The OutRun, Saoirse Ronan dans une quête existentielle


Un film poétiquement triste et cruellement vrai. On suit l’héroïne broyant l’amère et déambulant tel le promeneur solitaire. À mi-chemin entre contemplation, questionnement sur le bonheur et l’existence, The OutRun confirme le talent de Saoirse Ronan vue dans Lady BirdLovely Bones, Les filles du docteur March.

Malgré ses scènes difficiles, entre la violence du climat des milieux insulaires et les crises entourant l’alcool, le film arrive à nous emmener dans un monde étrange, celui de Rona à la recherche du bonheur, le vrai, celui permettant de se sentir entière. Un cheminement long et sinueux à la recherche de la reconnexion avec soi.

Quand on est seul, on a deux solutions survivre ou se perdre. L’isolement est la clé de retour à soi que l’héroïne choisit. Perdue un coup dans l’une des iles des Orcades, puis seule à Papay proche de l’Écosse. Le film met en scène la beauté sauvage de ces îles écossaises, créant un contraste saisissant avec la vie urbaine londonienne que Rona laisse derrière elle. L’environnement naturel des Orcades joue un rôle central dans le processus de guérison et de redécouverte de soi du personnage principal.

The OutRun Copyright UFO

Une addiction s’en va, une autre survient.

Ici, l’alcool est présenté comme un moyen d’automédication pour lutter contre le stresse, mais ce pansement finit par coller à la peau et ne laisse plus aucune possibilité de faire sans. Les addictions, la drogue, l’alcool sont là comme béquille et lorsque l’on tente de s’en libérer, on va chercher à la remplacer par quelque chose d’autre. Lorsqu’une addiction s’en va, une autre survient, comme pour combler ce vide laisser. Et notre héroïne a besoin finalement de faire face à ce vide pour pouvoir retrouver sa place dans l’univers, celui des autres et surtout le sien !

On a beaucoup pensé à Lili dans Je vais bien, t’en fais  pas (2006, Philippe Lioret) ou encore à cette veuve perdue dans Toute la beauté du monde (2006, Marc Esposito). Ces héroïnes ont perdu quelque chose, une partie d’elles est sans cesse dans un vide sidéral qui ne se comble qu’à travers les excès ou l’autodestruction. La grande question de The outrun est de savoir « Sera-t-on heureux lorsque nous serons sobres ? ».

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Note : 5 sur 5.

2 octobre 2024 en salle | 1h 58min | Drame
De Nora Fingscheidt | 
Par Nora Fingscheidt, Amy Liptrot
Avec Saoirse Ronan, Paapa Essiedu, Stephen Dillane


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