Les fantasmes de David Foenkinos et Stéphane Foenkinos


Depuis quelques années les films chorales en France deviennent de plus en plus courant, et pourtant Les Fantasmes n’est pas vraiment un film chorale, il serait plus comme Selfie (2020, Marc Fitoussi, Vianney Lebasque, Tristan Aurouet, Cyril Gelblat, Thomas Bidegain), un film d’emboitement d’histoires bien distinctes.

Dans les films chorals tout se rejoint dans un lieu à un moment ou l’autre, ici, non. Est-ce un problème ? Pas vraiment, nous n’en avons pas besoin, chaque transition se fait de manière intelligente en utilisant un raccord dans le mouvement subtile.

Comme le disait si bien Maxime Labrecque : « Le film choral se situe toujours dans une zone de tension paradoxale entre le film à sketches et le film de groupe fortement homogène » dans  Le film choral : L’art des destins entrecroisés », Séquences : la revue du cinéma ( Numéro 275, novembre–décembre 2011, p. 31), le film choral est un genre très particulier, très subtile. Beaucoup pense que c’est une facilité, mais ça ne l’est pas.

De plus en plus de réalisateurs tentent de nos jours de jouer l’ambiguïté entre le film à sketches et le film de groupe, ici clairement nous sommes dans un film à Sketch où chacune des histoires est déconnectée de l’autre. La force de ce film est de prendre à bras le corps le sujet et d’aller jusqu’au paradoxe des fantasmes des gens. L’un des plus dérangeants reste thanatophilie, mais aussi la lacrimophilie. Il est vrai que cela devient assez déroutant de voir comment une femme peut sentir le désir uniquement lorsqu’elle peut voir pleurer son mari.

Toutes ces différentes pratiques montrent comment certaines personnes vivent la sexualité différemment. On sent la souffrance dans le regard d’un homme qui tombe amoureux des sœurs de sa copine. Il y a un malaise, une tension intense qui peu à peu vient perturber le cours de la vie.

Dans ce film, il y a des prouesses d’acteurs qui sur un fond de covid-19 vont jouer des scènes intimes. On y croit vraiment en ces couples, c’est d’ailleurs la plus grande chose que le cinéma sait faire, nous donner l’illusion du vrai, l’illusion du passé et du présent.

Il y a cette capacité à jouer en quelques scènes une vie, comme si la vie avait déjà eu lieu, ces différentes intrusions dans l’intime a une manière polie et délicate de dire « Regardez comment ça se passe du côté de chez Madame ». Le film joue vraiment la carte du jugement au moment où deux amoureux annoncent éprouver du plaisir et de la jouissance dans leur abstinence. La société hédoniste ne comprend pas comment l’abstinence peut alimenter le désir et le plaisir d’attendre.

Ce film est une proposition de fantasme, d’attirance ou dérive sexuel, on y montre la souffrance de devoir vivre ainsi, on ne juge pas, on admet juste que l’autre n’a peut-être pas choisi d’être ainsi, mais son plaisir et son désir reste quelque chose de personnel et singulier.

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