West side Story, déjà un classique ?


Quand le maitre hollywoodien se lance dans la relecture d’un classique du cinéma et de Broadway, cela peut surprendre et aussi faire plaisir aux puristes du cinéma.

Quel est l’intérêt en 2021 de reprendre une pièce maitresse de la culture américaine comme West Side Story ?

Le film permet de découvrir une vision plus moderne sans pour autant transposer l’histoire à notre époque. Spielberg décide de tourner en décors réels et en studio à la fois afin de s’éloigner un peu du film originel qui se voulait être un pont entre le plateau de théâtre et le plateau de cinéma.
Le réalisateur veut surtout faire une apologie du cinéma de son âge d’or à notre époque en mélangeant des techniques diverses d’éclairage avec Janusz Kaminski, un génie de la direction de la photographie.

On peut citer différente manière de sublimer les personnages en fonction de leur état psychologique. De la fascination à l’inquiétude, nous allons d’une photographie très classique hollywoodienne au film noir.

Lors de la promotion avant la sortie, on jouait surtout sur une esthétique très moderne à la Riverdale, mais Janusz Kaminski possède plusieurs as dans son jeu, il le démontre assez rapidement en mêlant différentes substances sans jamais choquer le public. Oui, a postproduction et l’étalonnage sont délicats et tout passe sans accrocs.

Ce film donne plus de relief aux différents personnages, on croit beaucoup plus à cette colère qui les séparent. Ce pessimiste et cette fatalité planante retirent cette douce insouciance que nous avons quand nous regardons une histoire shakespearienne : on espère que l’amour sera plus fort et qu’ils trouveront une happy End.
Le fait d’introduire la condition judiciaire de Tony, faisant de lui un être « en sursis », le place au bord du vide. Il ne peut plus agir librement, il ne peut plus se battre, il ne peut plus aller et venir, il dépend d’une force plus grande que lui.

Le réalisateur ajoute également une raison à toute cette haine : la tristesse, l’abandon et l’absence totale de repères pour ces différents jeunes. Nous sommes presque dans la relecture de la pièce de Baz Luhrmann sortie en 1997 avec Claire Danes et Leonardo Di Caprio. Une jeunesse désabusée, perdue qui agit en reflet à la haine de leur parent.
On retrouve ces mêmes lieux en décomposition où ces âmes déambulent attendant la mort ou la délivrance.

Ce film est déjà un classique tant il navigue entre apologie et pastiche d’un genre. Est-ce du génie ou un acte candide, personne ne le sait ! Nous avançons dans ce monde de l’innocence du premier grand amour où une Juliette/Maria rêve de paix quand Tony aspire à s’enfuir loin de cette guerre. Spielberg ne cherche pas à éclipser l’œuvre originale, il lui donne simplement plus de cohérence en donnant des raisons à des non-dits.

Crédit photographique West side story de Steven Spielberg / 2021 20th Century Studios

Réalisé par STEVEN SPIELBERG
Scénario de TONY KUSHNER
Un film produit par STEVEN SPIELBERG, KRISTIE MACOSKO KRIEGER, KEVIN McCOLLUM
Producteurs délégués : DANIEL LUPI, ADAM SOMNER, RITA MORENO & TONY KUSHNER
Directeur de la photographie : JANUSZ KAMINSKI
Chef décorateur : ADAM STOCKHAUSEN
Chefs monteurs : MICHAEL KAHN & SARAH BROSHAR
Distribution des rôles : CINDY TOLAN
Chef costumier : PAUL TAZEWELL
Chorégraphies : JUSTIN PECK
Direction d’orchestre : GUSTAVO DUDAMEL
Arrangements et direction d’orchestre : DAVID NEWMAN
Productrice superviseuse chant : JEANINE TESORI
Producteur exécutif musique/Superviseur musical : MATT SULLIVAN
Une production 20th CENTURY STUDIOS
Présenté par THE WALT DISNEY COMPANY
► Avec

Tony : ANSEL ELGORT
María : RACHEL ZEGLER
Anita : ARIANA DEBOSE
Bernardo : DAVID ALVAREZ
Valentina : RITA MORENO
L’officier Krupke : BRIAN d’ARCY JAMES
Le lieutenant Schrank : COREY STOLL
Riff : MIKE FAIST
Chino : JOSH ANDRÉS RIVERA
Anybodys : IRIS MENAS

Synopsis : L’histoire légendaire d’un amour naissant sur fond de rixes entre bandes rivales dans le New York de 1957.

La comédie musicale créée à Broadway en 1957 a déjà fait l’objet d’une adaptation cinématographique signée en 1961 par Robert Wise et Jerome Robbins qui en avait également assuré la chorégraphie, Ernest Lehman le scénario, Leonard Bernstein la musique, Arthur Laurents le livret et Stephen Sondheim les paroles.

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