Festival Atmosphères 2026 : faire concourir les sciences et les arts dans une même perspective

Du 7 au 11 octobre 2026, le Festival Atmosphères revient à Courbevoie pour une 16e édition gratuite consacrée au cinéma, aux arts et aux sciences.

Face aux bouleversements écologiques et sociaux, la question n’est plus seulement de savoir ce que nous connaissons du monde, mais ce que nous sommes capables d’en comprendre collectivement. La science apporte des connaissances, des méthodes et des observations, tandis que les arts permettent d’explorer notre rapport sensible à ces réalités. Deux approches qui ne s’opposent pas, même si leurs langages et leurs moyens d’expression diffèrent. Car entre la compréhension d’un phénomène et notre capacité à modifier nos comportements, il existe parfois un écart considérable. C’est précisément dans cet espace que la culture peut intervenir, en donnant une forme aux interrogations scientifiques, sans se substituer à leur rigueur ni prétendre apporter une réponse à toutes nos contradictions.

Le cinéma pour interroger notre rapport au monde et au vivant

La programmation cinématographique de cette 16e édition explore plusieurs manières d’habiter le monde, de construire des relations et de regarder ce qui nous entoure. Avec Bug Boy de Lucas Paleocrassas et Sheep in the Box de Hirokazu Kore-eda, le festival propose notamment des récits qui interrogent notre rapport à l’altérité et aux transformations de nos sociétés. Une manière de rappeler que le cinéma peut rendre perceptibles des questions qui dépassent le cadre de la fiction.

Cette diversité se retrouve dans Gabin de Maxence Voiseux, Belleville Kitchen de Marine Gautier ou encore Congo Boy de Rafiki Fariala. À travers des trajectoires singulières, ces films permettent d’aborder des réalités sociales et culturelles sans les réduire à une démonstration. Nos âmes libres de Salomé Stévenin prolonge cette attention portée aux individus, à leurs choix et aux environnements dans lesquels ils évoluent.

La question écologique occupe également une place importante avec Amazonia, cœur de la Terre Mère de Gert-Peter Bruch et Paul Watson. À ses côtés, L’Affaire Marie-Claire de Lauriane Escaffre et Yvo Muller ouvre un autre champ de réflexion, celui des évolutions sociales et des combats qui traversent notre histoire collective. Quant à Wider Than the Sky de Valerio Jalongo, avec la participation d’Albert Moukheiber, il permet d’interroger les relations entre neurosciences, technologies et humanité. L’intérêt de cette sélection réside précisément dans la coexistence de ces regards, plutôt que dans la recherche d’un discours unique.

Des sciences humaines à l’écologie, apprendre à regarder autrement

Les rencontres scientifiques prolongent cette démarche en faisant dialoguer les connaissances avec les interrogations du quotidien. Le thème « Saveurs savantes » offre ainsi l’occasion d’examiner notre alimentation sous plusieurs angles, notamment avec Marc-André Selosse, Pierre Raffard et le chef Jean Covillault. Derrière les habitudes alimentaires se dessinent des enjeux biologiques, culturels, économiques et environnementaux. Ce que nous mangeons raconte aussi la manière dont nous organisons nos sociétés.

D’autres discussions abordent des sujets plus intimes, mais tout aussi collectifs. La rencontre « Avoir des enfants ? », réunissant notamment Bettina Zourli, Emmanuel Pont et Mayssem Mountajy, pose la question des choix de parentalité dans un contexte d’incertitudes. « L’effacement des femmes », associé à Trois femmes disparaissent, invite de son côté à réfléchir à la place accordée aux femmes dans les récits et les représentations. Ces échanges montrent que les sciences humaines ne sont pas étrangères aux préoccupations contemporaines, bien au contraire.

Les interventions d’Olivier Hamant et de Clara Delétraz ouvrent également une réflexion sur la robustesse, la biodiversité et les modèles économiques. Le comité scientifique réunit des personnalités issues de disciplines variées, parmi lesquelles Michel Spiro, Hélène Courtois, Heïdi Sevestre, Sabrina Krief, Pauline Zarrouk, Marie-Odile Monchicourt, Jean-Pierre Bibring, Anatole Khelif, Sandrine Laplace et Marc-André Selosse. Cette pluralité rappelle qu’aucune spécialité ne peut, à elle seule, épuiser les questions soulevées par les transformations du monde.

Homme portant des lunettes dans un sweat à capuche, regardant attentivement hors champ.

Avec Sébastien Folin comme président d’honneur et Angélique Kidjo et Christian Clot comme parrains, le festival fait aussi une place à des expériences artistiques et humaines, notamment Samedi soir sur la Terre et Deep Time II. Le dialogue entre disciplines devient alors une manière d’élargir notre compréhension des phénomènes, mais aussi de questionner les limites de nos propres certitudes.

Des expériences participatives pour transmettre autrement les connaissances

La transmission ne passe pas uniquement par les projections et les conférences. Le Festival Atmosphères multiplie les propositions permettant au public d’expérimenter, de manipuler et de découvrir autrement. L’exposition autour de la bande dessinée Paysans, le champ des possibles offre un autre accès aux questions agricoles, tandis que les ateliers consacrés au miel, au vin, aux textiles ou aux déchets invitent à observer les liens entre nos pratiques et leur environnement. L’escape game Électroville s’inscrit dans cette même volonté de rendre les enjeux accessibles par la participation.

Les propositions artistiques destinées aux familles et aux jeunes publics occupent également une place significative. Et si c’était vrai de Marie-Odile Monchicourt et Aéronef, expérience associant danse et musique pour les tout-petits, témoignent de cette attention portée aux différentes formes de découverte. Les parcours participatifs, notamment autour de la République des hyper voisins, montrent quant à eux que les questions de territoire et de vivre-ensemble peuvent devenir des sujets d’expérimentation collective.

Cette démarche se poursuit avec les séances scolaires, Ciné-Philou, le Parcours Nouveaux Récits et les concours de création. Les ateliers d’écriture et de pitch permettent d’aborder les enjeux environnementaux par la construction d’histoires, là où les parcours immersifs et les échanges autour de la responsabilité sociétale des entreprises interrogent d’autres manières de sensibiliser les publics. Il ne s’agit donc pas simplement d’accumuler des activités, mais de multiplier les portes d’entrée vers des connaissances parfois difficiles à appréhender.

Entre le village du festival, les salles de cinéma et les espaces de rencontres, Courbevoie devient pendant cinq jours un terrain de circulation des idées. La gratuité de l’événement constitue un élément essentiel de cette ambition : permettre à des publics différents de se rencontrer autour de sujets qui, trop souvent, restent confinés à des cercles spécialisés. Encore faut-il que la curiosité suscitée par une expérience puisse trouver un prolongement au-delà de sa découverte immédiate.

Comment les expériences proposées pourront se prolonger après les cinq jours du festival. Les concours de création, les actions pédagogiques et les initiatives territoriales offrent plusieurs pistes, à condition que les participants puissent s’en emparer durablement. La question de leur appropriation par les publics, notamment les plus jeunes, mérite une attention particulière.

Des sols aux saveurs, des expériences à partager

« Des sols aux saveurs », animé par Marc-André Selosse, et « Végétal & géopolitique », avec Pierre Raffard et le chef Jean Covillault, interrogent notre rapport à l’alimentation. Les ateliers « Saveurs savantes » explorent le miel et le vin, tandis que l’exposition PAYSANS, le champ des possibles réunit bande dessinée et photographie. Patrick Bernard présente la République des hyper voisins, consacrée aux liens de proximité. Nouveauté : un escape game à Électroville, ville fictive où les appareils électroménagers tombent en panne faute d’entretien, invite à réfléchir à la durée de vie des objets.

Plus d’infos sur le site du festival https://www.atmospheresfestival.com/


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