Alfred Kubin


Pour les admirateurs du styles de Tim Burton, il y a surement de quoi frémir au vu de ce dessinateur autrichien qui a surement marqué le monde avec sa vision romantique noire ou bien plus loin sa parfaite fusion entre l’art littéraire et graphique.

Les œuvres littéraire et picturale se complètent et se répondent. De ce fait elles offrent une grande cohérence à l´esthétique du clair-obscur de Kubin qui se plaît à juxtaposer les oppositions afin de faire ressortir tout le paradoxe de la vie et de la mort. Chaque image possède un « pouvoir nécessaire de narration »1 et chaque passage suggère des images. Daniel S. Larangé attire l´attention sur le bestiaire qui peuple cet univers onirique et qui fonctionne comme un « système » de signes: « Chacune de ses visions oniriques possède un contenu narratif latent qui s’intègre à un ensemble d’images selon les règles du non-sens – complémentarité des oppositions, analogie par assonance ou allitération, équivoque et homonymie, quiproquo et malentendu dialogiques, etc. Le style fondamentalement fragmentaire d’Alfred Kubin fait que la réalité se trouve contaminée, de façon intermittente, par la fiction onirique. »

En effet, Kubin laisse deviner le monstre qui sommeille en nous, ce qui le conduit à rapprocher sexualité débridée et morbidité absolue. La folie reste la seule issue d´échapper à cette grande mascarade qu´est le monde. Ce pessimisme trouve son origine dans sa lecture du bouddhisme et l´influence que les religions indiennes et les arts chinois et japonais exercent sur lui. Érotisme et onirisme finissent par se confondre afin du fuir un monde en train de se déshumaniser à force d´adopter les positions des plus universalistes qui nient ses propres particularismes. Pour Kubin, cette fuite se fait par la mystique: « Le désir caractérise l´homme et la frustration en découlant est devenue le centre de gravité de sa modernité. L´homo occidentalis tend à se réfugier dans le rêve pour combler le manque de présence qui le mine dans un monde mercantile censé lui assurer la surabondance. Il lui faut donc se mettre en quête de la vacuité intérieure pour se libérer de ses démons et abolir la douloureuse tension entre l´être et l´avoir. »

Voir aussi : Burton, Valentin Perrin, surréalisme

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Une réflexion sur « Alfred Kubin »

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