Quatre graines de pissenlit survivantes d’explosions nucléaires sont projetées dans l’espace et cherchent un nouveau monde où s’enraciner. Planètes de Momoko Seto propose une odyssée microscopique et poétique sur l’exil, la nature et la quête d’un territoire habitable.

Un film affectant notre regard sur le monde
Le projet de Planètes naît d’une réflexion intime de la réalisatrice Momoko Seto sur la notion de racines et d’identité. Née à Tokyo et éduquée dans un lycée français, elle grandit entre deux cultures et se sent longtemps sans véritable ancrage. Cette expérience personnelle nourrit l’idée d’un récit où des êtres minuscules cherchent un territoire où vivre et s’enraciner.
Le film met en scène quatre akènes, des graines de pissenlit projetées dans le cosmos après la destruction de la Terre. En traversant différents écosystèmes hostiles, elles incarnent une forme de migration écologique et symbolisent la difficulté à trouver un habitat sur une planète abîmée. L’approche visuelle mêle macro-photographie, timelapse et animation, brouillant les frontières entre documentaire scientifique et récit imaginaire. Cette exploration du monde microscopique transforme la nature en paysage épique et rappelle que l’équilibre écologique est fragile. Le regard du spectateur se déplace alors, passant d’une vision humaine du monde à celle d’organismes minuscules confrontés à la survie.
Un film remarqué en festival
Planètes marque le passage au long métrage pour Momoko Seto, après plusieurs courts métrages de la série Planet déjà remarqués en festivals, notamment Planet Σ récompensé à la Berlinale. Le film est présenté en 2025 à la Semaine de la Critique au Festival de Cannes, confirmant l’intérêt du cinéma international pour cette œuvre hybride mêlant animation et captation scientifique du vivant.
La fabrication du film constitue en elle-même une aventure de cinéma. Le tournage s’étale sur plus de deux ans et demi avec environ 260 jours de prises de vue. L’équipe filme insectes, champignons, plantes ou amphibiens dans différents lieux, notamment en Islande, au Japon, en Bourgogne et à la station biologique de Roscoff. Certaines séquences nécessitent plusieurs semaines de patience pour capturer l’évolution d’un organisme. Les plantes sont filmées en timelapse pendant neuf mois avec dix-sept appareils photo afin de révéler des transformations invisibles à l’œil nu.
Autre particularité du projet, les personnages principaux n’ont ni visage ni parole. Pour leur donner une personnalité, quatre comédiens ont été filmés avec les bras et les jambes attachés afin de reproduire la gestuelle des graines. Ce travail corporel sert ensuite de référence à l’animation, créant une expressivité surprenante malgré l’absence de traits humains. Cette approche artisanale et scientifique confère au film une dimension unique dans le paysage du cinéma d’animation contemporain.
Une belle fable sur le cycle de la nature. C’est magnifique visuellement et la musique qui accompagne, sans oublier la production des ambiances, sont intenses et à la hauteur d’un film sans voix off, sans dialogue, juste des images qui font l’histoire. Un bijou d’animation dans la lignée de Flow le chat qui n’avait plus peur de l’eau.
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11 mars 2026 en salle | 1h 15min | Animation, Science Fiction
De Momoko Seto|
Par Momoko Seto, Alain Layrac
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