Le mangeur d’âme, Virginie Ledoyen excelle dans un rôle qui lui va comme gant


Virginie Ledoyen brille dans un rôle à la hauteur de son talent aux côtés de Paul Hamy dans un thriller surprenant. Malgré son étiquette d’épouvante (au début du lancement de la promo, mais depuis allocine et plusieurs sites dédiés au cinéma ont corrigé cela!1), le film offre une intrigue policière efficace où l’on reste scotché du début jusqu’à la fin. L’esthétique est soignée et le duo de réalisateurs prouvent une fois de plus leur talent !

Chose faite, Virginie Ledoyen endosse enfin un rôle à la hauteur de son talent. Quelque chose qu’on n’osait plus imaginer et dans ce film de genre, elle est explosive et merveilleuse aux côtés de Paul Hamy, la nouvelle révélation masculine de notre décennie.

1Même si le film est classé en Épouvante-horreur-Thriller, la part de Thriller domine sur le reste. Quant au titre, il nous mène sur une fausse piste de genre ; nous sommes bien loin du cinéma horrifique, et à notre grande surprise, la dimension inattendue que prend le film surpasse nos attentes, proposant un bon film policier, où l’on ressort heureux d’avoir passé un bon moment.

Le duo composé de Julien Maury et Alexandre Bustillo propose quelque chose de beau esthétiquement, même si certaines scènes utilisant une faible profondeur de champ créent des zones de flous un peu trop importantes. Cependant, ce détail assumé apporte énormément à l’ambiance générale. Une photographie très américaine pour un thriller français qui flirte avec le fantastique.

Un long processus de création et les contraintes budgétaires

Le film trouve ses origines dans l’adaptation d’un roman d’Alexis Laipsker, proposée par le producteur Fabrice Lambot à Julien Maury et Alexandre Bustillo. Ce duo de réalisateurs français s’est fait connaitre pour leur style moderne et leur manière de mettre en scène la peur et les tensions psychologiques. Après avoir initialement décliné l’offre en raison de leurs engagements précédents, ils ont finalement accepté de travailler sur l’adaptation lorsque leur emploi du temps l’a permis. En collaborant avec d’autres scénaristes, ils ont finalement abouti à une version du scénario qui reflétait leur vision artistique, en effectuant même des repérages dans les Vosges pour ancrer l’histoire dans un cadre réaliste.

Le choix du genre du thriller s’est inscrit dans leur volonté de diversifier leur répertoire, tout en explorant les paysages des Vosges, qu’ils affectionnent particulièrement. Inspirés par des références telles que Les Rivières Pourpres, ils ont souhaité créer un film hybride mêlant réalisme et éléments fantastiques, tout en évitant les clichés du genre. Cette approche a été maintenue tout au long du processus de production, notamment en ajustant le niveau de violence graphique pour servir au mieux la narration.

La légende raconte l’histoire d’un être terrifiant qui hante les sombres bois des Vosges, se nourrissant des âmes des innocents

Malgré les contraintes budgétaires habituelles du cinéma de genre en France, les réalisateurs ont réussi à insuffler une atmosphère particulière au film en tournant principalement en extérieur, évitant les studios. Ils ont également maintenu leur engagement envers des personnages complexes et des thématiques profondes, tout en faisant appel à des acteurs issus d’univers cinématographiques variés, pour enrichir leur casting.

Le gros changement par rapport au roman

Dans le film le rapport entre la commandante Élisabeth Guardiano et le capitaine Franck de Rolan diffère légèrement du roman original. Alors que dans le livre, le duo est initialement présenté avec un écart d’expérience, avec Élisabeth en tant que vétéran et Franck en tant que novice, le film renverse cette dynamique. Franck est dépeint comme plus expérimenté, apportant une sensibilité féminine à son personnage, tandis qu’Élisabeth incarne une froideur inattendue. Cette inversion ajoute une dimension intéressante aux interactions du duo, contribuant à une dynamique de partenariat plus équilibrée et surprenante.

Autres grands changements : On note des ajustements dans le rythme narratif pour maintenir la tension cinématographique, des modifications dans la chronologie des événements pour une meilleure fluidité visuelle, et des suppressions ou additions de scènes pour renforcer les thèmes principaux du film. Certains personnages secondaires ont également été développés ou réduits selon les besoins de la narration cinématographique, tandis que des éléments visuels et sonores peuvent être intensifiés pour amplifier l’atmosphère et l’impact émotionnel.

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Note : 4.5 sur 5.

24 avril 2024 en salle | 1h 50min | Policier, Thriller
De Julien Maury, Alexandre Bustillo | 
Par Annelyse Batrel, Ludovic Lefebvre
Avec Virginie Ledoyen, Paul Hamy, Sandrine Bonnaire


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