Dans L’Île, Damien Manivel déploie une approche cinématographique novatrice, éloignée des conventions du coming-of-age. En mêlant cinéma et danse, il offre une expérience immersive où les acteurs répètent leurs scènes sur la plage et en studio. Le réalisateur, souvent hors-champ, modèle cette matière en mouvement, créant une temporalité spiralée qui oscille entre émotion et distanciation. Le film révèle la fragilité et la beauté de cette entreprise collective, fusionnant documentaire et fiction. Damien Manivel explore l’intensité de la jeunesse confrontée à l’écoulement du temps, traduisant une émotion intime à travers un dispositif cinématographique peu conventionnel.

Une belle surprise de cinéma poétique et expérimental. Parler de la fin de la jeunesse et de son insouciance. Ce moment où l’on se sépare pour prendre la route de l’accomplissement de soi – du moins en théorie, car nous nous construisons sur la durée et non exclusivement durant le temps des études-.
Le film entre parfaitement dans la lignée du film Jeunesse, mon amour qui sortira début mai. Il narre ce grand tournant dans la vie des adolescents, ce moment où ils comprennent que leur amitié et leurs rêves vont devoir affronter une épreuve, celle de la distance et du renouveau.
Le film laisse planer le doute entre le réel et la fiction. Nous avons comme ici la fabrique du souvenir, où l’on écrit par l’image et raconte une histoire. Nous flirtons avec du méta-cinéma, où l’on montre des jeunes comédiens construire un film et se filmer, tout en étant filmés par une autre caméra.
Un film difficile à apprivoiser, tant il s’éloigne des codes et des conventions. Malgré ses airs de film indépendant et expérimental, le film bénéficie d’un gros travail sur le mixage et la composition à l’image. Le tout renforcé par une voix off, proposant une dimension de vidéo-journal (un journal intime en vidéo) narrant la chronique estivale et les derniers moments d’une adolescente à la veille de son départ pour le Canada. Avec poésie et douceur, on tente de montrer les adieux, les différents moyens de se quitter, cela peut se faire en douceur, lors d’une dispute ou simplement par un silence.
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17 avril 2024 en salle | 1h 13min | Drame
De Damien Manivel |
Par Damien Manivel
Avec Olga Milshtein, Rosa Berder
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Une réflexion sur “L’île, entre poésie et cinéma expérimental”