3 bonnes raisons de voir Soul (Pixar-Disney)


L’histoire : 

Nous suivons les périples de Joe, un professeur de musique qui n’a qu’un rêve absolu: jouer et vivre de sa musique. Mais les choses ne vont pas se dérouler comme prévues. Il va avoir un banal accident et il va mourir. Au cours de son voyage astral, il va rencontrer plusieurs personnages qui vont l’aider à grandir et à devenir quelqu’un de meilleur.

Nous avons eu la chance de voir ce nouveau film en avant-première et aujourd’hui nous vous donnons 3 bonnes raisons de découvrir le dernier né de Pixar.

1- Un film inclusif 

Soul, est le premier film avec comme personnages principaux des afro-américains. Ce choix d’inclusion de la diversité a fait beaucoup de bruit. Les studios n’ont pas fait les choses à moitié et ce qui a été intéressant ce sont les voix qui ont été choisies pour donner vie aux personnages. Jamie Foxx/Omar Sy  ont réussi à capturer l’essence de la frustration de ce professeur de l’éducation publique, qui attend sans faille son premier vrai concert. Le projet a reçu un vrai travail de recherches esthétiques et artistiques. Comme l’évoque en interview  Bryn Imagire, la directrice artistique du projet,   qui explique ne pas avoir voulu faire des impaires et stéréotypes. Ce fut une vraie étude minutieuse sur les personnages et les différentes couleurs de peau :  ils sont noirs, bruns, métissés, il est notable que dans ce film toutes les couleurs de peau y sont  représentées. « Je suis très attentive à la question de la couleur de la peau. Nous voulions représenter un large éventail de personnages afro-américains, et il était important pour moi de bien faire les choses.» explique Bryn Imagire, qui cite également parmi ses références le travail de Bradford Young, qui a souvent été une source d’inspiration durant toute la production du film.

Un documentaire très intéressant est disponible sur youtube à ce sujet. Ce directeur de la photographie a été reconnu pour son travail colossal sur le film «PREMIER CONTACT».

2- Une leçon de vie

Le dernier film Pixar suit chemin philosophique déjà institué avec Là-Haut, En Avant ou encore Toy Story. Des récits sur la vie, la mort, mais également sur les différentes étapes qui permettent à quelqu’un de s’accomplir pleinement.

Depuis plusieurs années, Pixar nous a habitués à de sublimes récits initiatiques où le héros doit apprendre à dépasser ses préjugés et ses peurs. Soul n’échappe pas à la règle. Le film tant attendu des studios Pixar sera combler ses fans qui pourront retrouver tous les ingrédients habituels de leurs longs métrages. Une amitié, un récit initiatique et une morale qui parle à la fois aux enfants et aux adultes. 

À certains égards, Soul clôture le triptyque sur La Vie  initié avec Là-Haut, puis approfondi avec l’excellent En Avant. Le studio sait comment faire fonctionner ses récits, utilise des personnages contrastés qui finissent toujours par devenir inséparables.  Le film, qui a été réalisé par Peter Docter en collaboration avec Kemp Powers. Si ce film est très beau esthétiquement et artistiquement il n’est pas aussi puissant que  Vice-versa (Pete Docter) ou encore aussi poignant que Là-Haut. On pourrait éventuellement citer le cultissime et touchant film d’Andrew Stanton Wall-E. Dans En Avant, il y a le récit du deuil, dans ce nouveau film il est question d’apprécier la vie. Combien de gens vivent sans vivre? Ce film cherche à nous rappeler que la vie est précieuse et qu’elle passe très vite, personne n’est à l’abri de tomber comme Joe.

3 – Pour ses héros : Un monsieur tout le monde qui a ses qualités et ses défauts. 

Ce qui peut faire rire, c’est la bureaucratie des âmes:

Joe se trouve arraché de la bousculade quotidienne du musicien pour le grand au-delà – et refuse d’accepter cette fin tragique sans avoir pu réaliser son rêve, celui de monter sur scène. Lui, ou pour être exact, son âme, finit par essayer de se faufiler à travers la bureaucratie des âmes – qui est représentée de façon suprêmement par Pixar. Nous avons la caricature de la bureaucratie et de l’administration dans toute sa splendeur, qui riment souvent avec absurdité et illogisme – pour revenir à son corps, son rêve, à la vie.

Ici, notre protagoniste est un homme d’âge moyen à lunettes déterminé à restaurer sa propre vie. Au début, sa quête résonne, le spectateur peut comprendre aisément le sens de sa quête, mais à mesure que le film évolue, l’égocentrisme de Joe commence à éroder l’empathie que vous ressentez pour lui. Cette aversion vient peut-être de sa vraisemblance avec chacun de nous. Qui donnerait sa place s’il perdait l’occasion de s’accomplir? Qui serait capable de faire preuve d’autant d’égoïsme face à un être qui découvre la vie? 
Ce qui est intéressant dans ce film c’est la personnification des éléments existentiels ou simplement les composantes de l’âme. Chaque âme reçoit un ensemble de traits de personnalité, mais après il leur faut un ingrédient secret. Chacun doit le découvrir  au cours d’une formation. Tant qu’on n’a pas trouvé cette vocation, cette passion, nous sommes bloqués dans le Grand Avant.

Analyse des personnages et de leur importance dans le récit 

Nous avons mis un spoiler alert, bien que l’élément premier du film « La mort du héros » est annoncée dans la bande annonce.

Nous avons  deux personnages qui permettent assez bien de résumer la thèse du film. Ils fonctionnent en miroir, tels des opposés. La magie de Pixar réside dans la capacité au récit de mener deux opposés à un point de conjonctures. 

22 : représente un peu la partie de nous qui a peur de vivre, celle qui préfère rester chez elle ou et ne cherche pas à découvrir la vie et de ce fait ne découvre jamais rien de nouveau. Elle a peur du changement car elle vit dans l’idée qu’elle connaît déjà tout et ne veut donc pas sortir de sa monotonie.  La vie est effroyable, elle fait peur, on peut se blesser et être déçu, mais si on ne tente rien on va vivre avec des regrets. Comme disait Alfred de Musset (On ne badine pas avec l’amour) il faut vivre et non être un être factice créé par son orgueil et son ennui.

Joe Gardner: c’est un jardinier dans l’âme. Il plante l’inspiration chez ses élèves, il donne une seconde chance à 22. Il est passionné et aveuglé par son rêve. Mais cela fait de lui quelqu’un d’honnête et d’entier. Il représente la partie de l’âme qui n’a pas peur de vivre pleinement les choses sans jamais poser de limites. Mais dans sa passion aveuglante il ne comprend pas toujours tout, il oublie bien souvent d’écouter les autres, mais cela peut être une conséquence d’une vie à répondre aux attentes de sa mère. Il est en quelque sorte un peu blasé d’une vie sans passion.

De manière synthétique Joe vit dans l’amertume de ne pas avoir pu se réaliser, 22 vit dans l’ennui et l’aigreur d’avoir subi plusieurs fois les foudres de coachs n’ayant jamais su lire en elle. 

La mère de Gardner: elle représente la raison, mais la raison castratrice. Elle ne rêve pas, elle pense avant tout à la sécurité. Elle ne voit pas l’importance que représente la musique dans la vie de son fils. Pour elle, enseigner cette matière est amplement suffisant et ne comprend pas le sentiment ineffable qui anime l’esprit et le cœur de son fils. Elle est sûrement inquiète que son fils suive les pas de son père.  

Le duo Joe-22, vers une leçon de vie

Oui, Joe va inspirer 22, et, à son tour, 22 va inspirer Joe. Mais le deuxième acte, où l’inspiration se produit, est l’endroit où le film semble brièvement nous perdre. C’est à ce moment que Soul prend un virage difficile qui peut perdre un peu les spectateurs, mais  cette manigance visent probablement à divertir les enfants dans le public. Ce passage vient rompre un peu  avec l’histoire rêveuse et jazzy qui précède. La représentation de New York par le film est le point culminant de cette section – un paysage urbain magnifique, automnal et dynamique qui fait rêver la réalité post-vaccinale. Mais les pitreries obscurcissent ce qui devrait être la force première du film: sa musique. 

Heureusement, le film parvient à être réconfortant et réfléchi sur le vieillissement et la mortalité malgré tout, éloignant le personnage de Joe de sa poursuite résolue et le mène vers une idée plus holistique de ce qu’il a accompli dans sa vie – tout en révélant à 22 ce qui fait que la vie sur Terre est une expérience à chérir. Le film se délecte des plaisirs quotidiens du monde de Joe, des plaisirs qu’il a longtemps oubliés de se savourer dans la poursuite de ses objectifs.

Un peu comme dans Les ailes du désir ou La cité des anges, nous avons des êtres qui sont sans sensation, sans goût et sans moyen de jouir de l’existence sans avoir acquis un corps. Un simple esprit ne peut pas vivre réellement la vie. Joe était un peu comme 22, il a oublié de vivre. 

Il lui faut beaucoup de temps pour apprendre sa leçon, et une fois qu’il l’a fait, l’énigme sur la vie et de la mort devient limpide comme de l’eau. Finalement les hommes se focalisent sur des détails qui n’ont rien à avoir avec le sens de la vie. Malgré tout, à la fin, il est difficile de ne pas être ému par Joe et 22 qui s’émerveillent ensemble des possibilités et des complexités de l’existence, alors que l’un lutte pour abandonner la vie et l’autre lutte pour s’y engager. Malgré une certaine distraction et pas assez de musique, Soul parvient à puiser dans une émotion profonde alors que ses personnages explorent les limites de la mortalité et ce que signifie être passionné par la vie.

Un duo de copains

Soul reprend ce qui a marché dans ses films précédents en mettant l’accent sur une  paire de copains incompatibles: comme avec Vice-versa, il y a une bonne quantité de péripéties incroyables pour accélérer le rapprochement des deux opposés. Cette formule magique fonctionne depuis la nuit des temps dans beaucoup de films d’animation et Pixar est devenu maître de cette équation. C’est en cela que nous aimons la magie de ce studio, être capable de réunir les Êtres malgré leurs différences et leurs convictions divergentes. 

Là où Soul excelle principalement, c’est dans sa conceptualisation de l’au-delà. Lorsque Joe le sort de l’escalator flottant ascendant qui mène toutes les âmes mortes à la gueule blanche qu’est le Grand Au-delà, il tombe à travers d’innombrables couches d’existence dans une série d’images qui sont parmi les plus époustouflantes et les plus magnifiquement avant-gardistes. que Pixar n’a jamais créé. Pensez à la scène dans Vice-Versa / Inside Out où la joie, la tristesse et le Bing Bong sont déconstruits de leurs formes tridimensionnelles à des masses suintantes, et vous aurez une idée de la direction que cela prend. D’ailleurs les âmes sont des simples esprits à qui on doit ajouter des formulations spécifiques pour les rendre unique.

Un retour aux origines de Pixar

La manière dont lui, les autres âmes et les conseillers d’âme qui occupent ce monde étrange sont représentés rappelle les courts métrages Disney des années 50 comme Toot, Whistle, Plunk and Boom , ou le Court métrage Pixar primé aux Oscars, Day and Night , dans lequel les personnages éponymes sont principalement vus à travers des activités qui se déroulent pendant la journée ou la nuit. Pixar est le porte-étendard de la superbe animation par ordinateur, et il est facile de prendre leurs prouesses visuelles pour acquises. Mais Soul est un énorme pas en avant, une façon révolutionnaire de représenter le monde qui existe en dehors de l’existence humaine.

Soul ou  l’histoire de comment redevenir humain: 

Soul est aussi, tout comme les autres films de Docter, une représentation édifiante de l’esprit humain. Il y a de l’obscurité dans le film (rien de plus sombre que la trame de fond de Carl Fredricksen dans Là-haut , certes), mais c’est un conte qui est censé affirmer la vie plutôt que d’être cynique ou austère. Les pièges de Soul reflètent moins l’histoire réelle que la réalité selon laquelle, 25 ans après la sortie de ses premiers longs métrages, Pixar est devenu un studio qui parle de la vie sous un aspect existentialiste et très féérique.

Pour parler de la Vie il faut quelqu’un assoiffé de vie et son opposé. Pourtant Joe et 22 sont aussi différents que possible; ce n’est pas seulement que Joe veut redevenir humain , c’est qu’il ne voit aucune raison de devenir un jour humain. Il n’est pas surprenant que l’esprit de 22 soit changé à la fin de Soul . (Cela dit, certaines des meilleures blagues du film proviennent de 22 décrivant la façon dont elle a rendu fous des mentors comme Abraham Lincoln et Mère Teresa, et comment elle aime modeler les humains.)

Ce qui est intéressant c’est la manière frénétique dont 22 réalise la beauté d’être en vie, et dans laquelle Joe apprend que si la musique peut être sa passion, ce n’est pas la seule chose de sa vie qui mérite d’être célébrée fait partie intégrante de la narration passée de Pixar s’épanouit. Il y a beaucoup d’éléments farfelus, surtout lorsque Joe et 22 reviennent sur Terre plus tôt que prévu. Sans entrer trop dans les détails, cependant, c’est une manière par laquelle Soul trébuche. Mais comme dans toutes choses, nous savons qu’un film d’animation sert avant tout à passer en famille un bon moment. Soul réussit très bien cet objectif! 

Comment voir Soul?

Un long chemin contre la covid-19 Soul devait sortir initialement le 19 juin 2020 aux États-Unis chez Walt Disney Studios Motion Pictures. En raison de la pandémie de Covid-19, la sortie est déplacée en novembre 2020. Le 9 octobre 2020, le compte Twitter officiel du film annonce une sortie mondiale uniquement sur la plateforme de streaming Disney+ pour le 25 décembre 2020, mais les pays n’ayant pas accès à Disney+ pourront sortir le film en salle.

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