The Creator, la nouvelle dystopie mettant en scène la guerre entre les Hommes et les IA.


Une dystopie utilisant les mythèmes de l’enfant prodige et l’affrontement de deux forces manichéennes, ici L’HOMME VS les IA. Le film ressort la même guerre des pays occidentaux contre l’Asie, ici rebaptisée Nouvelle Asie. Les effets spéciaux, la photographie sont impeccables et irréprochables, on attend la suite avec impatience !

Le film reprend ce mythe célèbre et tellement usuel dans les différentes époques de notre humanité, celui de l‘enfant prodige, ce messie qui va venir sauver l’Homme. Notre nouveau sauveur est une hybridation entre l’Homme et les IA, dans un monde régi par deux clans : la Nouvelle Asie qui défend l’usage des IA et l’Occident qui cherche à les exterminer.

Cette guerre entre humains et cyborgs (à la Dragon Ball Z) met en scène des Simulants, des êtres utilisant les souvenirs d’un être disparu leur offrant une forme d’immortalité et aussi la possibilité à ceux qui restent de les garder égoïstement. Car ces souvenirs sur pieds ne sont pas considérés comme des êtres sensibles, mais de simples programmes.

Pourtant, arrive Alpha qui vient tout remettre en question. Cette dystopie ne cherche pas à offrir quelque chose d’original, mais son traitement esthétique ainsi que la mise en garde à notre génération esclave des algorithmes semblent cruellement vrais. Le film renouvelle merveilleusement bien le paradoxe du maître et de l’esclave avec un Joshua en proie au doute et réclamant justice pour l’être qu’il a perdu. Ce prénom n’est pas anodin, Josué dans l’ancien testament est celui qui succéda à Moïse dans la quête de la terre promise, ici rebaptisée Nirmata.

The creator, une nouvelle ère ?

Le film repose sur des mythèmes célèbres et des principes philosophiques, tel le concept philosophique du maître et de l’esclave, développé notamment par Georg Wilhelm Friedrich Hegel dans sa Phénoménologie de l’Esprit, décrit une dynamique dialectique entre deux individus ou entités, où l’un domine et l’autre est soumis.

Dans cette relation, le maître exerce son pouvoir sur l’esclave, mais il devient dépendant de l’esclave pour satisfaire ses besoins matériels et maintenir sa position de supériorité. L’esclave, en revanche, est contraint de travailler pour le maître, mais acquiert une certaine indépendance par le biais de sa relation avec le monde matériel.

Transposer ce concept à la relation entre l’Homme et l’intelligence artificielle (IA) dans le contexte du film révèle des parallèles intéressants. Dans cette dystopie, ce rapport ambiguë et paradoxale est intéressant : l’IA représente le potentiel esclave, une force technologique avancée capable de répondre aux besoins de l’humanité, mais aussi de les contrôler. L’Homme, quant à lui, peut être vu comme le créateur et l’esclave de l’IA, de plus en plus dépendant de cette technologie pour de nombreuses facettes de sa vie quotidienne.

Cependant, l’arrivée d’Alpha, une entité hybride entre l’Homme et l’IA, perturbe cette dynamique. Alpha remet en question les équilibres, la manière de concevoir la technologie et la définition même de vie. Cette rébellion fait écho au concept de l’esclave prenant conscience de sa propre valeur et remettant en question l’autorité du maître. Joshua, le personnage principal, incarne ce processus en exprimant des doutes et en réclamant justice pour l’individu qu’il a perdu.

Alpha et Joshua cherchent à définir un avenir où l’Homme et l’IA coexistent d’une manière plus équilibrée, brisant ainsi les chaînes de la domination technologique. Cette transposition du concept du maître et de l’esclave dans ce film souligne la complexité et le danger d’une dépendance à l’AI.

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Note : 3 sur 5.

27 septembre 2023 en salle / 2h 13min  
Science fictionDrameAventure
De Gareth Edwards (V)
Par Gareth Edwards (V)Chris Weitz
Avec John David WashingtonGemma ChanKen Watanabe

L’origine du projet

Le film trouve son origine dans une rencontre fortuite lors d’un voyage en voiture. Après avoir achevé son travail sur Rogue One: A Star Wars Story, le réalisateur Gareth Edwards avait besoin d’une pause et a entrepris un périple en voiture avec sa petite amie. Alors qu’ils traversaient les champs du Middle-west, Edwards a été intrigué par la vue d’une étrange usine portant un logo japonais au milieu des fermes. Cela a suscité sa curiosité et lui a fait imaginer une histoire : «Etant fan de science-fiction, j’ai aussitôt pensé à des robots. Imaginez que vous soyez un androïde fabriqué dans cette usine, que vous n’ayez jamais connu que cet environnement, qu’un jour quelque chose dysfonctionne et que vous vous retrouviez pour la première fois à l’extérieur, contraint de partir à la découverte du monde et du ciel. Si cela arrivait, que se passerait-il ?» C’est ainsi que le concept de The Creator a commencé à prendre forme dans l’esprit du réalisateur, qui a vu cette rencontre comme un signe positif.

La musique

Le film possède une bande-son et une musique qui jouent un rôle essentiel dans l’expérience cinématographique. L’une des influences majeures pour la création de l’univers musical du film provient de la passion de Gareth Edwards pour la science-fiction depuis son enfance. Il explique que dans sa jeunesse, la plupart des films qu’il allait voir au cinéma étaient des blockbusters originaux, et ces expériences cinématographiques ont laissé une empreinte indélébile sur son imaginaire. De plus, le choix de la musique pour accompagner le film a été soigneusement réfléchi pour renforcer l’atmosphère et l’émotion de l’histoire. Cela montre l’importance accordée à la musique comme un élément narratif puissant dans The Creator.

Dans le film, le personnage de Drew, ancien compagnon d’armes de Joshua, est joué par Sturgill Simpson, un artiste accompli qui excelle à la fois en tant qu’acteur et chanteur de musique country. Simpson a reçu le prestigieux Grammy Award du meilleur album country en 2017, témoignant ainsi de son talent musical exceptionnel. En plus de son rôle dans le film, il a également fait ses preuves dans des films tels que « The Hunt » et « The Dead Don’t Die« , où il a non seulement joué mais aussi écrit et interprété la chanson éponyme, contribuant ainsi de manière significative à l’ambiance du film dirigé par Jim Jarmusch.

L’enfance et les influences du réalisateur

L’enfance de Gareth Edwards et ses influences cinématographiques ont joué un rôle crucial dans la genèse de ce projet ambitieux. Il est un fervent passionné de science-fiction depuis son enfance. Il se souvient que dès son plus jeune âge, la plupart des films qu’il allait voir au cinéma étaient des œuvres de science-fiction originales qui ont nourri son imagination. Des films tels que « Star Wars » ont eu un impact profond sur lui et ont contribué à forger sa vocation cinématographique.

Son voyage en Asie pendant son enfance, lui a permis de découvrir des cultures étrangères et des environnements inconnus, qui influencent ses inspirations artistiques afin de créer des mondes cinématographiques uniques.

Avec ce film, il renoue un peu avec ses premières expériences dans le cinéma indépendant, où il a commencé sa carrière avec des films à petit budget comme Monsters. Après avoir travaillé sur des grosses productions telles que Godzilla et Rogue One: A Star Wars Story, il a ressenti le besoin de revenir à ses racines dans le cinéma indépendant tout en poursuivant son ambition artistique.

Pour The Creator, il avait la vision de créer une œuvre de science-fiction originale, mais il était conscient des défis financiers que cela représenterait. Pour surmonter ces obstacles, Edwards a choisi de réaliser un long-métrage modeste tout en conservant un style visuel audacieux. Il a réussi à convaincre les producteurs que ce projet était non seulement un film à petit budget, mais aussi l’un des projets indépendants les plus ambitieux jamais entrepris. Ainsi, le film est devenu une production cinématographique inversée, où l’accent était mis sur le tournage dans des lieux réels et la création de l’univers de science-fiction en postproduction, défiant ainsi les conventions du cinéma traditionnel.


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