Les apparences, un triller aux allures de drame social


Ce film n’a de bon que ses deux acteurs principaux, le reste ressemble à un thriller très classique, qui aurait pu naitre de la plume de Chabrol ou du regard d’un mauvais Hitchcock.
Nous ne sommes pas dans un thriller à proprement parler, mais beaucoup plus dans un drame social décrivant la vie de la haute société.

Le réalisateur Marc Fitoussi adapte librement le roman « TRAHIE » de Karin Alvtegende. Il reprend le sujet de l’adultère et plaque une ambiance pesante avec quelques notes d’humour. Il essaie de créer un rythme et une forme d’asphyxie, afin de restituer ce malaise qui nous contamine lorsque nous découvrons que la personne qu’on aime nous trompe. Même si la bande-annonce nous livre un avant-goût très prononcé du suspense, il n’en est rien, le film a quelques moments de relâchement et le côté thriller est absent. En réalité, la vraie problématique du film est : «Jusqu’où iriez-vous pou sauver les apparences ?»

Pour sauver les apparences, le mensonge est l’outil le plus puissant. Tout le monde semble mentir ou faire semblant d’être quelqu’un. Ce petit monde francophone viennois fonctionne comme une petite cour où l’Art du paraître domine tout. Ces personnes de haut-rangs vivent en communauté et forment une sorte de petite aristocratie au cœur d’une capitale où tout le monde se connaît, tout le monde surveille tout le monde. Les apparences deviennent précieuses, car être exclus de la communauté veut dire se retrouver seul.

Internet est en soi un outil, mais aussi un personnage. Il permet de manipuler, de surveiller et de se venger. Ce positionnement est le même que celui du roman, faire d’Internet un personnage qui permet d’agir.
Karin Viard est surprenante, elle a une capacité à se décomposer à l’écran, puis à reprendre une posture digne afin de sauver les apparences.

Une lutte des classes

Dans cette petite cour viennoise, il y a une lutte des classes, mais en dehors du film, dans le financement et la recherche des partenaires, il y avait également un conflit, beaucoup ont pensé qu’un tel film ne plairait à personne, car le sujet ne traitait que de la vie d’une certaine élite, d’une bourgeoisie nouvelle.« Il y a pourtant une opposition de classes larvée dans cette histoire, mais ça leur échappait. Peut-être que cet aspect ressort mieux dans la mise en scène qu’à la simple lecture du scénario ? Dans une scène, Jonas se penche pour ramasser une pièce dans la rue : c’est un petit détail, mais qui souligne sa classe sociale.», explique le réalisateur, également scénariste.
Certains détails comme les gros pourboires donnés par Ève soulignent le fait qu’elle a besoin de répondre à un critère de générosité afin de correspondre aux stéréotypes d’une bourgeoise aisée. Une personne qui donne qui claque et a les moyens de dépenser sans compter. Au-delà des apparences, nous pouvons deviner qu’elle est d’origines modestes, car elle va faire sécher les billets tombés à l’eau.

Personne n’aime tomber, personne ne veut être mis à l’écart. Ce film montre très bien cette dimension des apparences que l’on cherche à entretenir afin d’être accepté d’un clan. Ce clan est mauvais, les soirées sont ennuyeuses, car tout n’est qu’une succession de fausses-convivialités, qui cachent la médisance. Au final, Ève va se retrouver seule, et malgré son attitude d’évitement répétée avec certaines personnes, ces simples gens vont continuer à la soutenir, car les apparences ne servent à rien, et on doit apprendre à se moquer de ce qu’on pense de nous.

Si vous analysez la représentation de la bourgeoisie, il y a un petit air chabrolien ou buñuelien. si on pense à un film comme Le Charme Discret de la Bourgeoisie. La musique du film va offrir un cachet, un air d’Hollywoodien, celui de son âge d’or ! Un travail remarquable réalisé par Bertrand Burgalat. Son esthétique colle parfaitement à l’ambiance, il y a un côté distingué et précieux. Nous avons également une grande homogénéité à la BO qui instaure dans le film une couleur précise, nous sommes loin des BO playlist.

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