Le Dernier pour la route, une comédie sur l’immédiateté et les rencontres extraordinaires.

Avec Le Dernier pour la route, Francesco Sossai capte une nuit errante entre bars et silences, où l’alcool, l’amitié et le hasard deviennent les révélateurs d’un monde en perte de repères.

Carlobianchi (Sergio Romano) et Doriano (Pierpaolo Capovilla), deux quinquagénaires désabusés, sillonnent la nuit de bar en bar à la recherche d’un dernier verre, lorsqu’ils croisent Giulio (Filippo Scotti), étudiant en architecture aussi réservé que curieux. Entre confidences alcoolisées et dérives existentielles, cette rencontre improbable agit comme un basculement, menant Giulio à interroger son rapport au monde, à l’amour et à son avenir, dans un face-à-face fragile entre deux générations.

Une nuit ordinaire, mais avec des rencontres extraordinaires : la philosophie de l’immédiateté.


Ce que Francesco Sossai installe dans Le Dernier pour la route, c’est une forme de suspension du temps, une nuit qui n’a rien d’exceptionnel en apparence, mais qui devient un laboratoire d’humanité. L’errance nocturne de Carlobianchi et Doriano ne relève pas d’une quête narrative classique, elle s’inscrit dans une logique d’instant, presque accidentelle, où chaque rencontre prend une valeur existentielle. Giulio, en entrant dans leur trajectoire, ne rejoint pas une intrigue, il est happé par un flux de vie brut, imprévisible, sans structure rassurante.

Cette immédiateté repose sur une accumulation de fragments, de discussions saisies sur le vif, de gestes anodins qui prennent progressivement du poids. Le cinéaste revendique d’ailleurs une écriture nourrie d’observations réelles, de conversations glanées dans les bars ou les lieux de passage, ce qui donne au film une texture quasi documentaire dans sa manière d’aborder les interactions humaines. On ne suit pas une histoire, on traverse des moments.

Dans ce cadre, la nuit devient un espace de vérité. L’alcool agit comme un révélateur, non pas pour exagérer les émotions, mais pour abolir les filtres sociaux. Les personnages ne cherchent pas à séduire ou à convaincre, ils existent dans une forme de sincérité brute, parfois maladroite, souvent lucide. Cette sincérité crée un décalage avec Giulio, figure encore en construction, qui observe autant qu’il subit ce qui lui arrive.

La philosophie du film repose alors sur une idée simple, mais exigeante, accepter l’incertitude du moment présent. Rien n’est programmé, rien n’est résolu immédiatement. Pourtant, c’est précisément dans cette absence de direction que se loge la possibilité d’un basculement intérieur. Giulio ne reçoit pas une leçon, il expérimente un choc, celui d’un monde où les repères se dissolvent, mais où subsiste encore une forme d’humanité fragile.

Ce qui pourrait passer pour une dérive devient ainsi une initiation. Une nuit ordinaire, oui, mais traversée par des existences qui, le temps de quelques heures, donnent à l’instant une densité rare.

Une aventure humaine.

Le film est drôle et bien écrit, il nous fait réfléchir sur ces aventures qu’on peut vivre en décidant de vivre au présent, en évitant de remettre à demain car demain ça n’arrivera peut-être jamais.

La vie n’est qu’une succession de rencontres et de hasards, et vouloir pousser jusqu’au dernier moment la nuit en cherchant un dernier pour la route permet de faire des rencontres et vivre des choses qu’on n’aurait jamais vécues en restant couché chez soi.

On pense à How I Met Your Mother qui utilise ce même procédé pour parler des choses qu’on peut vivre après minuit… mais ajoute une moralité : ne jamais prendre de grandes décisions après une certaine heure, car elle sera souvent mauvaise !

______

Note : 3.5 sur 5.

8 avril 2026 en salle | 1h 40min | Comédie dramatique
De Francesco Sossai | 
Par Francesco Sossai, Adriano Candiago
Avec Filippo Scotti, Sergio Romano, Pierpaolo Capovilla
Titre original Le Città Di Pianura


En savoir plus sur Direct-Actu.fr le blogzine de la culture pop et alternative

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Et vous, vous en pensez quoi ?

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.