Le Crime du 3e étage est une comédie intrigante mêlant enquête, reconquête amoureuse et hommage au cinéma. Sous la direction de Rémi Bezançon, le film explore l’univers de François et Colette, où réalité et fiction se confondent pour raviver une relation fragile.
Le film suit François Tarnowski (Gilles Lellouche), un écrivain de fiction peu inspiré, et sa femme Colette Courreau (Laetitia Casta), passionnée par le cinéma d’Hitchcock. Leur quotidien monotone prend un tournant lorsque Colette se lance dans une enquête rocambolesque qui pourrait raviver la flamme de leur amour. Colette se laisse emporter par un univers qui alterne entre le réel et la fiction, allant jusqu’à se voir comme l’héroïne de son propre film. À travers des références à des classiques du cinéma, les deux personnages devront réinventer leur couple.

Un film so Hitchockien !
Le film Crime au 3e étage de Rémi Bezançon joue ouvertement avec l’héritage hitchcockien, jusqu’à en faire la matière même du récit. Le cinéaste multiplie les procédés, travelling compensé, générique convoquant un plan vertigo, reproduction assumée de la scène de la douche de Psychose, intégration et mention explicite d’extraits des films d’Alfred Hitchcock comme matériau narratif, autant de clins d’œil qui ne relèvent pas du simple hommage, mais d’un dispositif narratif.
Le couple formé par Colette (Laetitia Casta) et François (Gilles Lellouche) devient le moteur d’un double récit cher à Alfred Hitchcock, leur implication accrue dans l’enquête soulignant la dimension démonstrative du double récit hitchcockien, celui de l’enquête concrète et celui du regard posé sur la fiction, tandis que le voisin soupçonné (Guillaume Gallienne) cristallise l’incertitude propre au thriller.
L’histoire se déploie en strates, le film d’Hitchcock, le roman écrit par le mari, la vie du couple qui bascule dans la narration qu’il observe, architecture clairement pensée en histoires imbriquées distinguant ces trois niveaux,. Le MacGuffin agit alors comme point d’ancrage d’une réflexion méta, où le spectateur, conscient des codes du maître, cherche les signes, anticipe les retournements et participe à la construction du sens, inscrivant le récit dans une méta-histoire où les métacognitions du public deviennent partie prenante de l’expérience,. Cette mise en abyme s’étend jusqu’à une forme de métaconscience, les personnages du roman semblant percevoir leur statut fictionnel, métaconscience explicitée comme perception de leur existence fictionnelle, ce qui installe une comédie dramatique policière ludique, réflexive et parfois vertigineuse sur le pouvoir des images et du récit.
Laetitia Casta est sublime dans le rôle, elle montre ses talents d’actrice souvent mis à mal par des rôles trop formatés, quant à Guillaume Gallienne, il est terrifiant en voisin inquiétant.

Un hommage à Hitchcock, mais également une comédie
Le projet est né de la volonté de Rémi Bezançon de rendre hommage à l’univers d’Hitchcock tout en mêlant comédie et suspense. Le choix de Gilles Lellouche, Laetitia Casta et Guillaume Gallienne s’est fait naturellement. Gilles Lellouche, avec qui le réalisateur avait déjà travaillé dans Ma vie en l’air, a été choisi pour sa capacité à allier humour et émotion. Laetitia Casta, inspirée par son rôle dans La Flamme de Jonathan Cohen, a été choisie pour sa capacité à incarner une héroïne moderne et dynamique, à la manière des figures féminines des films de Rappeneau ou d’Adjani. Guillaume Gallienne, pour sa part, a su ajouter une touche d’humour à son rôle de « méchant », apportant ainsi une dynamique complémentaire aux autres personnages.
________
11 mars 2026 en salle | 1h 44min | Comédie dramatique, Policier
De Rémi Bezançon |
Par Rémi Bezançon
Avec Gilles Lellouche, Laetitia Casta, Guillaume Gallienne
En savoir plus sur Direct-Actu.fr le blogzine de la culture pop et alternative
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

