Un film explorant la complexité du désir de s’affranchir de sa condition et le devoir de pourvoir aux besoins de la famille. Il dresse un portrait poignant d’une lutte incessante contre les rigueurs de la vie, des aspirations à la réussite constamment confrontées à la réalité brutale.

Dans le quartier des yourtes d’Oulan-Bator, près de 60 % de la population lutte contre les réalités de la vie quotidienne, jonglant entre les études et les devoirs familiaux. Cette dualité est souvent incomprise par ceux extérieurs à ces quartiers. Zoljargal Purevdash, réalisatrice ayant grandi dans ce contexte, ressent le besoin de donner une voix à ces habitants. Son premier long métrage explore la vie d’Ulzii, un adolescent confronté à la pollution extrême de la capitale mongole. Inspirée par les manifestations de 2016, l’histoire dépeint la lutte quotidienne d’une famille vivant dans une yourte, cherchant l’acceptation et l’amour dans un contexte social difficile.
Presque absurde, ce monde concret conjugue avec des règles étranges comme la séquence du filtre pour les cheminées, qui est distribué aux revenus les plus faibles.
Paradoxalement, ce filtre fonctionnant à l’électricité est imposé pour le bien des usagers, oubliant que ceux usent de à ce système de chauffage n’ont pour la grande majorité pas accès à l’électricité.
La réalisatrice veut susciter la compréhension entre les habitants de sa ville, soulignant que la lutte contre la pollution est aussi une lutte contre la pauvreté. Malgré les clichés attendus, elle souhaite dépeindre la réalité complexe des familles migrantes en quête d’une vie meilleure en ville. Les acteurs, des enfants du quartier, apportent une authenticité cruciale au récit, partageant leurs propres expériences pour créer une connexion profonde avec le public. Avec ce film, Zoljargal Purevdash cherche à sensibiliser à la réalité difficile des habitants des yourtes, leur donnant une voix honnête et authentique.

Un film à la fois touchant et bouleversant pour son aspect existentialiste et essentialiste
Le film de Zoljargal Purevdash explore de manière poignante les réalités sociales et environnementales contemporaines d’Oulan-Bator, la capitale mongole. Enraciné dans le quartier des yourtes, le film dépeint une lutte constante contre les conditions de vie difficiles, soulignant les aspirations à la réussite qui se heurtent inlassablement à une réalité brutale. L’œuvre sert de voix aux habitants souvent marginalisés de ce quartier, offrant ainsi une perspective authentique et nécessaire sur leurs vies.
L’inspiration du film découle de la situation préoccupante de la pollution atmosphérique à Oulan-Bator, la capitale la plus polluée du monde. À travers le personnage d’Ulzii, un adolescent rêvant d’un avenir meilleur, la réalisatrice cherche à sensibiliser le public aux conséquences de la pollution sur la vie quotidienne des habitants. En dénonçant l’incompréhension entre différentes parties de la société face à ce problème, le film aspire à créer une prise de conscience collective et à encourager des solutions pratiques.
La construction narrative du film, avec un point de vue centré sur Ulzii, renforce l’impact émotionnel en présentant les défis quotidiens du personnage principal. Ce choix narratif permet au spectateur de s’immerger dans les luttes personnelles d’Ulzii, mettant en lumière les dynamiques familiales complexes et les aspirations individuelles. L’utilisation délibérée d’une yourte en ville souligne la transition difficile de la vie nomade à la vie urbaine, tout en défiant les clichés attendus sur la Mongolie, invitant le public à reconsidérer ses perceptions.

Le film de Zoljargal Purevdash va au-delà de l’esthétique cinématographique en explorant des thématiques socialement pertinentes. Il offre une méditation profonde sur la lutte quotidienne des habitants d’Oulan-Bator, tout en plaidant pour une compréhension mutuelle et des actions collectives face aux défis environnementaux. L’œuvre s’inscrit ainsi dans une tradition cinématographique engagée, où l’art devient un moyen de donner une voix aux voix moins entendues de la société.
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10 janvier 2024 en salle / 1h 38min / Drame
Par Zoljargal Purevdash
Avec Battsooj Uurtsaikh, Nominjiguur Tsend, Tuguldur Batsaikhan
Titre original Baavgai Bolohson
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Une réflexion sur “SI SEULEMENT JE POUVAIS HIBERNER, entre désir de réussite et les devoirs de chef de famille”