Netflix et la France


Netflix va tenter de séduire les exploitants de salles de cinéma

La plate-forme de vidéo à la demande, qui a permis de créer une alternative légale au streaming illégal, a beau séduire sur le papier, mais irrite les réseaux traditionnels de la distribution. En effet, le modèle du géant américain est de diffuser au plus vite sur son réseau les films en contournant la case des salles obscures. Il existe déjà deux secteurs qui ont contourné les salles obscures comme les E-movies et OAVs, mais c’était un secteur assez réduit, ne créant pas d’ombre au système classique. 

 
Le principal argument contre ce système est le suivant « Une concurrence déloyale » comme l’indique Richard Patry, le président de la Fédération Nationale des Cinéma Français (FNCF). La plate-forme produisant de plus en plus de film risque de casser le marché français, l’exemple le plus flagrant est le prochain film d’Alfonso Cuaron « Roma ». Qui sortira partout dans le monde en salle, mais pas en France, car si ce film devait apparaitre dans les salles obscures il sera assujetti au calendrier de la chronologie des médias. En cas de diffusion en salle, la législation actuelle oblige Netflix à patienter trois ans avant de pouvoir le proposer à ses abonnés. Un délai trop long pour le géant américain, qui veut pouvoir proposer à tous ses abonnés du monde entier une sortie quasi simultanée sur ses gros titres. Cependant le géant veut réduire le délai par des négociations, il pourrait être réduit à dix sept mois voir 1 ans et 3 mois, mais qui dit réduction du délais dit accords, l’accord est le suivant, Netflix devra ouvrir des bureaux à Paris et participer au financement de films français. Le fait d’être ainsi contournés irrite les exploitants. « Partout, les salles de cinéma sont prêtes à diffuser les films financés par Netflix, à condition que ce dernier respecte notre modèle qui fonctionne : l’exclusivité du cinéma en salle et la prédominance de la salle comme premier diffuseur », avait déclaré M. Patry fin septembre lors du 73econgrès de la FNCF à Deauville.
 
Si tu veux avoir un passe-droit devient un vrai producteur français :
Selon lui tout opérateur du marché doit respecter les règles et contribuer à l’économie du marché par le financement, Netflix n’apporte pas encore assez à l’économie locale pour être considéré comme un clé et donc n’a pas son mot à dire sur les délais de sortie sur les plateformes. A par la série  Marseille, netflix n’a pas produit réellement de série française. Pourtant le géant a annoncé plusieurs production de genre comme Marianne qui va raconter l’histoire d’Emma une jeune romancière qui va voir prendre vie une de ses création, mais également Vampires de Thierry Jonquet, qui raconte comment une mère va tout faire pour guérir sa fille devenue une vampire.
Netflix pour rassurer le jeu ouvrira d’ici peu à Paris des bureaux, avec une équipe venue d’Amsterdam, et produira une dizaine de séries françaises et de films en France.  Le leader cherche surtout à améliorer son image mais le soucis premier pour les différents corps du métier est la méthode de production et création à l’américaine, où le producteur à plus de droit que les créateurs. Par le passé, Netflix avait déjà ouvert une antenne locale avec moins de dix employés chargés du marketing et de la relation presse, mais a rapidement fermé ce bureau pour rejoindre l’équipe à Amsterdam, cette fuite de l’hexagone a été reconnue par l’industrie française comme un refus du système et de la réglementation locale, mais cette fois-ci les équipes françaises devront assurer la réalisation de projets et non être de simples analystes.« Je sais que vous voulez me mener la vie dure avec Marseillea plaisanté Reed Hastings, en référence à l’échec relatif de la première série produite par Netflix en France et où jouait notamment Gérard Depardieu. Mais Netflix investit et veut être, en France, un endroit où les créateurs savent qu’ils peuvent produire des œuvres originales. »
 

La France est un pays de droits d’auteur et non de copyright :

Le premier choc de titan de l’arrivé de Netflix dans la production audiovisuelle française est le risque de voir le droit d’auteur mis à mal au profit du copyright. Netflix étant un acteur de l’achat de licence de diffusion ne se soumet pas au code de la propriété intellectuelle française au sens stricte. En france le réalisateur est considéré comme auteur de l’oeuvre tout comme le scénariste, au USA c’est le producteur qui a la main sur le final cut et non le réalisateur. Cette différence fondamentale viendrait mettre à mal un droit d’auteur qui vit le jour au siècle des Lumières et vient empiéter sur le rôle sacré du créateur. Le président de l’ARP (Société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs) redoute que la place dominante de Netflix finisse par imposer le copyright en France au différents créateurs qui vont travailler avec le mastodonte. Selon The Economist, le géant génère 137 millions d’abonnés dans le monde et 13 milliards de dollars. Sa puissance de frappe fait qu’il impose des contrats à l’américaine à ses créateurs, que ce soit du scénario à la réalisation, tout passe par la production, contrairement à la France où les différents auteurs (scénariste, réalisateur et producteur) vont travailler ensemble pour créer une oeuvre. Avec Netflix non, seul le producteur a son mot à dire sur le final cut, le réalisateur n’est qu’un simple exécutant. « Netflix ne demande pas d’assurer seul le final cut », reconnaît Christian Valsamidis, avocat associé chez Taylor Wessing mais, « comme aux Etats-Unis, tout est dans le rapport de force et, à peu d’exceptions près, c’est le producteur qui décide », affirme-t-il.
Le producteur américain pourra choisir les acteurs selon la rentabilité à venir, si ses choix ne sont pas acceptés, il n’y a aucun film de réalisé.

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2 réflexions sur « Netflix et la France »

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