Adam Change Lentement est le premier long métrage de Joël Vaudreuil, offrant une chronique à la fois ironique et empathique des défis de l’adolescence. Le protagoniste, Adam, subit des moqueries qui entraînent des transformations physiques immédiates, révélant ainsi les blessures invisibles de son identité en construction. Dans ce film, le réalisateur explore les émois de la jeunesse à travers des personnages colorés et truculents, ancrés dans des milieux populaires qu’il connaît bien. L’adolescence est pour lui une période de découverte, de sensations exacerbées et d’incompréhensions, où chaque individu est confronté à la brutalité banale de la vie quotidienne.
La force de ce film réside dans ce regard mi-ironique, mi-empathique sur les personnages. En offrant un humour subtil qui trouve la beauté dans le laid et vice versa. Sur le plan visuel, le film privilégie l’économie et la subtilité, évitant les artifices pour créer un rythme propre à l’animation. En interview, le réalisateur explique avoir été présent dans le contrôle minutieux de tous les aspects de la production, de l’écriture à la musique, en passant par l’animation, afin de préserver l’intégrité de sa vision artistique.

Adam change lentement est la petite pépite de Joël Vaudreuil ! Un air de nostalgie contagieuse à base de la fureur de vivre, VHS, Rock & Party.
Avec un graphisme est à mi-chemin entre celui de Beavis & Butt-Head et Rick et Morty, le réalisateur distille les thématiques de l’adolescence : les changements corporels, les harcèlements scolaires et la pression sociale et familiale, le tout en nous plaçant du point de vue d’Adam se rêvant être meilleur et plus héroïque.
On découvre un Adam mal dans sa peau, avec une famille qui ne le comprend pas, des amis qui sont avec lui, malgré eux. Il a un crush pour une jeune fille et s’imagine la sauver. Son esprit est pris entre ses héros de bande dessinée et des vieux films de karaté. L’adolescence est une drôle de maladie, comme le chantait Daniel Balavoine (Petite Angèle, ndlr). Une période trouble où l’on est mal dans sa peau, dans son corps. Adam a l’impression que ce que les autres disent de lui a un impact sur son physique qui change en fonction de ces railleries.

En réalité, le réalisateur a surtout décidé de somatiser et de rendre concret le mal-être des adolescents, qui font se focaliser sur leur nez, leurs yeux, leur bouche, leurs fesses… Et ce au gré des remarques ou des sous-entendus. Même si l’histoire se passe dans les années 90, les adolescents de notre génération sont enclins à subir la même pression avec en fond des écrans omniprésents prônant le physique parfait. Les influenceurs Body Positif ont du boulot encore, car la norme des réseaux sont souvent des illusions et la moyenne générales est bien souvent loin cette utopie corporelle. Qu’importe la présence ou non de réseaux sociaux, cette période est celle du début du dysmorphisme et des troubles du comportement alimentaire. Entre crises anxieuses, peur du jugement. Les adolescents doivent se forger une estime de soi à un moment où la faiblesse narcissique est à son comble !
Adam change lentement est une comédie drôle et tristement vraie sur les ados des années 90. Une mise en image des troubles anxieux de cet âge ingrat, où l’on ne s’aime pas forcément et où l’autre devient quelque chose d’étranger.
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29 mai 2024 en salle | 1h 36min | Animation
De Joël Vaudreuil |
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2 réflexions sur “Adam Change Lentement – Chroniques d’un Adolescent en Métamorphose”