Ténor, ou la voix du quartier


On pourrait croire que Ténor reprend le schéma habituel de l’Art avec un grand A, qui sauve des gens et les sort de leur banlieue et de leur cité. Mais cette fois-ci, l’accent est mis sur la capacité à se réaliser et à trouver le courage de vivre sa vie.

Contrairement à d’autres films où l’art permet de sortir de sa cité et de sa condition sociale. Dans celui réalisé par Claude Zidi Jr. ce n’est pas le cas. En effet, le héros ne veut pas quitter sa cité, mais vivre sincèrement. Il étouffe et pour lui, ce n’est pas logique de devoir vivre à moitié ou de devoir faire des choix.

Antoine a du respect pour son grand frère, il s’est sacrifié pour lui et a mis tous ses espoirs dans ses études. À côté de cela, il a des amis, il a une famille de cœur. Ténor, souligne la difficulté pour cette jeunesse à vivre avec un destin dans lequel ils sont prédestinés à une catégorie précise de métier. Comme si un milieu social nous imposait à un type de métier. C’est bien plus qu’une croyance, c’est bien plus qu’un besoin. Ceux vivent dans ces quartiers se doivent de respecter cette hiérarchie ou cette organisation dans laquelle les ainés vont vivre de petites-magouilles pour payer les études des plus jeunes.

Ses proches le voient devenir comptable, puis travailler au siège de Eat Sushi. Antoine lui rêve d’autre chose. Au début du film, il ne sait pas encore vraiment ce qui le fait vibrer. Il est encore comme «La plupart des gens» qui ne vivent pas leur vie. Il se cherche, il ne comprend pas trop l’origine de ce vide. Est-ce le départ du père ou de la mère ?

«La plupart des gens ne vivent pas leur vie et vous avez de la chance»

Ténor permet d’aller au-delà des préjugés en montrant un retour en force de ces amis, qui acceptent sa passion, là où ce n’est pas réellement le cas dans « Mes frères et moi ». Ici, les frères voient la musique classique comme quelque chose de négative et ne vont jamais sortir cette position. Ils ont un avis tranché et pour eux c’est une perte de temps et une illusion, un rêve de gamin.

Note particulière pour le jeu de MB14 et pour Marie Oppert qui est resplendissante dans ce rôle taillé pour elle.


D’autres films reprennent ce schéma très classique où l’Art vient sauver le destin d’une personne :
LE PROFESSEUR DE VIOLON (2016, Sérgio Machado)
AU BOUT DES DOIGTS (2018,Ludovic Bernard)
LA MÉLODIE (2017, Rachid Hami)
LE BRIO (2016, Yvan Attal) où c’est l’Art de l’éloquence qui permet de sortir du lot et être quelqu’un que l’on respecte.

Si vous cherchez la musique de la bande-annonce, c’est Shine de Tom Hillock

En salle le 4 mai 2022 • Durée 1h 40min
Réalisation Claude Zidi Jr.
scénario de  Cyrille DrouxHéctor Cabello Reyes
Distribution StudioCanal

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