Si ce film décrit la mélancolie constante, il a aussi l’intérêt de montrer la pornographie du point de vue des hommes, ceux qu’ils sont face à la caméra et deviennent des machines à fantasme totalement déshumanisé.
Le film permet une déconstruction des surhommes et dévoile des personnages à la fois touchants et troublants.

Il y a une hausse depuis quelques années du nombre de films dévoilant la vie de ces femmes qui font partie d’une industrie à part, mais celui des hommes est souvent ignoré. Récemment, il y a eu Red Rocket narrant le quotidien d’un gardeur star du porno sur le déclin. Cette fois-ci, nous découvrons comment Lalo va peu à peu choisir de quitter l’usine pour peu à peu se lancer à corps perdu dans une industrie qui épuise.
Nous notons cette scène dans laquelle le personnage du réalisateur décrit selon lui la force du cinéma pornographique et le pourquoi de son entreprise. Dans les faits, son art est illusoire et c’est le rapport à l’argent qui prime tout. Les acteurs présents en grande majorité ne sont là que pour l’argent. Certains ne se cachent pas d’avouer que ce qui rapporte vraiment c’est de jouer l’escorte. En effet, cette profession de réconfort permet parfois gagner beaucoup pour simplement écouter. La pornographie finalement est une industrie dans laquelle les gens font des films seront rarement vus dans leur intégralité, surtout depuis l’avènement du web où les gens vont uploader des heures de scènes extraites de film. Une industrie pour des gens seuls face à des acteurs et des actrices qui simulent et se livrent à des actes sonnant faux. Ce qui est triste dans tout cela, c’est la solitude de ceux qui consomment et ceux qui sont en scène. Ce souci est présent dans beaucoup de métiers liés à l’image et l’influence, la pornographie n’est pas épargnée. Bien au contraire, la marginalisation de ces acteurs et actrices font que leur vie est un ensemble d’épreuves où le paraître et le mensonge sont constants.
Dans le porno les influencers sont les maitres !
Les différentes scènes où il est complètement abattu et se mettant en scène pour ses followers dévoilent la triste réalité des réseaux sociaux. À travers eux, nous créons un monde fantasmatique dans le seul but d’obtenir des likes et essayer de gagner sa vie. Le revers de la médaille est une course continuelle à la récompense, créant une forme d’addiction et dépendance à ce public qui peu à peu nous enfonce malgré-nous dans la solitude. Le mensonge éloigne et crée des barrières invisibles qu’il est dur de supporter.
À propos du réalisateur :
Manuel Abramovich, réalisateur, artiste et directeur de la photographie argentin, est connu pour ses films primés dans des festivals de renom tels que la Berlinale, la Mostra de Venise, Tribeca, MoMA Doc Fortnight, et les Viennales. Son quatrième long métrage, intitulé PORNOMELANCOLIA, repousse les limites entre documentaire et fiction en suivant la vie de Lalo Santos, un sex-influenceur mexicain, à travers les coulisses du tournage d’un film pour adultes sur fond de révolution. Avec une dose d’humour, le film explore le quotidien de ce performer tout en dévoilant sa mélancolie constante. PORNOMELANCOLIA a reçu le Grand Prix de la Compétition Internationale au FIFIB et a été primé au Festival International du Film de San Sebastian.
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21 juin 2023 en salle / 1h 34min / Drame
De Manuel Abramovich
Par Manuel Abramovich, Fernando Krapp
Avec Lalo Santos, Diablo, Brandon Ley
Titre original Pornomelancolía
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