauvois sorti en salle en décembre 2017. Racontant le quotidien des femmes et hommes agés vivants la guerre loin du front, dans une économie de guerre où les homme sont mobilisés et les femmes doivent travailler dur pour faire tourner la France pendant que la jeunesse masculine se meure.
L’ambiance minimaliste des plans du réalisateur plonge le spectateur dans une ambiance poussée et lourde. Les cadrages des architectures coupant chaque bâtis en deux peut être pour souligner ces familles déchirées en deux, ces gens qui vivent à 200 à l’heure sans vivre réellement, ces hommes qui reviennent de permission comme des fantômes, des morts vivants ayant perdus leur âmes au front. Tandis qu’une mère déambule dans le brouillard au milieu d’un champ, qui marche machinalement pour ne pas dire que la mort a volé le quotidien. « Nous essayons d’être aussi fortes que vous ».
Dans un cauchemar ce soldat français affrontant un boch déshumanisé par le port d’un masque à gaz finit par le tuer, en le démasquant il y découvre son propre visage, l’ennemi qu’on tente si bien de dénaturer pour l’affronter sans remord n’est finalement pas si différent de nous.

Constant est mort…

« Il faudra être forte demain » comme si demain serait meilleur alors que tout est déjà mort et terne. Il faut être fort et dans cette histoire il y a cette naissance, cette enfant qui nait et se trouve oublié, comme si la guerre ne voulait pas laisser vivre pleinement les êtres.  Comme si après l’architecture, ces hommes, des ombres, même l’enfance est ternie.

L’église devient un rempart illusoire où l’on annonce les morts puis clament en leur mémoire des messes qui n’apaisent plus rien si ce n’est comblé le malaise par des notes d’orgue … . « Il ne faut plus prier, les prières ne nous sauveront pas »
Et la quelques zooms et cadrages serrés sur des visages d’enfants aux regards éteints. Ils seront l’avenir de la France de 18.

 

Mention spéciale à l’incroyable actrice IRIS BRY

PHOTOS PLATEAUX Copyright Guy Ferrandis Laura Smet, Nathalie Baye Film Les Gardiennes / PHOTO BOOK IRIS AGENCE time-art.com

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