L’amour Ouf c’est explosif, c’est beau, c’est nostalgisant ! Des rôles musclés naviguant sur le fil du rasoir ! Un film pour les amoureux des années 80-90, sur la société, sur ceux qui travaillent tôt, ceux qui refusent de se suffire de ce qu’ils ont, car « bien ne suffit pas ». On a cette rage de vivre, ces voyous sur un fond de musique new wav contrastant avec ce basculement des années 90 où le Rap prend le pas. Changement d’époque, changement de code et de culture. Les délinquants se mettent à dealer, on veut de l’argent rapidement pour ne plus être de ceux qui regardent les vitrines sans jamais y entrer.

Tous les acteurs sont surprenants, même si on a eu l’occasion de voir Raphaël Quenard dans Les trois fantastiques tenir un rôle très similaire à celui de Kiki, le reste du casting est bluffant. Le choix de Mallory Wanecque et Adele Exarchopoulos dans le rôle de Jackie, François Civil et Malik Frikah dans celui de Clotaire.
Chacun de ces acteurs dégagent quelque chose de troublant, comme les vapeurs du mal-être de deux décennies. Face à eux, ces gens plus rangés, comme ces pères de familles. Ceux qui ont travaillé en étant moqué d’intellos, qui roulent désormais en grosse bagnole et ont la totale (maison, voiture, famille).
Un film sur la société castratrice de rêve, mais dont le traitement en surface laisse perplexe
Gilles Lellouche nous présente une critique de la société normative et castratrice de rêves, bien que de manière indirecte et parfois maladroite.
Le film met en scène l’histoire passionnelle de Jackie et Clotaire, deux personnages qui refusent de se conformer aux attentes sociales. Clotaire, issu d’un milieu modeste, s’engage dans la délinquance plutôt que de suivre un parcours conventionnel. Jackie, quant à elle, se marie avec un homme aisé, mais reste attachée à Clotaire, défiant ainsi les conventions sociales.

Cette relation tumultueuse s’oppose à l’idéal bourgeois de stabilité et de conformité. Le film souligne le contraste entre la passion débordante du couple principal et les attentes d’une société qui valorise la sécurité matérielle et la respectabilité.
Le réalisateur dépeint un monde où les personnages sont tiraillés entre leurs désirs profonds et les pressions sociales pour « rentrer dans les rangs ». Le parcours de Clotaire, en particulier, illustre la difficulté de s’extraire d’un destin socialement prédéterminé.
Cependant, la critique sociale du film est quelque peu noyée dans une esthétique tape-à-l’œil et un récit surchargé. Gilles Lellouche semble plus intéressé par l’aspect spectaculaire de son histoire que par une analyse approfondie des mécanismes sociaux qui contraignent ses personnages.
L’amour ouf tente de dénoncer une société normalisée et consumériste, mais le fait de manière parfois maladroite et excessive, privilégiant le spectacle à une critique sociale nuancée. Bref, un film ouf si on regarde l’esthétique avant le fond, sous-traitant la dimension sociale d’une génération Walkman et Skateboard. Du divertissement XXL pour sa durée, avec quelques bonnes séquences qui ne laisseront personne indifférent !
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16 octobre 2024 en salle | 2h 41min | Comédie, Romance, Thriller
De Gilles Lellouche |
Par Gilles Lellouche, Ahmed Hamidi
Avec Adèle Exarchopoulos, François Civil, Mallory Wanecque
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Une réflexion sur “L’amour Ouf – Quand la forme dépasse le fond en délaissant l’aspect sociologique”