Neve Campbell était à Paris ce 10 février 2026 pour une rencontre avec le public français.


Le 10 février 2026, Paris a célébré les 30 ans de Scream au Pathé Beaugrenelle, lors d’une soirée événement avec Neve Campbell. Projection culte, échange intime et regard sur l’avenir de la saga à l’approche de Scream 7, attendu le 25 février 2026.

Le 10 février 2026, le Pathé Beaugrenelle a pris des allures de capsule temporelle. Pour les trente ans de Scream, Paramount Pictures France a transformé la séance en rendez vous de mémoire, avec une salle pleine, un public mêlé, et cette sensation rare d’assister à autre chose qu’une simple projection. Des spectateurs qui avaient découvert le film en 1996 étaient assis à côté de jeunes fans arrivés par les suites, le streaming ou la vidéo. Ce mélange disait déjà l’essentiel, la saga n’est pas un souvenir figé, c’est un langage commun.

L’entrée de Neve Campbell a déclenché une salve d’applaudissements qui ressemblait moins à un réflexe de star system qu’à une gratitude collective. L’échange laisse apparaître une ligne claire, le lien entre l’actrice, Sidney Prescott, et un public qui a grandi avec elle. Interrogée sur le fait d’être à Paris pour cet anniversaire, elle insiste sur l’évidence d’une longévité qui dépasse la nostalgie, « it’s pretty incredible, 30 years later », et sur l’appétit intact du public pour ce type de cinéma. Elle souligne aussi l’intérêt concret de revoir le premier film sur grand écran, avec une salle qui réagit ensemble, et elle glisse l’idée que beaucoup « will be very delighted » de retrouver l’original dans ces conditions.

Une partie de la discussion se concentra sur l’évolution de Sidney, et le thème ressort nettement, la survie ne se joue plus seulement pour soi, mais pour protéger un enfant. Neve Campbell explique que l’expérience de la maternité a nourri sa manière d’aborder ce nouveau chapitre, et que l’idée même d’un danger visant des enfants fait surgir une peur particulière, plus viscérale, plus immédiate. La dynamique devient alors double, rester forte, et transmettre cette force. Elle évoque Sidney « being called upon to be strong for her daughter », avec l’enjeu d’apprendre à sa fille le courage et la combativité, pas comme un discours, mais comme une nécessité.

Elle est revenue aussi sur ce qui, dès le départ, donnait à Scream une énergie différente. L’actrice parle d’un scénario qui se dévore, décrit comme un « page turner » qu’il était impossible de lâcher. Elle souligne la force de l’équipe, l’alchimie sur le tournage, et cette impression qu’il y avait « something magic », tout en rappelant qu’aucun tournage ne garantit un succès. Plusieurs anecdotes ressortent, et elles ont fait rire la salle, notamment celle de David Arquette courant nu sur le plateau avec le masque de Ghostface, gag de troupe, presque rituel, qui rappelle que l’humour a toujours fait partie de l’ADN de la saga.

La voix du GhostFace

Autre moment fort, la voix. Elle revient sur le fait qu’elle ne connaissait pas celui derrière le masque du tueur, Roger Jackson, et explique qu’au début elle ne l’avait pas encore rencontré, celui derrière Ghostface. Il était tenu à distance, caché, pour que l’effroi reste fixé à la voix, à son timbre, à son intrusion. Dit comme ça, c’est simple, mais c’est un détail de mise en scène psychologique qui éclaire la précision du film. Et quand la discussion aborde Sidney comme figure de slasher, l’idée revient clairement, elle n’est pas seulement une victime, elle refuse la passivité, elle se bat, elle survit, et ce choix a compté dans l’impact émotionnel de la saga.

Enfin, au fil des questions, l’actrice évoque le travail derrière la caméra. Elle n’a pas encore réalisé, mais elle dit aimer produire, développer des projets, et aimer le processus créatif « behind the camera », avec l’envie de réaliser un jour. Elle parle aussi avec chaleur de Courteney Cox, de leur relation qui évolue à l’écran, d’une hostilité initiale vers une proximité forgée par l’épreuve. Et un détail plus mélancolique traverse la fin de l’échange, la tristesse partagée autour de la mort de Dewey, ressentie comme une perte réelle par les fans autant que par l’équipe.

Au final, cette rencontre parisienne a fonctionné comme une confirmation. Scream tient encore parce qu’il respecte le public, et parce qu’il donne à ses personnages une vérité émotionnelle qui dépasse le jeu de références. Les photos du red carpet et de la soirée peuvent prolonger ce souvenir, mais l’essentiel, lui, était dans la salle, dans les réactions, et dans cette impression collective d’entendre une saga respirer, trente ans après.

En quelques mots cette soirée

Cette projection exceptionnelle s’inscrivait dans un cadre plus large encore, celui des trente ans de la franchise d’épouvante la plus populaire en France, avec plus de 9,8 millions d’entrées cumulées depuis Scream (1996). Animée par Christophe Beaugrand, la conversation a permis à Neve Campbell de revenir, avec générosité, sur la longévité de la saga et sur la place singulière occupée par Sidney Prescott dans la pop culture, devenue l’une des Final Girls les plus emblématiques du cinéma.

L’actrice a également suscité un vif enthousiasme en évoquant une éventuelle participation française à la saga, citant spontanément Camille Cottin, qualifiée « d’actrice phénoménale », comme un choix rêvé pour l’univers de Scream. La soirée s’est prolongée au-delà de la scène,l’actrice canadienne prenant le temps de poser avec plusieurs personnalités françaises présentes, dont Adil Rami, Hélène Mannarino et Perrine Nicolas, renforçant le caractère événementiel et fédérateur de ce rendez-vous parisien. Enfin, la soirée faisait écho à une initiative inédite annoncée pour la sortie de Scream 7 : les spectateurs français seront les premiers au monde à découvrir le film lors de séances de minuit, organisées dans 60 cinémas répartis sur 48 villes, dans la nuit du 24 au 25 février 2026, confirmant le lien privilégié entre la saga et son public hexagonal.

En refermant cette soirée parisienne, une évidence s’impose, cette célébration des trente ans de Scream dépassait largement le simple hommage. Elle s’inscrivait aussi dans un moment charnière pour la saga, à l’approche de la sortie française de Scream 7, annoncée pour le 25 février 2026, et marquée par le retour de Neve Campbell dans le rôle de Sidney Prescott, après une absence liée à un désaccord salarial devenu symbole des enjeux de reconnaissance des actrices dans l’industrie. Son retour s’accompagne d’une implication renforcée, avec un statut de coproductrice déléguée et une participation active à l’évolution du personnage, désormais envisagé sous l’angle de la transmission, de la maternité et de la résilience. Le projet prend également une dimension hautement symbolique avec Kevin Williamson passant à la réalisation, renouant ainsi directement avec l’ADN originel imaginé aux côtés de Wes Craven.

À Beaugrenelle, entre mémoire collective, reconnaissance artistique et projection vers l’avenir, la saga a rappelé qu’elle restait vivante parce qu’elle savait évoluer sans trahir son essence, et parce que Sidney Prescott demeure, trente ans plus tard, une figure de courage, de survie et de dignité profondément ancrée dans l’imaginaire du public.

Pourquoi Scream est devenu un classique et une réfrence ?

Savant mélange d’horreur, d’autodérision et de critique sociale, Scream a redéfini les codes du slasher en les commentant. Un miroir tranchant de nos peurs et de notre fascination collective.


La force du méta-film et de la méta-horreur

Lorsque Scream sort en 1996, le cinéma d’horreur semble à bout de souffle. Les franchises mythiques comme HalloweenVendredi 13 ou Freddy s’épuisent à force de suites répétitives. Wes Craven, déjà père de Freddy Krueger, comprend alors que le genre doit se réinventer — non plus en effrayant par le monstre, mais en révélant les mécanismes mêmes de la peur. Ainsi naît Scream, film-miroir, slasher conscient de lui-même, où les personnages connaissent par cœur les règles des films d’horreur.

La grande trouvaille du scénariste Kevin Williamson et de Craven est de faire cohabiter la terreur la plus classique : un tueur masqué s’en prenant à des adolescents, avec un discours réflexif sur les clichés du genre. Randy, le geek cinéphile du film, énonce les « règles de survie » que tout spectateur d’horreur a déjà intégrées : ne jamais dire « je reviens tout de suite », ne pas consommer d’alcool ou de drogue, et surtout, rester vierge. Cette ironie n’annule pas la peur ; elle la renforce. En jouant entre second degré et suspense sincère, Scream réintroduit la surprise dans un genre que l’on croyait prévisible.

L’effet méta opère à plusieurs niveaux. Le spectateur ne peut plus consommer passivement la violence : il est impliqué, complice. Chaque scène renvoie autant aux films antérieurs qu’au regard critique qu’on porte sur eux. Craven s’offre même le luxe de glisser des références à ses propres œuvres , comme un clin d’œil ultime à une carrière qui n’a cessé d’explorer les frontières entre fiction et cauchemar.

Cette mise en abyme transforme Scream en commentaire intelligent sur la culture pop des années 1990, époque saturée d’images et de références. Là où l’horreur classique cherchait l’identification, Scream cherche la connivence. Il ne veut pas seulement faire peur : il veut faire réfléchir sur pourquoi nous aimons avoir peur. C’est ce double niveau, ludique et lucide, qui a fait de Scream un jalon incontournable du cinéma d’horreur contemporain.


Un film avec des teenagers et une possibilité d’évolution des protagonistes

À première vue, Scream semble reprendre la recette typique du slasher : un groupe d’adolescents dans une petite ville américaine, un tueur masqué, une série de meurtres sanglants. Mais Craven dépasse ces archétypes en donnant de la profondeur à ses personnages. Sidney Prescott, incarnée par Neve Campbell, devient une héroïne complexe, à la fois victime et survivante. Traumatisée par le meurtre de sa mère, elle n’est pas qu’une proie : elle apprend à se défendre, à déchiffrer les codes du danger, et finit par s’imposer comme une figure féminine forte, lucide, parfois désabusée.

Contrairement à la plupart des slashers des années 1980, les adolescents de Scream ne sont pas de simples clichés ambulants. Leurs dialogues rapides, leur esprit sarcastique et leur conscience des « règles » du film d’horreur leur donnent une densité narrative nouvelle. Même les personnages secondaires — comme la journaliste opportuniste Gale Weathers (Courteney Cox) ou le policier naïf Dewey Riley (David Arquette) — gagnent en épaisseur au fil des volets. Cette évolution, rare dans le genre, explique en partie la longévité de la saga.

Le fait que les mêmes protagonistes réapparaissent de film en film crée un lien affectif avec le public. Scream n’est plus seulement une série de meurtres ; c’est une chronique d’une génération confrontée à la peur, à la célébrité et à la répétition des traumatismes. Au fil des suites, Sidney se transforme en symbole de résilience : une jeune femme marquée par la violence, mais qui refuse d’être définie par elle. En plaçant des personnages d’adolescents aux prises avec la perte, la culpabilité et la surveillance médiatique, Scream offre une forme d’apprentissage tordu : grandir, ici, c’est comprendre que la fiction ne protège plus de la brutalité du réel.


Satire d’une société malade et fascinée par le meurtre

Derrière le masque du tueur Ghostface, c’est toute une critique sociale qui s’exprime. Scream ne se contente pas de jouer avec les codes du genre : il les retourne contre une société qui consomme la violence comme un divertissement. Les meurtres deviennent un spectacle, filmé, commenté, imité. Dès le premier épisode, la présence des médias est obsédante : journalistes, caméras, chaînes d’information cherchent à transformer le drame en récit sensationnel. Gale Weathers incarne ce voyeurisme professionnel, comme son ambition dépasse la morale, mais c’est aussi elle qui dévoile l’hypocrisie d’un monde obsédé par la célébrité.

Le film annonce, avec une lucidité presque prophétique, la banalisation du meurtre dans la culture populaire. À l’ère de la télévision en continu, et plus tard, des réseaux sociaux. Chaque crime devient une histoire, chaque tueur, une figure culte. Scream rejoue cette fascination, mais en la dénonçant ironiquement : les tueurs eux-mêmes sont des fans d’horreur, qui mettent en scène leurs crimes selon les modèles appris devant un écran.

Cette spirale perverse interroge la responsabilité collective : si la violence circule, c’est parce qu’elle amuse. Le spectateur, tout comme les personnages, partage une part de complicité. En riant, en sursautant, il participe à la machine du spectacle. Wes Craven montre ainsi que l’horreur ne vient plus du dehors, mais du regard que nous portons sur elle.

La saga Scream a anticipé des phénomènes très contemporains : la glorification médiatique des tueurs de masse, la recherche de « likes » macabres, le brouillage entre fiction et réalité. Chaque épisode redouble la satire en adaptant son propos à l’époque : la télé-réalité, Internet, les podcasts de true crime. Ce qui reste constant, c’est cette idée que la société américaine, sous ses airs de normalité, nourrit une pulsion morbide, un désir d’être témoin du pire. En cela, Scream ne raconte pas tant une histoire de tueur que celle d’un public qui ne sait plus détacher son regard du sang.


Scream est devenu culte parce qu’il a compris son temps. Il n’a pas seulement réinventé l’horreur : il l’a observée, disséquée, réfléchie. En conjuguant intelligence scénaristique, satire sociale et émotions adolescentes, Wes Craven a créé une œuvre qui parle autant du cinéma que de ceux qui le regardent. Le masque de Ghostface, désormais symbole immédiat de la peur postmoderne, ne cache pas seulement un assassin, il reflète nos propres obsessions, nos désirs de fiction et notre goût pour la peur domestiquée. Sous ce masque, c’est nous, spectateurs, que le film met à nu.


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