Yōkai Matsuri, imaginé par Maïa Barouh, transforme Halloween en rituel japonais à La Petite Halle, entre yōkai, musique et métamorphoses.

Et si Halloween était japonais ? Yōkai Matsuri, l’étrange festival japonais présenté par Maïa Barouh, referme sa première édition les 31 octobre et 1er novembre 2026 à La Petite Halle, à Paris. Deux journées où musique live, performances, DJ sets, échoppes japonaises et créatures yōkai font dialoguer folklore, cultures contemporaines et imaginaire collectif, jusqu’au Grand Rituel Final du samedi soir.
À Yōkai Matsuri, le public ne vient pas seulement regarder, il entre progressivement dans le rituel. Le 31 octobre, costumes et masques font surgir les yōkai dans La Petite Halle avant une grande parade menée par Vespa Cougourdon Ourchestra, puis une nuit orchestrée par Maïa Barouh avec Flor Mata, les Nekomata, Satō Madjo, Brocco Lee Cockine et DJ Mask. Le 1er novembre change de temporalité, les derniers rituels, ateliers et performances accompagnent la fermeture symbolique du passage entre les mondes.
Quand le folklore japonais rencontre la fête contemporaine
Le yōkai possède ici une fonction intéressante, parce qu’il ne reste pas enfermé dans le folklore japonais comme une créature que l’on observerait à distance. Yōkai Matsuri le déplace vers quelque chose de plus collectif, presque anthropologique : se costumer, se masquer, défiler, accepter temporairement une autre identité. La métamorphose devient alors un langage social. Pendant quelques heures, l’étrange n’est plus ce que le groupe maintient à sa périphérie, il devient précisément ce qui permet d’intégrer le groupe. Ce renversement donne au festival une tonalité particulière, assez éloignée d’un simple Halloween transposé au Japon.
Cette hybridation se retrouve également dans la programmation. Maïa Barouh fait dialoguer chants et folklores japonais avec rap, jazz, électro et musiques contemporaines, tandis que Vespa Cougourdon Ourchestra introduit le carnaval occitan, Kinshasa, La Nouvelle-Orléans ou encore la Méditerranée. Flor Mata, les Nekomata, Satō Madjo et Brocco Lee Cockine prolongent ce brouillage des catégories par le drag, la danse, la théâtralité et différentes formes d’hybridation. Même les corps cessent symboliquement d’être parfaitement définis : humain, animal, spectre, personnage, chacun peut circuler entre plusieurs représentations. Le festival utilise ainsi le yōkai moins comme une figure exotique que comme un espace de projection, où l’altérité devient momentanément une manière d’être ensemble.
Du spectateur au participant, la métamorphose comme rituel collectif
Il y a surtout une différence fondamentale entre assister à une manifestation culturelle et accepter d’entrer dans son dispositif. Yōkai Matsuri pousse clairement vers la seconde possibilité. Le costume n’est pas un simple accessoire esthétique, puisque chacun peut imaginer son propre yōkai, participer au concours puis rejoindre la parade. Cette implication modifie la relation habituelle entre scène et public. Celui qui regardait devient lui-même regardé, rejoint le mouvement collectif et accepte, même provisoirement, de jouer avec son identité sociale. Le masque fonctionne alors selon un paradoxe ancien : cacher le visage peut autoriser une expression de soi que le visage découvert contient habituellement.
Le passage du 31 octobre au 1er novembre renforce cette dimension rituelle. La première journée construit progressivement la métamorphose avant la parade et la fête nocturne, quand le dimanche ralentit le mouvement avec les derniers ateliers, apparitions et rituels collectifs. On retrouve presque la structure anthropologique du rite de passage : séparation avec l’ordre quotidien, période liminale où les catégories deviennent instables, puis retour vers le monde ordinaire. La fête produit donc une suspension plutôt qu’une rupture définitive. Et c’est probablement là que l’idée devient la plus féconde : célébrer l’inconfortable, l’étrange ou ce qui « ne rentre pas dans les cases » pendant un temps délimité permet d’expérimenter collectivement d’autres représentations de soi, avant que le passage entre les mondes ne se referme.
La Petite Halle accueille le Grand Rituel Final
La Petite Halle, au Parc de la Villette, accueille Yōkai Matsuri les 31 octobre et 1er novembre 2026. Le samedi, l’accès est libre de 11h à 20h, avant le Grand Rituel Final sur billetterie à partir de 20h, 16 € en prévente et 18 € sur place. Le dimanche reste en accès libre de 11h à 22h, avec notamment un live de Fixi et Maïa Barouh.
INFORMATIONS PRATIQUES
📍 La Petite Halle — Parc de la Villette
211 avenue Jean Jaurès — 75019 Paris
☀️ SAMEDI 31 OCTOBRE | JOURNÉE — 11h → 20h. ENTRÉE LIBRE
Échoppes japonaises • Ateliers • Créations • Performances • Apparitions de yōkai • Concours de costumes • Préparation et métamorphose avant la grande parade
🌙 SAMEDI 31 OCTOBRE | LE GRAND RITUEL FINAL — 20.00→ 2h SOIRÉE SUR BILLETTERIE
Grande parade des yōkai • Performances • Live • DJ sets • Rituel collectif
🎟 16 € en prévente / 18 € sur place
https://shotgun.live/events/festival-yokai-matsuri-le-grand-rituel-final
👻 DIMANCHE 1ER NOVEMBRE | MATANE YOKAI ! — 11h → 22h
https://shotgun.live/events/f-estival-yokai-matsuri-le-grand-rituel-deuxieme-jour
Accès libre
Échoppes • Ateliers • DJ sets • Apparitions de yōkai • Derniers rituels collectifs • Live Fixi & Maïa Barouh
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