L’heure de la sortie


Le réalisateur avoue avoir longtemps songé à réaliser l’adaptation du roman de Christophe Dufossé, sorti en 2002. Il avait posé une option sur les droits d’adaptation mais les choses on finit par se tasser et c’est durant son premier long métrage  Irréprochable avec une Marina Foïs inquiétante,  que Sébastien Marnier annonce son désir inavoué à sa production. « J’ai longtemps espéré que ce soit mon premier film, mais il était certainement trop ambitieux pour un coup d’essai. Alors je l’ai mis de côté, sans jamais en faire le deuil. Même lorsque je travaillais sur Irréprochable, j’en parlais à ma productrice, Caroline Bonmarchand, qui était aussi très intéressée par le projet et m’a poussé à le reprendre. Dix ans après la première version du scénario, je me suis mis en tête de le réécrire intégralement, sans passer par une nouvelle lecture du roman. »

Une menace

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Le film est inquiétant, il est une belle réussite de ce que le cinéma français est capable de faire quand tous les éléments sont présents, nous n’avions jamais eu aussi peur depuis Martyr de Pascal Laugier. Le film est inquiétant, ces adolescents sans expression qui apprennent à ne plus ressentir la douleur semblent être sortis d’un film de zombies surtout dans la scène du cauchemar où ils essaient de pénétrer dans l’appartement du professeur, une angoisse à chaque seconde où l’on ne sait pas d’où vient la menace. Si les ados nous font c’est qu’ils nous surpassent en intelligence, « Ces enfants devaient avoir quelque chose d’exceptionnel, dégagé d’emblée une puissance et une sophistication inquiétantes, à l’instar des enfants du Village des damnés ou de ceux du Ruban blanc de Michael Haneke. J’avais également en tête les 7 romans graphiques de Charles Burns et la manière dont il y représentait la monstruosité adolescente », précise le cinéaste.


ATTENTION SPOILERS

Analyse du titre

En fin de compte si nous avons peur des enfants durant tout le film au final on se rend compte que la menace est ailleurs, la menace c’est tout cet univers qui nous entoure, ces jeunes ados surdoués ne sont que les messagers, une sorte de prophètes qui annonceraient la fin des temps. Ce qui donne un écho au sens du titre « L’heure de la sortie » des hommes en tant que dominateur ou bien l’heure de la sortie des cours où les ados vont s’amuser à leurs jeux malsains ou encore l’heure de la sortie scolaire tant attendue. Tout cela dans un climat hostile en opposition au genre habituel qui a tendance à situer ces films la nuit, en hiver, ici c’est la chaleur, il fait chaud, on ne peut plus respirer. « Je voulais qu’on s’installe dans le film comme dans une étuve, que la sensation de cloisonnement, de chaleur, d’étouffement empoisonne progressivement l’esprit du spectateur. Cela tombait d’ailleurs bien, puisque la météo nous a réellement offert des journées de tournage caniculaires. Surtout dans la salle de classe, où il devait faire plus de 40 degrés. L’objectif était que l’on ressente l’affaissement physique et la lourdeur occasionnés par cette chaleur chronique qui agit comme une camisole, au point de rendre fous ceux qui la subissent. ».

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Durant ces sorties, Pierre va suivre et regarder comme un voyeur ces jeunes qui s’amusent, bien souvent dévêtus. Il y a un côté dérangeant dans ce monde, dans ces instants volés, « Ainsi, à partir du moment où il décide de les suivre et d’enquêter sur eux, les intrigues et les personnages annexes se diluent, toute cette épaisseur feuilletonnesque est discrètement estompée au montage. Mais en vérité, cela accompagne l’évolution de Pierre, dont l’horizon se réduit peu à peu pour ne plus se focaliser que sur les enfants », confie le réalisateur.

Si tout va mal c’est que les adultes sont comme des fantômes, ils s’amusent et restent aveugles face à la crise existentielle qui se passe sous leurs yeux « ils sont démissionnaires, indifférents aux souffrances de ceux sur lesquels ils sont censés veiller » dit le réalisateur en entretien. Si Pierre est alerté par cette crise c’est qu’il n’est pas vraiment là, il est entre deux. Il est dans la difficulté de devenir un adulte et il a du mal avec son homosexualité, « Pierre est un personnage qui fait le lien entre le spectateur et le groupe des adolescents parce qu’il franchit plusieurs fois la ligne rouge en les suivant jusque chez eux. Et c’est parce Pierre veut percer leur secret qu’il va se perdre lui-même ». 

 

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Réalisation Sébastien MARNIER Scénario, adaptation Sébastien MARNIER Elise GRIFFON

D’après l’œuvre originale « L’heure de la sortie » de Christophe DUFFOSÉ © Éditions DENOËL, 2002 – Paris, France

Image Romain CARCANADE / Montage Isabelle MANQUILLET  / Son Benjamin LAURENT Emmanuel CROSET /  Décors Guillaume DEVIERCY / Costumes Marité COUTARD / 1er assistant réalisateur Sébastien MATUCHET / Directrice de production Isabelle TILLOU / Directrice de postproduction Xénia SULYMA Musique originale Zombie Zombie UNE COPRODUCTION AVENUE B PRODUCTIONS 2L PRODUCTION AVEC LA PARTICIPATIONS DE CANAL + – OCS – EN ASSOCIATION AVEC LA BANQUE POSTALE IMAGE 11 – MANON 8 – SOFITVCINÉ 5 – SOFICINEMA 11 DEVELOPPEMENT AVEC LA PARTICIPATION DU CENTRE NATIONAL DU CINEMA ET DE L’IMAGE ANIMÉE, DE L’ANGOA – AVEC LE SOUTIEN DE LA RÉGION ILE-DE-FRANCE – EN ASSOCIATION AVEC CELLULOID DREAMS ET HAUT ET COURT DISTRIBUTION

© Avenue B Productions – 2L Productions / Photos Laurent Champoussin


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