La Belle & la Bête: Gans un burtonien optimiste


Revisiter un conte populaire en y insufflant de la modernité, sans tomber dans les lieux communs. La Belle et la Bête est la réussite de l’année dans ce qu’on peut appeler le film de genre. Un ovni français réalisé par Christophe Gans, déjà repéré par son travail sur Le pacte des loups et Silent Hill. Le plus américain des réalisateurs français après Besson nous revient avec une nouvelle version d’une histoire d’amour impossible entre une belle et une bête.

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La Belle et la Bête est le conte populaire par excellence, il a bercé notre enfance à travers le film de Disney. La modernité de ce conte est de faire l’éloge d’une femme de caractère mais aussi sa portée critique envers le préjugé social « Ce qui est beau est bon ». Belle dans le film de Gans est d’ailleurs surprise par une bête qui se comporte comme un homme. Une bête qui n’est finalement qu’une caricature de la monstruosité. La scène marquante du film reste celle où elle découvre le côté animal, lorsqu’elle chasse et dévore sa proie. La modernité de cette femme est surement sa façon de s’opposer à sa famille, de préférer travailler plutôt que d’être dans le surjeu et l’art de paraitre. Ce simple contraste est surement responsable d’un certain avis négatif vis-à-vis du jeu des acteurs. En effet, les deux sœurs sont très maniérées en opposition à Léa Seydou qui reste dans la retenue. Durant tout le film elle pondère entre maniéré et subtilité. Il est d’ailleurs incroyable de voir le réalisme de jeu lorsqu’elle découvre le visage transformé du monstre. Certains regretteront amèrement le fait qu’on ne croit pas une seconde à « Je vous aime » pourtant il faut une certaine sincérité pour briser un sort. La magie est bien présente, mais celle de l’amour semble comme avoir le cul entre deux chaises : Ici, Belle semble trop punique pour se livrer en spectacle, on attend un semblant de laisser aller, qui ne viendra jamais, car Léa Seydoux est trop dans la maitrise et l’interprétation. Pour jouer les femmes fortes cela fonctionne sans peine, mais pour jouer une femme qui tombe amoureuse, on n’y croit pas une seconde. Pourtant si on poursuit l’idée du réalisme et de la modernité, ce jeu est en parfait adéquation. Imaginez-vous amoureux de quelqu’un et de découvrir que ce quelqu’un à un autre visage. Vous ne sauterez pas sur cette personne directement, vous aurez sans aucun doute, un peu de réticence. Dans cette scène, Léa réussit à transmettre cela à l’écran. Le jeu selon cet angle d’approche est donc juste et non mal adapté.

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Si le jeu est moderne, on remarque également de la modernité dans le développement de l’histoire. Le réalisateur ne cherche pas à faire un remake de Cocteau ou simplement une version live d’un film de Disney. Il cherche à donner sa vision personnelle de l’œuvre. On retrouve effectivement, l’idée générale comment une belle pourrait aimer une bête, mais également comment un homme peut devenir une bête. Si cette version se centre principalement sur cet élément, on remarque un travail poussé sur les décors et la photographie. A certains moments, les décors nous rappellent les dessins de Gustave Doré. Le plus troublant dans tout cela est cette fin. Le couple vivra non pas dans un beau château, mais à la campagne.

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Contrairement à d’autres films comme Sortilège ou encore la version de Australienne du film réalisée par David Lister, qui malgré une morale exemplaire, perdent de leur réalisme et sonnent faux ; on a une femme moderne qui est récompensée par de l’argent pour avoir aimé quelqu’un. Cette simple fin vient donc détruire l’aspect de modernité. Pour prendre en contre pied ces fins, réciproquement Christophe Gans garde sa ligne directive, on est dans la modernité et dans le réalisme. Cette femme ne sera pas récompenser par de l’argent mais vivra telle qu’elle le décide.

 

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3 réflexions sur « La Belle & la Bête: Gans un burtonien optimiste »

  1. J’ai vues ce film en classe l’histoire étais juste magnifique . J’ai trouvé que l’oeuvre à éte très bien reprise et tès original . Les scène accrochait vraiment le spectateur! Et j’ai lu se que vous disiez je ne peu pas trop vous dire vue je ne connais pas l’actrice que je n’ai vue que ce film. Mais en tous cas votre article est très bien!Appart un mot que je n’ai pas compris qui est : un remake de Cocteau

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